Le na­tu­rel ex­tra­or­di­naire de la pe­tite Stein­feld

Hai­lee Stein­feld n’a que 14 ans, mais la ve­dette du de­nier film des frères Coen est ca­pable de te­nir tête à des ser­pents, à de gros mé­chants et à des gars aux égos sur­di­men­sion­nés. Rien de plus nor­mal, elle vit à Hol­ly­wood.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son

La jeune ac­trice, Hai­lee Stein­feld, livre une per­for­mance in­croyable dans Le vrai cou­rage. Elle y in­ter­prète avec un na­tu­rel con­fon­dant une fillette qui a vé­cu en Ar­kan­sas dans les an­nées 1870.

Les réa­li­sa­teurs Joel et Ethan Coen ont cher­ché par­tout aux États-Unis pour trou­ver la perle rare alors qu’elle se trou­vait presque de­vant leurs yeux.

« Nos deux agents de cas­ting ont pas­sé 18 mois à cher­cher l’ac­trice idéale, à faire pas­ser des au­di­tions à des mil­liers de jeunes filles pour trou­ver celle qui se­rait ca­pable d’in­car­ner Mat­tie Ross alors qu’Hai­lee vi­vait à Thou­sand Oaks, à cô­té de chez nous, a confié Ethan Co­hen. On au­rait pu res­ter à L.A... »

Dans Le vrai cou­rage, Hai­lee Stein­feld joue Mat­tie, une fillette dé­ter­mi­née à pour­chas­ser l’as­sas­sin de son père (Josh Bro­lin). Pour y par­ve­nir, elle em­bauche un vieux Mar­shall, rustre et borgne, Reu­ben J. Cog­burn, dit « Roos­ter » (Jeff Bridges). En che­min, ils sont re­joints par un Texas Ran­gers ar­ro­gant et pré­ten­tieux, qui parle plus qu’il n’agit (Matt Da­mon).

La pre­mière adap­ta­tion du film, en 1969, don­nait la part belle à John Wayne. Cette ver­sion des frères Coen colle da­van­tage au ro­man de Charles Por­tis, qui met la jeune fille en avant puis­qu’elle en est la nar­ra­trice.

Com­ment Hai­lee Stein­feld a-t-elle convain­cu les frères Coen qu’elle était celle qu’ils cher­chaient avec achar­ne­ment, alors qu’elle est ac­trice de­puis l’âge de huit ans sans ja­mais que son nom n’ait été ins­crit sur une af­fiche de ci­né­ma?

D’abord et avant tout, elle a prou­vé qu’elle pou­vait dé­pas­ser toutes les dif­fi­cul­tés du scé­na­rio, et no­tam­ment les dia­logues, les ex­pres­sions, l’ac­cent et les pro­non­cia­tions de l’époque.

En ef­fet, « 99,9 % des filles qui ont été au­di­tion­nées n’étaient pas ca­pables de re­le­ver le dé­fi du ni­veau de lan­gage, se sou­vient Joel Coen, tan­dis que pour Hai­lee, ça n’a ja­mais été un pro­blème. Je veux dire par là qu’elle a im­mé­dia­te­ment été com­plè­te­ment à l’aise avec le lan­gage qu’on lui im­po­sait, et on s’en­tend que ce lan­gage, ce n’est plus du tout le nôtre au­jourd’hui. C’était un im­pé­ra­tif pour être choi­si. Et chez elle, c’était na­tu­rel. »

Hai­lee Stein­feld a ex­pli­qué qu’elle avait tout de suite pris la me­sure du rôle à la lec­ture du scé­na­rio. « J’ai dû le re­lire et reve- nir plu­sieurs fois en ar­rière pour être ab­so­lu­ment cer­taine de bien sai­sir les émo­tions de mon per­son­nage, de me mettre à sa place. »

LA VRAIE VE­DETTE

Ce­la dit, mi­ser tout le film sur une ac­trice com­plè­te­ment inconnue n’était pas sans risque. « Ça me pré­oc­cu­pait un peu au dé­part parce que tout re­po­sait fi­na­le­ment sur elle, a re­con­nu Jeff Bridges. Or Mat­tie de­vait être la vraie ve­dette du film. Je consi­dé­rais donc que le rôle de­vait être pour une ac­trice che­vron­née. Heu­reu­se­ment, j’ai ra­pi­de­ment été ras­su­ré. Hai­lee est ta­len­tueuse et d’une grande sa­gesse. C’est aus­si une en­fant qui est bien dans sa peau, qui n’est pas pres­sée d’avoir 25 ans. Pa­ra­doxa­le­ment, quand je dis qu’elle est sage, je veux sur­tout dire qu’elle est très ma­ture pour son âge. J’étais ré­ti­cent au dé­but du tour­nage, mais j’ai été ra­pi­de­ment sou­la­gé et j’ai pris beau­coup de plai­sir à lui don­ner la ré­plique. Et pour cause, Hai­lee in­carne la pe­tite Mat­tie à mer­veille », a conclu Bridges.

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