QUAND LE RO­MAN DE­VIENT FILM

MON­TRÉAL | Les livres sont une source in­épui­sable d’ins­pi­ra­tion pour le ci­né­ma. De­puis l’adap­ta­tion au grand écran du Sei­gneur des an­neaux, du Da Vin­ci Code, de la sa­ga Har­ry Pot­ter, Twi­light ou en­core de Millé­nium, il semble que la trans­po­si­tion des best

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Sté­pha­nie Val­let Agence QMI

En 2010, on compte plus d’une ving­taine d’adap­ta­tions lit­té­raires au ci­né­ma. C’est La vé­ri­table Pre­cious Jones, ti­ré du ro­man Push, de l’au­teur Sap­phire, qui a ou­vert le bal en rem­por­tant l’os­car de la meilleure adap­ta­tion au grand écran.

En cours d’an­née, le phé­no­mène s’est confir­mé da­van­tage avec les suc­cès de Har­ry Pot­ter 7 et de Twi­light : hé­si­ta­tion.

Mais l’en­goue­ment pour l’adap­ta­tion lit­té­raire se­rait-il le ré­sul­tat d’un manque d’ins­pi­ra­tion des scé­na­ristes ou plus sim­ple­ment de l’ex­ploi­ta­tion d’un fi­lon lu­cra­tif?

Les scé­na­rios ori­gi­naux se font de plus en plus rares et le ci­né­ma se re­fait une jeu­nesse à tra­vers les clas­siques de la lit­té­ra­ture. Par exemple, en 2010, Alice au pays des mer­veilles, de Le­wis Car­roll, et Une étude en rouge, de Sir Ar­thur Co­nan Doyle, ont per­mis faire grim­per leurs adap­ta­tions au grand écran en tête du box-of­fice.

À l’in­verse, cer­taines oeuvres lit­té­raires plus mé­con­nues du grand pu­blic ont connu une se­conde vie à la suite de leur adap­ta­tion au ci­né­ma. C’est le cas de La nos­tal­gie de l'ange, d'Alice Se­bold), L’écri­vain fan­tôme ( L'homme de l'ombre, de Robert Har­ris) ou en­core de Haut dans les airs (d’après le ro­man de Wal­ter Kirn).

DÉ­CEP­TIONS

Mais il reste dif­fi­cile de re­trans­crire les mots en images et de cal­quer l'uni­vers du ro­man au grand écran. L’adap­ta­tion de­meure la re­lec­ture d’un livre par le scé­na­riste et celle-ci peut dé­ce­voir cer­tains lecteurs. Mange prie aime n’a ain­si pas sa­tis­fait aux at­tentes des fans du ro­man au­to­bio­gra­phique du même nom d’Elizabeth Gil­bert, qui at­ten­daient im­pa­tiem­ment de voir le ré­cit pro­je­té dans les salles de ci­né­ma.

Il y a eu quelques ra­tés, mais aus­si de nom­breux suc­cès, comme L’amour et les autres drogues, adap­ta­tion réus­sie du li-vre au­to­bio­gra­phique de Ja­mie Rei­dy et Har­ry Pot­ter et les re­liques de la mort - 1re par­tie, qui reste, d’après le pu­blic et la cri­tique, la meilleure adap­ta­tion de la sa­ga du jeune sor­cier au grand écran.

C’est aus­si le cas de Shut­ter Is­land, une juste adap­ta­tion du ro­man du même nom de Den­nis Le­hane, éga­le­ment au­teur des ro­mans qui ont ins­pi­ré Mys­tic Ri­ver et de Gone Ba­by Gone.

Le ci­né­ma qué­bé­cois n’a pas échap­pé au phé­no­mène avec Les sept jours du ta­lion (Pa­trick Sé­né­cal) et Le jour­nal d’Au­ré­lie La­flamme (India Des­jar­dins). Im­pos­sible de pas­ser sous si­lence le film In­cen­dies, de De­nis Ville­neuve (une adap­ta­tion de la pièce de théâtre de Wa­j­di Moua­wad), dont on ne compte dé­jà plus les ré­com­penses.

Si 2010 semble avoir été l’an­née des adap­ta­tions lit­té­raires, 2011 pour­rait peu­têtre suivre ses traces. Elle compte dé­jà son lot de ro­mans qui se­ront por­tés au grand écran avec Le pe­tit prince, la ver­sion amé­ri­caine de Millé­nium ou en­core His­toire de Pi (qui met­tra en ve­dette Gé­rard De­par­dieu), pour ne ci­ter que ceux-là.

LE JOUR­NAL D’AU­RÉ­LIE LA­FLAMME

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