UNCHEFDEPOLICE PASORDINAIRE

MON­TRÉAL | Elle a d’abord cru à une blague… un film avec Ra­chid Ba­dou­ri qui com­mence avec un homme qui s’étouffe avec des ara­chides… Mais l’ap­pel de Yves Si­mo­neau confir­ma à Maxim Roy qu’elle al­lait bel et bien de­ve­nir la chef de po­lice de Mon­tréal et all

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Mi­chelle Coudé-Lord Le Jour­nal de Mon­tréal

« C’était le rêve. Pi­nard est mon nom dans le film. Jouer dans une comédie, j’ai trou­vé ce­la su­per ri­go­lo, mais être di­ri­gée par Yves Si­mo­neau, par un pro, c’était en­core plus grand pour moi. Une vraie chance dans le mé­tier », confie l’ac­trice au Jour­nal.

Elle avoue d’ailleurs avoir été très ner­veuse à sa pre­mière ren­contre. Elle n’a pas pas­sé d’au­di­tion. Juste un ca­fé en tête- à-tête fut suf­fi­sant à Yves Si­mo­neau.

« Il est très à l’écoute de l’ac­teur. Il fut très ou­vert à mes sug­ges­tions pour jouer Mou­lin. C’est un réa­li­sa­teur sûr de lui qui sait où il s’en va. Ce qui est ma­gique pour les ac­teurs », dit en en­tre­vue l’ac­trice.

UNE AC­TRICE COAST TO COAST

De ce tour­nage, elle re­tient un es­prit d’équipe for­mi­dable.

« Per­sonne n’était bla­sé sur ce pla­teau. Ce qui est ra­fraî­chis­sant. On sen­tait une belle li­ber­té tout en se sen­tant bien di­ri­gée. C’était sain. »

Tout comme Serge Du­pire, elle parle avec plai­sir de ses belles re­trou­vailles à ses cô­tés.

« Notre jeu de­vait être tout en sub­ti­li­té. Et Serge est un ac­teur qui fait ses de­voirs. Ce fut fran­che­ment for­mi­dable », pré­cise-t-elle sur un ton sin­cère.

Maxim Roy ne m’a pas par­lé en di­rect de l’Afrique, ni de Los An­geles et en­core moins de la France… non, elle était chez elle, à Ro­se­mont, à Mon­tréal.

Pour­quoi j’écris cette pré­ci­sion? Parce que beau­coup de gens croient que l’ac­trice boude le Québec parce qu’elle tourne au Ca­na­da an­glais ou qu’on la voit dans des sé­ries amé­ri­caines. « Je tourne pré­sen­te­ment dans la sé­rie

Hearth­land. Une sé­rie pour le Ca­na­da an­glais. Je me re­trouve mère d’un jeune gar­çon de onze ans sur un ranch. Je suis Mi­ran­da Gre­nier. J’étais d’ailleurs dans les Ro­cheuses, la se­maine der­nière, je rou­lais et je me di­sais à quel point j’étais chan­ceuse. Je vais là où mon mé­tier m’amène, mais ma base est tou­jours le Québec. Je vois ce­la comme une chance in­croyable. Je suis bi­lingue, et oui, ça me donne de belles op­por­tu­ni­tés », dit-elle.

UN MÉ­TIER QUI LA FAIT GRAN­DIR

Cette an­née, le Québec ne l’a pas ou­bliée, avec une par­ti­ci­pa­tion dans trois films : Ro

maine -30, Lu­ci­di­té pas­sa­gère et Reste avec moi. « Dom­mage, ce der­nier film n’est pas res­té en salle long­temps. On y a mis pour- tant tout notre coeur et notre ex­pé­rience. Je trouve dom­mage par­fois que cer­taines cri­tiques dé­mo­lissent le tra­vail des ac­teurs gra­tui­te­ment, comme ils l’ont fait ré­cem­ment sur une jeune ac­trice de cinq ans. Pour­quoi fait-on ce­la? Ce n’est pas né­ces­saire. Oui, ils ont le droit à leurs opi­nions, mais par­fois, on sent que c’est gra­tuit et qu’ils ne veulent que dé­mo­lir. »

Maxim Roy dé­plore le peu de grands rôles pour les femmes.

« Le rôle de Pi­nard dans L’Appât était d’abord dé­dié à un homme… pour­tant une femme po­li­cière, ça existe. Il faut que des rôles do­mi­nants soient aus­si écrits pour des femmes », plaide-t-elle.

Ses ac­trices mo­dèles sont Ju­liette Bi­noche, Kate Wins­let, An­nette Be­ning et Ju­lia Ro­berts. « De belles femmes, tant à l’in­té­rieur qu’à l’ex­té­rieur, je crois. Le mé­tier d’ac­trice nous fait gran­dir comme per­sonne. Moi, j’aime la vie et je suis heu­reuse. Je veux juste rap­pe­ler aux gens du mi­lieu du ci­né­ma et de la té­lé­vi­sion d’ici que je ne suis pas à l’étran­ger, mais je vous parle en di­rect de Ro­se­mont », conclut-elle en riant de bon­heur.

Maxim Roy, une chef de po­lice mar­quante nom­mée Pi­nard… et dire que son rôle avait été écrit pour un homme.

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