CH­RYS­TINE BROUILLET

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES WEEKEND - Marie-France Bor­nais

Bien man­ger et bien boire fait par­tie des ro­mans de Ch­rys­tine Brouillet, la ro­man­cière gas­tro­nome. Dans son der­nier ro­man, « Sous sur­veillance », un as­sas­sin mange des pâtes car­bo­na­ra, un avo­cat boit des mo­ji­tos et les per­son­nages dé­gustent, page après page, des mets ap­pé­tis­sants, chez eux ou à la table des meilleurs res­tau­ra­teurs de Québec.

Quand on évoque les plats dé­gus­tés par ses pro­ta­go­nistes, Ch­rys­tine Brouillet ré­pond sim­ple­ment qu’il s’agit des mo­ments agréables à écrire dans le ro­man. « Le reste, c’est tou­jours plus sombre, mais ça, c’est tou­jours agréable. »

L’écri­vaine a dé­cou­vert la gas­tro­no­mie quand elle a quit­té la mai­son fa­mi­liale, à 18 ans. « Il fal­lait bien que je me nour­risse et je me suis ren­due compte que j’ai­mais bien man­ger. J’étais ha­bi­tuée – ma­man cui­sine bien. Je me suis dit que c’était à mon tour de me lan­cer. »

Tra­vaillant comme ser­veuse au Ca­fé Tem­po­rel, à Québec, elle a dé­cou­vert le plai­sir de cui­si­ner. « Je fai­sais des choses simples au ca­fé, mais chez moi, je me lan­çais dans des trucs comme les Wellington en croûte, les cailles en tim­bales, les fo­rêt-noire, les Paris-Brest. J’étais amou­reuse d’un gar­çon qui ai­mait la pâ­tis­se­rie. Je me suis mise à faire la pâ­tis­se­rie pour le sé­duire. Ça n’a pas vrai­ment fonc­tion­né, mais le goût de la pâ­tis­se­rie est res­té », ré­vèle-telle en riant.

Ch­rys­tine Brouillet croit qu’il y a peut-être une part d’hé­ré­di­té dans sa pas­sion pour la cui­sine et qu’elle lui vient peut-être de sa grand-mère pa­ter­nelle, Eva, qui fai­sait 100 tartes pour Noël. « Elle les em­pi­lait dans la neige et les fai­sait au cas où il y au­rait de la vi­site. Comme tout le monde sa­vait qu’elle fai­sait des tartes, il y en avait, de la vi­site. Elle fai­sait tout – des tartes aux fraises, aux fram­boises, au si­rop d’érable, au sucre. Et c’était vrai­ment dé­li­cieux. »

BIS­CUIT

Lors­qu’elle a créé Maud Gra­ham, l’hé­roïne de ses ro­mans po­li­ciers, sur­nom­mée af­fec­tueu­se­ment Bis­cuit par Gré­goire, l’écri­vaine était un peu lasse des femmes sté­réo­ty­pées qu’elle re­trou­vait dans les po­lars. « C’était des blondes éva­po­rées, des rousses pul­peuses et des noires mé­chantes, mais on était loin des femmes qui sont au­tour de nous. Je pense que si Maud Gra­ham a plu et si elle a eu du suc­cès, c’est parce qu’elle res­semble le plus à ce qui pour­rait être notre voi­sine. Tous les jours, on mange. Ça fait par­tie de notre quo­ti­dien, donc ça fait par­tie de ce­lui de Maud Gra­ham. »

Ch­rys­tine Brouillet a en­suite ren­con­tré des gens qui tra­vaillent dans le mi­lieu de la jus­tice : des po­li­ciers, des en­quê­teurs, des jour­na­listes, des spé­cia­listes du la­bo­ra­toire de sciences ju­di­ciaires. « La plu­part ont en com­mun de bien ai­mer man­ger. Je pense que quand tu es confron­té à la mort, comme les gens qui sont en­quê­teurs le sont dans leur mé­tier, il y a une pul­sion de vie qui est forte à cô­té. On a be­soin de se faire plai­sir et de se gâ­ter pour échap­per aux hor­reurs qu’on voit quo­ti­dien­ne­ment.»

BOURGOGNE

On ne boit pas n’im­porte quoi dans Sous sur

veillance : ries­ling, por­to, cha­blis, meur­sault, ba­ro­lo. « Les vins sont tes­tés », as­sure l’écri­vaine. « Moi, je dis que c’est juste pro­fes­sion­nel… je me sa­cri­fie pour mes lecteurs. Alors je les es­saie tous! »

Ch­rys­tine Brouillet a un pen­chant pour les vins de la Bourgogne. « Je n’en bois pas sou­vent, mais pu­li­gny-mon­tra­chet, chas­sagne, meur­sault, ça me rend très très heu­reuse. J’aime aus­si les rouges. Il y a des bor­deaux qui sont su­perbes, des graves, des haut-brion… mais c’est très cher. Je suis en train de lire Les gouttes de Dieu, le man­ga ja­po­nais sur le vin. C’est for­mi­dable! Mon dieu, on lit ça et on a soif!» En ce mo­ment, Ch­rys­tine Brouillet ter­mine la deuxième ver­sion de son pro­chain ro­man, qui doit être pu­blié en juin. « Du­rant les Fêtes, je vais peu­têtre re­lire pour me pré­pa­rer pour la troi­sième ver­sion, la qua­trième, la cin­quième… » Un pe­tit in­dice ? « C’est sûr que c’est Maud Gra­ham qui re­vient et di­sons que les ado­les­cents vont être très pré­sents. Maxime et son ami Mi­chael vont vrai­ment être là beau­coup. »

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