SCÉ­NA­RIO FAIBLE, es­thé­tique ir­ré­pro­chable

Ceux qui ont ai­mé Ava­tar ne pour­ront faire au­tre­ment que d’ap­pré­cier TRON: l’hé­ri­tage, suite réus­sie du pre­mier vo­let de­ve­nu film culte et qui met en ve­dette Jeff Bridges, Gar­rett Hed­lund, Oli­via Wilde et Bruce Box­leit­ner.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie Agence QMI

Film de Jo­seph Ko­sins­ki : met­tant en ve­dette Jeff Bridges, Gar­rett Hed­lund, Oli­via Wilde et Bruce Box­leit­ner. À l’af­fiche pré­sen­te­ment.

Dif­fi­cile de ne pas com­pa­rer TRON: l’hé­ri­tage à Ava­tar. Les deux films uti­lisent le nec plus ul­tra de la tech­no­lo­gie en 3D, sont un ré­gal pour les yeux et pré­sentent des in­no­va­tions tech­niques sus­cep­tibles de mar­quer l’ave­nir du ci­né­ma.

Le seul hic de ce TRON mou­ture XXIe siècle est le scé­na­rio. Sans être aus­si mau­vais que ce­lui d’Ava­tar, on ne trouve pas une his­toire à la hau­teur de celle de The Ma­trix ou de 2001,

TRON L’hé­ri­tage 3D ★★★

l’odys­sée de l’es­pace (mal­gré la ré­fé­rence très claire au chef-d’oeuvre de Stan­ley Ku­brick dans la concep­tion du dé­cor de la ta­nière de Ke­vin Flynn) et cer­tains points au­raient pu être un peu plus creu­sés plu­tôt que de pré­sen­ter une énième scène de pour­suite.

On ne gâ­che­ra au­cune sur­prise en ex­pli­quant que Sam Flynn (Gar­rett Hed­lund) part à la re­cherche de son père, Ke­vin (Jeff Bridges), «ava­lé» par la grille il y a 20 ans. Je­té dans ce monde in­for­ma­tique, il de­vra sur­mon­ter plu­sieurs obs­tacles sous forme d’épreuves res­sem­blant à une ver­sion hi-tech de jeux du cirque. Courses en mo­to (les fa­meux light­cycles re­loo­kés par l’équipe des ef­fets spé­ciaux) en vé­hi­cules vo­lants, com­bats de disques, bref, tout est là pour épa­ter la ga­le­rie.

Ar­chi­tecte de for­ma­tion et réa­li­sa­teur de pu­bli­ci­tés, Jo­seph Ko­sins­ki a l’oeil. Les dé­cors sont su­perbes, les cos­tumes aus­si et, mal­gré une im­pres­sion de mi­ni­ma­lisme, le tout four­mille de dé­tails qui de­mandent un deuxième vi­sion­ne­ment: la table du re­pas dans le re­paire de Ke­vin, le bar de Cas­tor (Mi­chael Sheen en pleine forme) ou en­core la mai­son d’en­fance de Sam.

Ir­ré­pro­chable, aus­si, la mu­sique de Daft Punk. Le groupe a pas­sé des mois sur le pla­teau de tour­nage, syn­chro­ni­sant les moindres notes de la trame so­nore à ce qui se dé­roule à l’écran. Ce­la se voit et s’en­tend et le ré­sul­tat est im­pres­sion­nant.

Évi­dem­ment, cô­té tech­nique, on ne peut que louer l’uti­li­sa­tion de la der­nière gé­né­ra­tion des ca­mé­ras Pace, uti­li­sées par James Ca­me­ron pour son Ava­tar. L’image est d’une net­te­té et d’une pré­ci­sion im­pres­sion­nante même si, lors de quelques courtes sé­quences, Jo­seph Ko­sins­ki sombre dans la ten­ta­tion d’al­ler trop vite, ce qui a pour ré­sul­tat d’em­brouiller un peu la vi­sion du spec­ta­teur.

La grande in­no­va­tion de TRON: l’hé­ri­tage est l’uti­li­sa­tion du mo­cap (contrac­tion de mo­tion cap­ture, soit cap­ta­tion de mou­ve­ments) pour, à la fois, rendre le per­son­nage de Ke­vin Flynn jeune et re­pré­sen­ter Clu, ver­sion in­for­ma­ti­sée du créa­teur. Si la mo­cap est très bonne pour le per­son­nage de Clu, force est d’ad­mettre qu’elle n’est pas en­core au point pour prendre la place d’un ac­teur en chair et en os.

Mal­gré ses fai­blesses, à la fois scé­na­ris­tiques et tech­niques, TRON: l’hé­ri­tage s’im­pose comme un film à voir, pour les mêmes rai­sons qu’Ava­tar: la tech­nique et le vi­suel.

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