COM­MENT DE­VE­NIR UN COW­BOY CHIC

Dès que l’on foule le sol du sud de l’Ari­zo­na – cette terre aride et riche en culture wes­tern – on en ou­blie pra­ti­que­ment d’où l’on vient. Sou­dai­ne­ment, le mode de vie wes­tern, la fier­té « cow-boy­nesque », le cô­té zen du dé­sert nous em­boîtent le pas et l’

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME WEEKEND - Marie-Claude Fo­rest Agence QMI

Qui dit vie wes­tern ne doit pas omettre le luxe, car les cow-boys de 2010 ont l’al­lure fière et n’hé­sitent pas à chaus­ser des bottes wes­tern en peau de cro­co et à se faire dor­lo­ter dans cer­tains des éta­blis­se­ments les mieux co­tés du Sud-Ouest. C’est ce qu’on ap­pelle l’at­ti­tude laid-back so­phis­ti­quée. D’ailleurs, cet État, qui de­puis plu­sieurs dé­cen­nies connaît une idylle avec toute la classe hol­ly­woo­dienne, s’en­or­gueillit d’of­frir paillettes et pous­sières au même en­droit.

Je suis donc par­tie à l’aven­ture, en trois étapes, à tra­vers ce vaste ter­ri­toire que l’on nomme la Vallée du so­leil. Cette vallée abrite, en rai­son de la po­pu­leuse ré­gion de Phoe­nix, des mil­lions de « wes­ter­ners » par­fois d’ori­gine et sou­vent d’adop­tion. Qu’est-ce qui at­tire ces gens de par­tout? Pro­ba­ble­ment les 340 jours de so­leil an­nuel­le­ment, les golfs qui poussent en plein mi­lieu du dé­sert et les sté­réo­types ci­né­ma­to­gra­phiques qui teintent d’exo­tisme la ré­gion.

Tout dé­bute à Tuc­son, un des hauts lieux pour ad­mi­rer les cac­tus Sa­gua­ro consi­dé­rés comme l’icône de la vé­gé­ta­tion wes­tern. S’en­suit la vi­site d’un ranch fa­mi­lial de 3 000 âcres, où las­so et ro­déo font par­tie du quo­ti­dien. Puis, pour com­plé­ter cette quête d’iden­ti­té « cow-boy­chic », la dé­cou­verte de la luxu­riante de Scottsdale.

ÉTAPE 1 : LES EN­VI­RONS DE TUC­SON, LA PLÉ­NI­TUDE DU DÉ­SERT

Avant d’em­bras­ser une culture, il faut connaître son en­vi­ron­ne­ment. Ici, c’est le dé­sert de So­no­ra qui s’étend sur le sud de l’Ari­zo­na.

À quelque 32 ki­lo­mètres de Tuc­son, le Ritz Carl­ton Do­ver Moun­tain, un nou­vel éta­blis­se­ment qui a vu le jour au coeur du dé­sert So­no­ra en dé­cembre 2009, se fond com­plè­te­ment à tra­vers la vé­gé­ta­tion et les ca­nyons en­vi­ron­nants. On y offre le luxe sans pré­ten­tion, où l’hos­pi­ta­li­té pré- vaut sur l’at­ti­tude VIP. Bien loin de l’ex­ci­ta­tion des villes, la vue des cac­tus Sa­gua­ro est ré­con­for­tante. Ces cac­tus, em­blème du « Far West », ont une al­lure qua­si-hu­maine avec leurs im­menses branches; les amé­rin­diens les consi­dèrent sa­crés et ra­content que l’âme de leurs an­cêtres s’y ré­in­carne.

En plus de ca­cher une faune et une flore in­ha­bi­tuelles pour tout Nord-Amé­ri­cain, il ren­ferme aus­si les ves­tiges des pre­miers ha­bi­tants de la ré­gion. Une ex­plo­ra­tion du Wild Bur­ro Ca­nyon en Jeep ou à pied per­met de dé­cou­vrir des pé­tro­glyphes, des­sins des peuples pri­mi­tifs sur roche. Pe­tite as­tuce : pour vi­si­ter les dif­fé­rents ca­nyons et les fo­rêts de cac­tus, de­ve­nez un lève-tôt, vous évi­te­rez ain­si les pe­tites bêtes ché­ries telles que les ser­pents et arai­gnées qui aiment bien, elles, faire la grasse ma­ti­née.

ÉTAPE 2 : L’IN­CON­TOUR­NABLE RANCH, LE COW-BOY À L’ÉTAT PUR

Je n’avais ja­mais ren­con­tré un vrai cow­boy digne des per­son­ni­fi­ca­tions de John Wayne ou de Clint East­wood. Le sud de l’Ari­zo­na est leur ter­ri­toire. Et en leur com­pa­gnie, le cô­té laid-back s’im­pose de lui-même. Le ranch fa­mi­lial White Stal­lion est te­nu par des cow-boys, les frères True. Il se si­tue à 90 mi­nutes de Phoe­nix ou à 40 mi­nutes de Tuc­son, tout près du Sa­gua­ro Na­tio­nal Park. Ici, l’ac­cueil, la vie de fa­mille et les ren­contres sont au ren­dez-vous.

Ter­mi­nées les bombes an­glaises, c’est la selle wes­tern et le cha­peau de cow-boy qui sont rois. Les Dudes – clients du ranch – par­ti­cipent aux ac­ti­vi­tés, tou­jours en com­mu­nau­té. Pe­tit conseil : si vous dé­si­rez vivre des mo­ments d’iso­le­ment avec ché­ri, ou­bliez ça. Le soir, un des pa­le­fre­niers du ranch sonne la cloche, c’est l’heure du di­ner. On y mange une bouffe ré­con­for­tante at­ta­blé à de grandes tables. Le même scé­na­rio de clo­chette se ré­pète pour le ma­tin. Quelques oeufs et crêpes avant d’at­te­ler votre che­val pour par­ti­ci­per à une ba­la- de à tra­vers le pay­sage à cou­per le souffle des Mon­tagnes Tuc­son.

Le ranch offre une pa­no­plie d’ac­ti­vi­tés qui vous plongent au beau mi­lieu de Lu­cky Luke. Le « team pen­ning » est l’ex­pé­rience à vivre : dans un im­mense en­clos, on lâche des bo­vins et les par­ti­ci­pants, agrip­pés à leurs che­vaux, ten- tent de les faire en­trer dans un en­clos à grands hi-han! On se rend vite à l’évi­dence que ne de­vient pas cow-boy qui veut. C’est in­trin­sèque à leur na­ture, ce sang coule dans leurs veines. Je quitte donc ce monde équestre au pro­fit de l’Ari­zo­na VIP pour ter­mi­ner cette pe­tite es­ca­pade.

ÉTAPE 3 : SCOTTSDALE - LA CHIC AVEN­TU­REUSE

Afin de dé­mys­ti­fier le cô­té gla­mour du cow-boy du XXIe siècle, je me rends à Scottsdale, l’une des des­ti­na­tions les plus jet-set de l’Ari­zo­na. Scottsdale est en ban­lieue de Phoe­nix. Il faut comp­ter deux heures en voi­ture à par­tir de Tuc­son.

La di­cho­to­mie entre aven­ture et re­laxa­tion se vit à Scottsdale. En une jour­née, j’ai pu ob­ser­ver l’im­mense Vallée du so­leil du haut des 900 mètres de la mon­tagne Ca­mel­back, an­cien lieu de culte de la tri­bu des Ho­ho­kam, ad­mi­rer les Ti­ger Woods en herbe frap­per des balles sur des verts plus verts que l’Ir­lande tout en re­laxant à l’aide d’un trai­te­ment à l’oxy­gène, ré­gé­né­rant la peau du vi­sage.

Cette gla­mour ari­zo­nienne voit dé­fi­ler les stars du monde en­tier en quête d’éva­sion. Ces cé­lé­bri­tés font du Sanc­tua­ry on Ca­mel­back Moun­tain et du Boul­ders Re­sort and Gol­den Door Spa leur ré­si­dence se­con­daire.

Les édi­fices, ja­mais en hau­teur, s’im­briquent dans cette na­ture dé­ser­tique avec un sou­ci ar­chi­tec­tu­ral re­mar­quable. Si bien que les ani­maux sau­vages s’y mé­prennent et font des dif­fé­rents re­sorts leur ter­rain de jeu au même titre que les mil­liers de ki­lo­mètres de dé­sert en- core vierges. En étant at­ten­tif, il se peut que vous soyez ac­cueillis à votre vil­la par une fa­mille de co­chons sau­vages ou plus in­usi­té en­core, que vous ren­con­triez un lion de mon­tagne en route vers le spa.

Alors qu’est-ce que le cow-boy chic? Au­tant de dé­fi­ni­tions, au­tant d’ex­pé­riences, mais une chose est cer­taine, les in­gré­dients pour la re­cette par­faite se trouvent dans le sud de l’Ari­zo­na. Pour moi, l’image qui se des­sine est celle du « wes­ter­ner » qui, après une longue jour­née à che­val, à conduire ses trou­peaux, chausse ses bottes de cro­co et se laisse por­ter au son des danses en ligne.

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PHOTOS MARIE-CLAUDE FO­REST, AGENCE QMI

4 1. Pour les fans de Clint East­wood et de John Wayne, un ar­rêt aux Old Tuc­son Stu­dios, construits ini­tia­le­ment pour le film « Ari­zo­na », s’im­pose. 2. et 4. Le White Stal­lion Ranch, près de Tuc­son, en Ari­zo­na, offre une pa­no­plie d’ac­ti­vi­tés wes­tern. Le ranch a une su­per­fi­cie de 3 000 âcres. 3. Cou­cher de so­leil spec­ta­cu­laire sur le dé­sert de So­no­ra, en Ari­zo­na. Photo prise au Ritz-Carl­ton Dove Moun­tain, près de Tuc­son, Ari­zo­na. 5. Un cac­tus Sa­gua­ro de quelques cen­taines d’an­nées veille sur le Ritz Carl­ton Do­ver Moun­tain. On es­time l’âge de ces cac­tus se­lon le nombre de branches, com­mu­né­ment ap­pe­lés bras. 6. Un des 120 che­vaux du White Stal­lion Ranch, un ranch de 3 000 âcres si­tué à 27 ki­lo­mètres de Tuc­son, en Ari­zo­na, tout près du Sa­gua­ro Na­tio­nal Park.

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