Le Sé­ra­phin des An­glais

Pen­dant plu­sieurs an­nées, Sé­ra­phin, qui a por­té tour à tour les titres de Un homme et son pé­ché et Les belles his­toires des pays d’En-Haut, a dé­te­nu, avec ses 495 épi­sodes, le re­cord de longévité à la té­lé de Ra­dioCa­na­da, puis il a été dé­trô­né par Vir­gi­ni

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION -

La se­maine der­nière, c’est Co­ro­na­tion Street qui s’est ins­crit en lettres d’or dans l’his­toire des feuille­tons té­lé­vi­sés. Le soap an­glais, éga­le­ment dif­fu­sé au Ca­na­da par la CBC, en Nou­velle-Zé­lande, en Ir­lande et en Aus­tra­lie, a fê­té son 50e an­ni­ver­saire et son 7 500e épi­sode. Avez-vous dé­jà re­gar­dé Co­ro­na­tion Street? Un feuille­ton tout confort avec le­quel les té­lé­spec­ta­teurs n’ont au­cun mal à s’iden­ti­fier. C’est du monde or­di­naire qu’on met en ve­dette, comme le fait Mi­chel Trem­blay dans son théâtre et ses ro­mans.

UN SEUL CO­MÉ­DIEN A SUR­VÉ­CU

Les per­son­nages vivent dans un quar­tier de Sal­ford, en ban­lieue de Man­ches­ter, et ils gra­vitent tous entre l’usine, le centre com­mer­cial et le Ro­vers Re­turn, un pub ty­pique de pe­tite ville an­glaise. Ceux qui sont al­lés en Grande-Bretagne savent ce qu’un pub si­gni­fie là-bas. C’est l’en­droit où on se dé­foule contre son boss, sa femme ou ses voi­sins, le lieu où on re­laxe en re­gar­dant un match de foot ou de rug­by tout en si­ro­tant une bière et en cas­sant du sucre sur les autres.

Après un de­mi-siècle en ondes, il ne reste pas beau­coup de co­mé­diens des pre­mières an­nées. En fait, un seul, William Roache, qui joue le rôle de Ken Bar­low, a sur­vé­cu des dé­buts jus­qu’à au­jourd’hui. Il y a 18 ans, le cri­tique de té­lé du Sun, le quo­ti­dien an­glais du show­bu­si­ness, avait écrit que Roache était aus­si « en­nuyant » que le per­son­nage qu’il in­ter­prète. In­sul­té, Roache pour­suit le jour­nal, qui est condam­né à des dom­mages de 50 000 livres ster­ling. Dans le feuille­ton, Roache a d’abord été étu­diant, il est de­ve­nu jour­na­liste, puis il a per­du son em­ploi avant de prendre sa re­traite.

AC­CI­DENT SPEC­TA­CU­LAIRE

Co­ro­na­tion Street a fê­té son cin­quan­tième en grand : un épi­sode spé­cial d’une heure, en di­rect s’il vous plaît. Le clou de l’émis­sion de la veille avait été un ac­ci­dent de tram­way sur­ve­nant sur un via­duc qui s’ef­fondre. Le tram­way trans­por­tait des per­son­nages que tous les spec­ta­teurs aiment. Pour connaître leur sort, 14 mil­lions de spec­ta­teurs se sont ag­glu­ti­nés de­vant le pe­tit écran, une part de mar­ché de plus de 52%.

En re­dif­fu­sion, le même soir, deux mil­lions de spec­ta­teurs se sont ajou­tés aux pre­miers. Les grands jour­naux bri­tan­niques ont même fait la une avec cet ac­ci­dent.

Au Ca­na­da, le Globe and Mail en a pro­fi­té pour pu­blier les prin­ci­pales sta­tis­tiques du feuille­ton : en un de­mi-siècle, il a don­né lieu à 86 ma­riages, 118 dé­cès, mais seule- ment 37 nais­sances.

Si la plu­part des soaps sont morts ou à l’ago­nie, Co­ro­na­tion Street semble des­ti­né à vivre en­core long­temps : en Grande-Bretagne, il peut comp­ter sur 10 mil­lions de spec­ta­teurs chaque jour et au Ca­na­da, 750000 per­sonnes ne le ratent ja­mais.

C’est presque deux fois plus que les sé­ries ca­na­diennes les plus po­pu­laires dif­fu­sées par la CBC.

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