Vent de re­nou­veau

TO­RON­TO | Sur la po­chette de son troi­sième al­bum, Joy, la chan­teuse et com­po­si­trice de To­ron­to Fefe Dob­son est cou­chée sur le ventre. En fait, on peut seule­ment voir un bout de son dos, et on com­prend, par le mou­ve­ment de ses pieds et de ses jambes, qu’el

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Jane Ste­ven­son Agence QMI

«Je l’ap­pelle mon ma­gi­cien d’Oz des photos», di­sait Dob­son alors qu’elle re­laxait à l’étage du Ri­vo­li Pool Hall, sur la rue Queen Ouest, à To­ron­to, la se­maine de la sor­tie de son al­bum Joy, soit à la fin no­vembre.

Reste que l’image sur la po­chette est une belle mé­ta­phore de la car­rière de cette ar­tiste pop-rock de 25 ans, qui a sem­blé dé­grin­go­ler après un dé­but pro­met­teur, il y a sept ans.

Son troi­sième al­bum, Joy, qui a mis beau­coup de temps avant d’être lan­cé, marque en quelque sorte un nou­veau dé­part pour la chan­teuse. « C’est un re­tour à cer­tains égards, mais c’est aus­si en quelque sorte un tout autre cha­pitre », a dit Dob­son.

La jeune femme cite en exemple son pre­mier al­bum, pa­ru en 2003, qui était ré­so­lu­ment très pop et sur le­quel fi­gurent des suc­cès tels Bye Bye Boy­friend. Ce disque lui a va­lu deux prix Ju­no. Elle a éga­le­ment sou­li­gné son ex­pé­rience de tour­née avec Jus­tin Tim­ber­lake ain­si que les pu­bli­ci­tés qu’elle a en­re­gis­trées pour Tom­my Hil­fi­ger et Got Milk.

En 2006, quelques jours avant la pa­ru­tion de son se­cond al­bum, Sunday Love, à ten­dance « hard-rock », Dob­son a été aban­don­née par son la­bel de mu­sique, Is­land-Def Jam, car le pre­mier titre de son al­bum, Don’t Let It Go To Your Head , n’avait pas ré­col­té suf­fi­sam­ment de suc­cès lors de son lan­ce­ment.

« J’étais in­con­so­lable, a confié la chan­teuse, qui a alors dé­pen­sé 500$ pour s’ache­ter un chien, un chi­hua­hua blanc avec des taches noires nom­mé Pep­per, afin de se re­mon­ter le mo­ral. C’était mon rêve. Quand on par­vient en­fin à si­gner avec un la­bel de mu­sique, c’est une grosse af­faire, donc lors­qu’on échoue, c’est comme si notre vie en­tière s’écrou­lait. C’était très dif­fi­cile au dé­but. Je ne sa­vais pas com­ment j’al­lais re­com­men­cer [dans l’in­dus­trie de la mu­sique] de­puis que tout s’était ar­rê­té. »

NOM­BREUX COL­LA­BO­RA­TEURS

L’agent de longue date de Dob­son, Chris Smith, qui re­pré­sente éga­le­ment Nel­ly Fur­ta­do, a lan­cé son propre la­bel. La chan­teuse a alors pu com­men­cer à écrire la mu­sique de Joy. Elle a éga­le­ment pu ap­pro­cher Miley Cyrus et Jordin Sparks, qui ont re­pris deux chan­sons pa­rues sur son al­bum pré­cé­dent, Start All Over et Don’t Let It Go To Your Head.

« Je me suis dit qu’on était en train de faire quelque chose de bien», a dit Dob­son, dont la foule de col­la­bo­ra­teurs sur Joy com­prend le lé­gen­daire pro­duc­teur ca­na­dien Bob Ez­rin ain­si que le jeune Aus­tra­lien Orian­thi, un vir­tuose de la gui­tare qui a par­ti­ci­pé à l’en­re­gis­tre­ment de la chan­son Can’t Breathe.

« Je pou­vais sen­tir l’éner­gie cir­cu­ler. Ça m’a don­né le goût de re­ve­nir après avoir été aban­don­née.»

AU­CUN RES­SEN­TI­MENT

Peu de temps après, le pré­sident de son an­cien la­bel de mu­sique, An­to­nio «LA» Reid, l’a rap­pe­lée. Seule­ment la moi­tié de l’al­bum Joy était écrit à ce mo­ment-là.

De pas­sage à New York, la jeune femme avait en­ten­du dire que M. Reid vou­lait la voir. La jeune femme a alors dé­ci­dé de se rendre dans les bu­reaux de Is­land Def Jam et de le sur­prendre.

« Il m’a re­gar­dée et il m’a dit : “Re­ve­nez”. J’ai com­men­cé à rire parce que j’étais mal à l’aise à ce su­jet. Je me suis alors in­ter­ro­gé à sa­voir s’il me de­man­dait vrai­ment ça. Nous nous sommes en­ten­dus sur un contrat ce soir-là. C’était fou. “LA” et moi sommes en bons termes de­puis ce temps. Cer­tains ar­tistes qui se font lais­ser tom­ber [par leur la­bel] dé­ve­loppent du res­sen­ti­ment en­vers ce­lui-ci, mais ce n’est pas mon cas. J’ap­pelle “LA” de temps en temps et je lui dis : “Hé ! Je suis en train de faire de la mu­sique!” Et il me ré­pond sim­ple­ment de le pré­ve­nir lorsque j’au­rai ter­mi­né. »

PHOTO STA­CY BAI­LEY, AGENCE QMI

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