Mes­rine - L’en­ne­mi pu­blic no. 1 (4) Pa­pa à la chasse aux la­go­pèdes (3)

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

Ce se­cond vo­let du dyp­tique de Jean-François Ri­chet s’ins­crit dans la conti­nui­té du pré­cé­dent. Même par­ti pris pour l’ac­tion au dé­tri­ment de la pro­fon­deur, mêmes ef­fets de style ser­vant à as­su­jet­tir le per­son­nage et son his­toire aux ar­ché­types du po­lar tra­di­tion­nel. Ce­la dit, le pa­ral­lèle for­cé éta­bli entre Mes­rine et les ter­ro­ristes des Bri­gades rouges en Italie, et ceux de la Bande à Baa­der en RFA, reste très su­per­fi­ciel. Réa­li­sé dans les règles du genre, Mes­rine bé­né­fi­cie d’un brillant montage di­la­té qui fait mon­ter la ten­sion dans les mo­ments-clés. Vincent Cas­sel tra­duit bien à l’écran le dé­lire d’un es­prit nar­cis­sique qui s’est mi­ré dans la cou­ver­ture-mé­dia qui lui était consa­crée. Par le biais d’un dis­po­si­tif mi­ni­ma­liste, Robert Mo­rin for­mule une ré­flexion in­tel­li­gente et né­ces­saire sur les dé­rives du ca­pi­ta­lisme et les mé­faits des ban­dits en cra­vate. Bien que cal­qué sur Vincent La­croix, avec un zeste de Jean La­fleur, son pro­ta­go­niste est loin d’être une haïs­sable ca­ri­ca­ture. Au contraire, le per­son­nage ap­pa­raît riche, com­plexe et plu­riel. Il en ré­sulte une oeuvre caus­tique et tendre, aux images nettes et soi­gnées (mal­gré un tour­nage dans des condi­tions cli­ma­tiques ex­trêmes), por­tée à bout de bras par François Pa­pi­neau, qui in­carne presque tous les per­son­nages. Sa per­for­mance, exi­geante, gé­né­reuse, nuan­cée et at­ta­chante, force l’ad­mi­ra­tion.

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