Ap­pâ­ter le har­fang?

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME WEEKEND -

Ima­gi­nez la scène. Vous êtes à la cam­pagne. Il y a un champ. Un har­fang ou une buse at­tend qu’on lui serve un re­pas. Des photographes lui lâchent des sou­ris à tour de rôle. Quand le pré­da­teur plonge sur sa proie (ache­tée dans une ani­ma­le­rie), les photographes ont l’oc­ca­sion de croquer la « scène de chasse ». Cer­tains « lâ­cheurs de sou­ris » ren­ta­bi­lisent leur achat dans l’ani­ma­le­rie en at­ta­chant le ron­geur avec une corde. Quand le har­fang ar­rive, le pho­to­graphe tire sur la corde et em­pêche les serres de l’oi­seau de se re­fer­mer sur la sou­ris… qui peut en­suite être lâ­chée de nou­veau. Le ma­ga­zine Québec Oi­seaux se de­mande si cette pra­tique doit être in­ter­dite.

En ha­bi­tuant les har­fangs ou les buses à de tels re­pas, ne les dé­na­ture-t-on pas? Nor­ma­le­ment, ces créa­tures de­vraient se mé­fier des hu­mains. Mais celles qui s’ha­bi­tuent à se faire don­ner des sou­ris fi­nissent par as­so­cier hu­mains et re­pas gra­tuits. Cer­tains or­ni­tho­logues, qui jugent qu’ap­pâ­ter les oi­seaux de proie avec des sou­ris est une pra­tique cruelle pour la sou­ris et nui­sible pour le har­fang, se postent par­fois près des champs où agissent les photographes et ils klaxonnent afin de faire fuir les oi­seaux de proie. C’est que les photographes qui pra­tiquent l’« ap­pâ­tage » du har­fang se donnent sou­vent ren­dez-vous grâce à In­ter­net afin de pro­cé­der en même temps et de mul­ti­plier leurs chances de cap­ter de bonnes images… ar­ran­gées par le gars des vues?

Chose cer­taine, le ma­ga­zine Québec Oi­seaux n’en­cou­rage pas cette pra­tique. Quant au site Pas­sion Photo Na­ture, il n’ac­cepte plus les photos réa­li­sées grâce à des ap­pâts. In­fo: que­be­coi­seaux.org et pas­sion­pho­to­na­ture.net.

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