In­tense et ré­jouis­sant!

À voir la quan­ti­té, la qua­li­té et la di­ver­si­té des pièces de théâtre pré­sen­tées cette an­née, force est d’ad­mettre que non seule­ment la ré­pu­ta­tion de Québec ville de théâtre n’est pas sur­faite, mais le théâtre y est d’une vi­va­ci­té re­mar­quable.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - De­nise Mar­tel

Les pro­duc­tions pré­sen­tées au cours des der­niers mois, que ce soit au Tri­dent, à La Bor­dée, au Pé­ri­scope ou en­core à Pre­mier Acte ont été ré­jouis­santes, tous genres confon­dus. Tant par les thèmes éla­bo­rés, l’ori­gi­na­li­té des mises en scène que le ta­lent des co­mé­diens.

L’au­tomne au­ra été par­ti­cu­liè­re­ment riche en in­ten­si­té et en émo­tions. À com­men­cer par La mon­tagne rouge (SANG), un émou­vant cri du coeur in­ter­pré­té par Clau­diane Ruel­land et Steve Ga­gnon, qui l’a écrite. Pré­sen­tée en pre­mière au Car­re­four in­ter­na­tio­nal de théâtre et re­prise au Pé­ri­scope, la pièce nous entraîne dans l’uni­vers bou­le­ver­sant d’une étu­diante qui n’ar­rive pas à tour­ner la page, un an après le sui­cide de son chum.

Éga­le­ment au Pé­ri­scope, Le bruit des os qui craquent, écrite par Su­zanne Le­beau et très do­cu­men­tée, nous plonge lit­té­ra­le­ment dans le cau­che­mar vé­cu par des en­fants-sol­dats. Sur un tout autre ton, Kli­ni­ken de l’au­teur sué­dois Lars No­rén, dans une mise en scène de Gill Champagne, don­nait l’im­pres­sion de se trou­ver dans la salle de sé­jour d’un hô­pi­tal psy­chia­trique.

Sur un thème sem­blable mais de fa­çon en­core plus di­recte, ... et autres ef­fets se­con­daires, créa­tion col­lec­tive de la jeune troupe Des miettes dans la ca­boche re­prise à Pre­mier Acte, réus­sit le tour de force de mon­trer com­ment les idées et les émo­tions s’en­tre­choquent dans la tête d’un jeune schi­zo­phrène, dans une mise en scène brillante de Marie-Josée Bastien. L’in­ter­pré­ta­tion de Mat­thew Four­nier lui a d’ailleurs per­mis de dé­cro­cher le prix Ni­cky-Roy pour le ta­lent le plus pro­met­teur.

Pour ter­mi­ner l’au­tomne, dif­fi­cile de ne pas faire men­tion de Le Pillowman, un drame d’une in­ten­si­té ex­cep­tion­nelle pré­sen­té au Théâtre de la Bor­dée et ser­vi par de grands in­ter­prètes, An­toine Ber­trand et Fré­dé­ric Blan­chette. Une pro­duc­tion du Théâtre de la Ma­nu­fac­ture et une mise en scène de De­nis Ber­nard. À ne pas man­quer, si ja­mais ils passent par votre coin de pays.

Sur une note plus lé­gère et ra­fraî­chis­sante, men­tion­nons Le car­di­gan de Glo­ria Es­te­ban de la jeune au­teure et co­mé­dienne de Québec Joëlle Bond, pré­sen­tée elle aus­si à Pre­mier Acte. Très pro­met­teur.

PAGES D’HIS­TOIRE

Si on re­monte un peu plus loin dans le temps, soit à l’hi­ver et au prin­temps der­niers, il faut rap­pe­ler La reine Mar­got su­per­be­ment mise en scène par Marie-Josée Bastien, à La Bor­dée, avec de nom­breux jeunes co­mé­diens. Éga­le­ment à La Bor­dée, Le menteur de Cor­neille, dans une mise en scène ryth­mée de Jacques Le­blanc avec, entre autres, Ni­co­la Frank-Va­chon et Ch­ris­tian Mi­chaud, un as de l’alexan­drin. Plus poé­tique mais élo­quente et bou­le­ver­sante, la très belle pièce d’Isabelle Hu­bert, La robe de Gul­na­ra, su­per­be­ment mise en scène par Jean-Sé­bas­tien Ouel­lette, au même en­droit.

In­con­tour­nables, tant pour leur va­leur théâ­trale que pour le rap­pel d’une page d’his­toire ré­cente du Québec, Oc­tobre 70, d’après le film du re­gret­té Pierre Fa­lar­deau, vu par le met­teur en scène Martin Genest et le Théâtre Blanc, dans une scé­no­gra­phie ex­cep­tion­nelle à la Ca­serne Dal­hou­sie. Tout comme Char­bon­neau et le chef qui est ap­pa­ru d’une éton­nante ac­tua­li­té, au Tri­dent, grâce à la brillante mise en scène de Jean-Phi­lippe Jou­bert et la so­lide in­ter­pré­ta­tion de Jack Ro­bi­taille et Jean-Sé­bas­tien Ouel­lette dans les rôles titres.

Dif­fi­cile, en ter­mi­nant, de ne pas men­tion­ner les piè­ce­sé­vé­ne­ments que nous n’au­rions ja­mais pu voir à Québec sans le Car­re­four in­ter­na­tio­nal de théâtre, Le sang des pro­messes et Ciels de Wa­j­di Moua­wad de même que Tra­gé­dies ro­maines de Sha­kes­peare trans­po­sées dans un dé­cor du XXIe siècle par les soins du Néer­lan­dais Ivo van Hove. Sans ou­blier le par­cours Où tu vas quand tu dors en mar­chant... Des mo­ments in­ou­bliables!

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