L’AN­NÉE DE AR­CADE FIRE

À l’ex­cep­tion in­con­tes­table de Cé­line Dion, ja­mais un chan­teur ou un groupe ori­gi­naire du Québec n’a au­tant brillé sur la scène in­ter­na­tio­nale que Ar­cade Fire ne l’a fait en 2010.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE WEEKEND - Cé­dric Bé­lan­ger CEDRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Dé­jà vé­né­ré par les mé­lo­manes qui ont ac­cla­mé sans re­te­nue les al­bums Fu­ne­ral (2004) et Neon Bible (2007), le sep­tuor mont­réa­lais a vu sa no­to­rié­té at­teindre des som­mets sans pré­cé­dent avec la pa­ru­tion, l’été der­nier, de son troi­sième opus, The Su­burbs.

Di­sons-le fran­che­ment. Ar­cade Fire ap­par­tient dé­sor­mais et de plein droit à l’élite mon­diale des groupes rock, une caste dont les membres se nomment U2, Cold­play, Ra­dio­head ou les Rol­ling Stones.

La tour­née mon­diale qui a sui­vi la sor­tie du disque a vu la bande me­née par le couple for­mé de Win But­ler et Ré­gine Chas­sagne rem­plir des aré­nas et consti­tuer la tête d’af­fiche de nom­breux fes­ti­vals.

EN FEU SUR LA SCÈNE

La scène a d’ailleurs été le meilleur ins­tru­ment de me­sure de la pro­gres­sion d’Ar­cade Fire. Leurs per­for­mances en spec­tacle, au­tre­fois ap­pré­ciées, sont de­ve­nues des in­con­tour­nables dans les­quelles les hymnes de Fu­ne­ral et les brû­lots de The Su­burbs ont vite co­ha­bi­té dans l’har­mo­nie.

Leur concert sur les plaines d’Abra­ham, en juillet, a été l’un des mo­ments forts du der­nier Fes­ti­val d’été de Québec.

Le groupe, qui avait rô­dé son spec­tacle au moyen de pres­ta­tions à Sher­brooke et dans le sta­tion­ne­ment d’un centre com­mer­cial de Lon­gueuil, s’est aus­si of­fert le haut de l’af­fiche du Fes­ti­val Oshea­ga, à Mon­tréal.

La réelle consé­cra­tion est ce­pen­dant ve­nue au dé­but du mois d’août quand Ar­cade Fire a joué à gui­chets fer­més deux soirs consé­cu­tifs au my­thique Ma­di­son Square Gar­den, à New York. L’un des concerts a été fil­mé par Ter­ry Gilliam, re­trans­mis sur YouTube et a re­te­nu 1,8 mil­lion de per­sonnes de­vant leur or­di­na­teur.

Même le ré­pu­té réa­li­sa­teur Spike Jonze s’y est mis et leur a concoc­té le trou­blant et fas­ci­nant clip de la pièce The Su­burbs.

DIS­CRÉ­TION MÉ­DIA­TIQUE

Ap­pa­rem­ment, tout ce suc­cès n’a pas chan­gé l’at­ti­tude des membres du groupe, qui re­poussent tou­jours avec la même éner­gie la plu­part des de­mandes d’en­tre­vue qui leur sont adres­sées. Ils ré­servent gé­né­ra­le­ment leurs com­men­taires pour les ma­ga­zines spé­cia­li­sés, ne lais­sant que des miettes aux mé­dias qué­bé­cois.

À Québec, les jour­na­listes avaient dû pour­suivre Win But­ler dans les cou­loirs de l’hô­tel Hil­ton pour lui ar­ra­cher quelques mots. Quelques mi­nutes plus tôt, sa com­pagne Ré­gine Chas­sagne avait re­fu­sé net de par­ler du groupe au cours d’une confé­rence de presse trai­tant du lan­ce­ment de KANPE, un or­ga­nisme voué à l’aide à Haïti, son pays d’ori­gine.

SUR LES TRACES DE RA­DIO­HEAD

D’ailleurs, cé­lé­bri­té mon­diale ou pas, Win But­ler a af­fir­mé, dans un en­tre­tien ac­cor­dé au ma­ga­zine bri­tan­nique Q, que le groupe conti­nue­rait de faire les choses à sa fa­çon.

« Nous n’avons pas, contrai­re­ment à d’autres groupes de notre époque, l’am­bi­tion d’être le groupe nu­mé­ro un de la pla­nète », a dit But­ler, ajou­tant que Ar­cade Fire s’ins­pire da­van­tage de la dé­marche ar­tis­tique de Ra­dio­head, qui n’en a tou­jours fait qu’à sa tête, que de U2 et sa gar- gan­tuesque ma­chine pro­mo­tion­nelle.

« Ra­dio­head est le groupe de notre époque. Je crois que de la même fa­çon que les gens cou­paient leurs fa­vo­ris de la même lon­gueur que ceux des Beatles, Ra­dio­head a eu un ef­fet si­mi­laire pour notre gé­né­ra­tion. »

PHOTO COUR­TOI­SIE

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