Chan­ter, c’est ma fa­çon d’exis­ter

MON­TRÉAL | Il a ven­du 90 mil­lions d’al­bums à tra­vers le monde. Il est l’un des plus grands au­teurs de langue fran­çaise. D’ailleurs, il dit être fier de ses amis qué­bé­cois «qui sur­vivent sur une terre amé­ri­caine en conti­nuant de chan­ter en fran­çais.» Ada­mo

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Mi­chelle Coudé-Lord Le Jour­nal de Mon­tréal

Ren­dez-vous sur Gliese

«À vingt mil­lions d’an­nées-lu­mière de chez nous, il existe une pla­nète in­ti­tu­lée Gliese 581, qui pos­sède les mêmes ca­rac­té­ris­tiques que la Terre. J’ai alors ima­gi­né un ren­dez-vous amou­reux avec les étoiles, et j’ai de­man­dé à mon ami rap­peur Ox­mo Puc­ci­no de m’ac­com­pa­gner pour don­ner en­core plus de cré­di­bi­li­té à la si­gni­fi­ca­tion des mots. Nous y trou­ve­rons des hu­ma­noïdes, des sages et des ê-tres lu­cides qui, en écou­tant l’his­toire du monde, ver­se­ront une larme sur notre sort: sur Hi­ro­shi­ma, sur l’im­monde, les pre­miers pas vers la grande mort; mais qu’im­porte la fin du monde, c’est juste un chan­ge­ment de dé­cor…»

Pour­quoi chantes-tu?

« C’est un clin d’oeil au cé­lèbre air de la Cas­ta Di­va, de Bel­li­ni, né d’une anec­dote sur Ma­ria Cal­las, dit par Aris­tote Onas­sis. L’ar­ma­teur au­rait af­fir­mé à sa maî­tresse: ‘‘Pour­quoi chantes-tu? J’ai tout l’ar­gent dont tu as be­soin’’. Il n’avait, au fond, rien com­pris. Et que dire de la voix d’Anne-Ca­the­rine Gillet? Je lé­vite et ça me rap­pelle que, pour moi, chan­ter, c’est ma fa­çon d’exis­ter.»

La boîte à sou­ve­nirs

«Je ne suis pas un nos­tal­gique. La vie me gâte, même si, par­fois, elle de­mande du cou­rage. Je vis entre Paris et Bruxelles. Ici, à Paris, sur les Champs-Ély­sées, c’est comme un pe­tit vil­lage. Il y a des voi­sins, les gens me re­con­naissent sans que je me sente en re­pré­sen­ta­tion. Pour ce qui est de vieillir, ce­la me rap­pelle une phrase de Brel: ‘‘Il nous fau­drait bien du ta­lent pour être vieux sans être adultes.’’ Des sou­ve­nirs, j’en ai de beaux, car j’ai une vie heu­reuse, avec ma femme Ni­cole, qui a ac­cep­té ma fille d’une autre femme. C’est ce­la, un grand amour, je crois.»

De toi à moi

« C’est un mot d’amour à mon pu­blic; bien sûr que ça peut être ce­la, cette chan­son-là. Je le veux ain­si. »

Jours de lu­mière (en duo avec Ch­ris­tophe)

« C’est une chan­son sur l’ami­tié et, sur­tout, le ré­sul­tat d’une pro­messe te­nue. Ch­ris­tophe n’avait pu par­ti­ci­per à mon al­bum de duos Bal des gens bien ; or l’oc­ca­sion s’est pré­sen­tée de nou­veau. Il a un par­cours si­mi­laire et nous sommes liés à la chan­son de la même ma­nière. C’est un grand hon­neur qu’il m’a fait. Tout est si ac­cé­lé­ré, ac­tuel­le­ment. Je dé­couvre In­ter­net, de plus en plus, et je me dis je ne connais pas mon voi­sin, mais je parle à des gens par­tout sur la pla­nète ; donc, il y a plein de pa­ra­doxes, pré­sen­te­ment, et je trouve que la vie se pré­sente à nous trop en ac­cé­lé­ré. »

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