Le WES­TERN des frères Coen

LOS AN­GELES | Joel et Ethan Coen ne cher­chaient pas à tour­ner un wes­tern. En fait, ils vou­laient sur­tout por­ter à l’écran un livre qu’ils adorent. Il s’avère que cet ou­vrage a dé­jà été adap­té en 1969, et a même va­lu à John Wayne son seul et unique Os­car p

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son Agence QMI

«Nous ne vou­lions pas né­ces­sai­re­ment faire un film du genre. On avait sur­tout le ro­man en tête », a dit Ethan Coen aux jour­na­listes réunis dans un hô­tel de Be­ver­ly Hills.

Le bou­quin en ques­tion est Cent dol­lars pour un shé­rif, de Charles Por­tis. Il ra­conte l’his­toire de Mat­tie Ross, une fillette dé­ter­mi­née de 14 ans, de l’Ar­kan­sas, qui en­gage un shé­rif borgne et as­soif­fé de whis­ky. C’est ain­si que «Roos­ter» Cog­burn l’ai­de­ra à mettre la main sur l’as­sas­sin en ca­vale de son père.

Bien que la trame semble fort sombre, le livre re­cèle des sur­prises. « Il y a beau­coup d’hu­mour dans le ro­man de Charles Por­tis. C’est ce qui le rend si in­té­res­sant », ex­plique Joel Coen.

Quoi qu’il en soit, leur ver­sion, qui sor­ti­ra en salle le 22 dé­cembre, au Québec, est un au­then­tique wes­tern. On y re­trouve des com­bats dé­ci­sifs, des hors-la-loi et des cow­boys, des pay­sages sau­vages et un uni­vers im­pi­toyable où le châ­ti­ment passe par le ca­non d’un fu­sil ou le noeud cou­lant d’une corde.

DANS LES BOTTES DE JOHN WAYNE

Dans cette nou­velle adap­ta­tion, Josh Bro­lin in­carne Tom Cha­ney, un tueur un peu de­meu­ré, alors que Matt Da­mon joue LaBoeuf, un Texas Ran­ger qui se­conde Roos­ter dans sa chasse à l’homme.

Pour sa part, Mat­tie est in­ter­pré­tée par une pure inconnue, Hai­lee Stein­feld, 13 ans, et Roos­ter par le vé­té­ran Jeff Bridges, qui a dé­jà joué Le grand Lebowski pour les frères Coen, en 1998.

«J’ai sau­té sur la chance de pou­voir tra­vailler avec eux à nou­veau », dit l’ac­teur. D’ailleurs, il n’a eu au­cune dif­fi­cul­té à en­fi­ler les bottes de John Wayne. Il confesse aus­si une at­ti­rance par­ti­cu­lière pour les films du genre. « Si on peut mettre la main sur un bon scé­na­rio de wes­tern, c’est for­mi­dable », di­ti­lil

MO­DUS OPE­RAN­DI

Si le fait que les frères Coen réa­lisent un wes­tern peut pa­raître sur­pre­nant pour cer­tains, Jeff Bridges es­time au contraire que ce­la fait par­tie de leur mmo­du­so­dus ope­ran­dio­pe­ran­di. «Une part de leur fa­çon­çon de faire ré­side dans la sur­prise, ils nous donnent quelque chose au­quel on ne s’at­tend pas. Tra­vailler avec eux re­cèle aus­si des sur­prises, du moins de mon point de vue », confesse Jeff Bridges.

L’ac­teur a à peu près le même âge que John Wayne, au mo­ment où il a in­car­né le per­son­nage de Roos­ter. Il avait 62 ans, alors que Jeff Bridges en compte 61. Mais en de­hors de ce point com­mun, les deux ac­teurs ne pour­raient être plus dif­fé­rents.

Bridges s’est tou­jours dis­tin­gué par sa po­ly­va­lence et le na­tu­rel de ses per­for­mances. Wayne, en com­pa­rai­son, a construit sa lé­gende au­tour d’un seul et unique per­son­nage, rude et bour­ru.

Jeff Bridges se sou­vient d’avoir gran­di en voyant son père, Lloyd Bridges, lut­ter pour sor­tir de la peau du plon­geur dans la sé­rie té­lé­vi­sée des an­nées 60, Sea Hunt.

«Il a connu tant de suc­cès dans ce rôle que le pu­blic était per­sua­dé qu’il était réel­le­ment un plon­geur. Il était dif­fi­cile pour les gens de l’ima­gi­ner dans un autre rôle.

«Cam­per un per­son­nage peut être fan­tas-fan­tas­tique, mais en même temps, il faut faire at­ten­tion à ne pas se lais­ser pié­ger. J’ai tra­vaillé fort au dé­but de ma car­rière, même si je n’y fais plus guère at­ten­tion au­jourd’hui, pour in­ter­pré­ter toutes sortes de rôles dif­fé­rents. »

Il ad­met ce­pen­dant qu’il a un peu de Roos­ter en lui, comme on le lui a rap­pe­lé avant la confé­rence de presse. «Lorsque je me ren­dais à la confé­rence, Ethan m’a ta­qui­né: ‘’Tu entres un peu trop dans ton per­son­nage mon vieux. Tu es un peu trop ver­bo­mo­teur quand tu parles de ta tech­nique de jeu’’ », ra­conte Jeff Bridges en riant. Est-ce à dire que les frères Coen ne sont guère ex­pan­sifs de leur cô­té? «En ef­fet, ils ne le sont pas du tout », concède Jeff Bridges avec un sou­rire en coin.

PHOTO COUR­TOI­SIE PHOTO D’ARCHIVES

Jeff Bridges a à peu près le même âge que John Wayne au mo­ment où il a in­car­né le per­son­nage de Roos­ter, en 1969.

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