L’AS­SAUT DES FILMS 3D

Les films 3D ont pris d’as­saut Hol­ly­wood, en 2010, mais le bal­lon pour­rait vite se dé­gon­fler, si ce n’est dé­jà com­men­cé.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA WEEKEND - Jim Slotek

Les cen­taines de mil­lions de dol­lars amas­sés au dé­but de l’an­née par

Ava­tar − de­puis, le film du Ca­na­dien James Ca­me­ron a amas­sé un re­cord de 2,8 mil­liards US à tra­vers le globe − ont pro­vo­qué une ruée vers les films en trois di­men­sions, les stu­dios concur­rents vou­lant eux aus­si ac­ca­pa­rer leur part du pac­tole.

Alice au pays des mer­veilles a fait son­ner la caisse en mars. Puis, War­ner Bros nous a ser­vi, en avril,

Le choc des ti­tans, trans­for­mé à la der­nière mi­nute en 3D, ce qui lui a va­lu des re­cettes de 60 mil­lions US lors de son week-end d’ou­ver­ture en Amé­rique du Nord.

Les salles de ci­né­ma ont elles aus­si em­boî­té le pas en mul­ti­pliant les écrans 3D dans les mul­ti­plexes. À elle seule, Ci­ne­plex en compte main­te­nant 79 sur le conti­nent. Pour une in­dus­trie qui voit ses re­ve­nus et ses ventes de billets re­cu­ler, no­tam­ment en rai­son du pi­ra­tage et de la concur­rence crois­sante des autres sup­ports de dif­fu­sion, le 3D est ap­pa­ru, di­sons-le fran­che­ment, comme une planche de sa­lut.

Et tout le monde comp­tait sur un ap­port d’oxy­gène dans l’in­dus­trie, alors que beau­coup de gens ont dé­pen­sé jus­qu’à 3000$ pour mettre la main sur un té­lé­vi­seur 3D nou­veau genre les obli­geant à por­ter des lu­nettes ri­di­cules dans leur sa­lon.

En fin d’an­née, tou­te­fois, des fis­sures ont com­men­cé à ap­pa­raître dans «la plus grande ex­pé­rience ja­mais pro­po­sée» par l’in­dus­trie du ci­né­ma.

Dans la pre­mière se­maine de dé­cembre, deux films 3D se sont clas­sés dans le top 10 du box-of­fice, soit Rai­ponce « Tan­gled» et

Me­ga­mind, tous deux des­ti­nés à un pu­blic jeu­nesse, mais leurs re­ve­nus com­bi­nés n’ont pas at­teint ceux de Har­ry Pot­ter et les re­liques de

la mort – 1re par­tie, qui n’est pour­tant pas pro­po­sé en trois di­men­sions.

ÉPUI­SE­MENT GRAN­DIS­SANT

En outre, les spec­ta­teurs ont été re­froi­dis à quelques re­prises − de­vant payer 3$ de plus pour voir, au fi­nal, un film moche −, et c’est peut-être à ce mo­ment-là que la fa­tigue a com­men­cé à se faire sen­tir pour le 3D. L’un des pires films de l’an­née, The

Nut­cra­cker in 3D, est dis­pa­ru sans lais­ser de trace. Même sort pour le film de loup Al­pha et Ome­ga.

Alors que 2011 se pointe le bout du nez, le plus grand pro­jet de tour­nage de l’an­née − le troi­sième

Bat­man concoc­té par Ch­ris­to­pher No­lan, The Dark Knight Rises − ne se­ra pro­ba­ble­ment pas réa­li­sé en 3D. No­lan, un en­ne­mi du 3D, en­tend di­ri­ger Ch­ris­tian Bale en ayant re­cours à la bonne vieille in­ven­tion ca­na­dienne, IMAX. Il dit pré­fé­rer mi­ser sur la haute dé­fi­ni­tion plu­tôt que sur la nou­velle as­tuce à la mode.

Mais mal­gré ce­la, le 3D, on le sait, ne va pas dis­pa­raître. La de­mande in­sen­sée qui a mar­qué le 3D au dé­but de 2010 n’au­ra pro­ba­ble­ment pas un im­pact du­rable sur l’his­toire du ci­né­ma. Il peut y avoir un mar­ché, certes, mais le 3D fait dé­jà moins de bruit.

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