2010 : une an­née du ton­nerre !

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Guy Four­nier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gfour­nier@jour­nalmtl.com

DU TRA­VAIL POUR LES SO­CIO­LOGUES

Les chaînes spé­cia­li­sées : Ca­nal D, qui a eu la bonne idée, fin oc­tobre, de pré­sen­ter le do­cu­men­taire de Ri­chard O’Bar­ry, The Cove, en ver­sion fran­çaise. Un film émou­vant sur le mas­sacre des dau­phins au Ja­pon. Mon émis­sion fé­tiche entre toutes, celle de mon ex, Louise DesChâtelets, Le confi­dent. En­fin une en­tre­vue de fond qu’on n’en­tre­coupe pas de mille pauses pu­bli­ci­taires. L’en­tre­vue avec Syl­vie Fré­chette, c’était du bon­bon.

Du cô­té des États-Unis : Quand je re­garde

FOR­RES­TER DANS NOS MÉ­MOIRES

Les grands dé­parts : il y en a eu plu­sieurs, mais ceux qu’il faut ab­so­lu­ment si­gna­ler − et re­gret­ter un peu − c’est ce­lui de Vir­gi­nie à la SRC, de As the World Turns, à CBS et, à CNN, ce­lui de Lar­ry King Live. En France, dans des cir­cons­tances mal­heu­reuses, Jean-Luc De­la­rue, l’ex­cellent ani­ma­teur de Toute une his­toire, dif­fu­sée aus­si à TV5, a quit­té l’an­tenne et cé­dé sa place.

Les dis­pa­rus : il y en a eu d’autres, mais les dé­cès sui­vants m’ont beau­coup at­tris­té. D’abord, ce­lui de Mau­reen For­res­ter, la plus grande contral­to ca­na­dienne de tous les temps. En plus d’avoir une voix hors du com­mun, Mau­reen avait un hu­mour dé­ca­pant et un grand sens de l’au­to­dé­ri­sion. À 13 ans, la jeune Mont­réa­laise avait quit­té l’école pour s’en­ga­ger comme té­lé­pho­niste à la Bell Telephone afin de suivre des cours de mu­sique et d’ai­der ses pa­rents, qui ti­raient le diable par la queue. Dé­cé­dée aus­si, Es­telle Ca­ron, chan­teuse at­ti­trée des Joyeux Trou­ba­dours, l’émis­sion que syn­to­ni­saient chaque jour, à Ra­dio-Ca­na­da, tous les ra­dio­philes dès 11h30.

Mon ami Ro­ger Jou­bert, ve­dette de Moi et l’autre avec De­nise Fi­lia­trault et Do­mi­nique Mi­chel. En­fin, Do­mi­ni Blythe, l’une des plus grandes co­mé­diennes du pays, dé­cé­dée aux soins pal­lia­tifs de l’hô­pi­tal Notre-Dame de Mon­tréal, le 15 dé­cembre. Même si elle était membre de la Royal Sha­kes­peare Com­pa­ny, c’est dans Oh Cal­cut­ta que je l’ai vue pour la pre­mière fois sur scène, à Londres, en 1971. Elle s’était éta­blie au Ca­na­da l’an­née sui­vante. Nous avons tra­vaillé en­semble pour Mount

LA­DY GA­GA AU TOP

Les tops de l’an­née : je vais peut-être me faire haïr, mais pour moi, les deux ar­tistes les plus spec­ta­cu­laires de 2010 sont le jeune chan­teur on­ta­rien Jus­tin Bie­ber et l’ex­cen­trique La­dy Ga­ga. Une men­tion ho­no­rable à Sa­rah Pa­lin, qui s’est lan­cée en té­lé­réa­li­té, et sa fille, Bris­tol, troi­sième place à Dan­cing With the Stars, mal­gré des per­for­mances chan­ce­lantes.

Les gad­gets de l’an­née : de loin le iPad! L’an der­nier, la plu­part des « connais­seurs » pré­di­saient que le iPad se­rait un échec re­ten­tis­sant et que la com­pa­gnie Apple «man­ge­rait ses bas ».

Grâce à sa ta­blette élec­tro­nique, dont je ne sau­rais me pas­ser, Apple a dé­pas­sé Mi­cro­soft pour de­ve­nir la pre­mière so­cié­té in­for­ma­tique du monde. Ca­deau de Noël fa­vo­ri, on a ven­du plus de 13 mil­lions de ta­blettes iPad, cette an­née.

Une men­tion ho­no­rable aux ap­pa­reils de ra­dio In­ter­net. Pour l’ins­tant, seul Lo­gi­tech en offre un en Amé­rique. En Eu­rope, c’est, pour l’ins­tant, une ex­clu­si­vi­té de Phi­lips. Pe­tites « fo­lies » de 2010 : An­gry Birds, un puzzle vi­déo ven­du à plu­sieurs mil­lions d’exem­plaires et Tom the Tal­king Cat, une ani­ma­tion pour té­lé­phone in­tel­li­gent. Même les gens les plus sé­rieux s’es­claffent de­vant Tom.

Mes voeux les plus chers pour 2011: des té­lé­vi­seurs qu’on peut bran­cher di­rec­te­ment sur In­ter­net sans avoir à pas­ser par l’in­ter­mé­diaire d’une Apple Box ou d’un au-tre gad­get du même type. Bien plus in­té­res­sant qu’un té­lé­vi­seur 3D. En­core de plus en plus d’émis­sions de té­lé ac­ces­sibles sur mon té­lé­phone et un nou­veau colisée pour la ville de Québec afin que re­naisse la ré­jouis­sante ri­va­li­té Qué­becMon­tréal. Bonne an­née 2011!

La té­lé­vi­sion, in­ter­net et l’ère nu­mé­rique ne cessent de m’éton­ner. En 2010, je suis al­lé de coup de coeur en coup de coeur, tous plus ré­jouis­sants les uns que les autres. Je ne peux sa­voir quels ont été les vôtres pour 2010, mais j’ai­me­rais bien par­ta­ger les miens avec vous. Cer­tains sont peut-être aus­si les mêmes que les vôtres. D’autres vous sur­pren­dront sans doute.

Com­men­çons par la té­lé­vi­sion, notre en­fant ché­ri.

Sur nos trois grandes chaînes : à TVA, mes émis­sions fa­vo­rites, en­core cette an­née, ont été Le ban­quier, en par­ti­cu­lier celle qui ho­no­rait la sé­rie Lance et compte, et Dieu mer­ci!. Je ne me lasse ni de l’une ni de l’autre. À la SRC, Les en­fants de la té­lé m’ont sé­duit et je garde un faible pour In­fo­man. Jean-Re­né Du­fort ar­rive en­core à se re­nou­ve­ler. À V, j’ai re­gar­dé Un sou­per presque par­fait avec plai­sir et, de temps à autre, Un gars le soir. Ne fût-ce que pour voir jus­qu’où peut al­ler cet éner­gu­mène de Jean-François Mer­cier.

Chez les an­glo­phones : à la CBC, Bat­tle of the Blades est une for­mi­dable émis­sion de va­rié­tés et, comme pour Du­fort, je ne me fa­tigue pas de Rick Mer­cer. Ni de George Stroum­bou­lo­pou­los, mal­gré son nom à cou­cher de­hors! Je ne suis pas ama­teur de sé­ries po­li­cières, mais Fla­sh­point, à CTV, et Roo­kie Blue, sur Glo­bal, valent toutes les sé­ries amé­ri­caines du genre. Mad Men, j’ai l’im­pres­sion de re­ve­nir à l’époque où, chez Onyx Films, je pro­dui­sais des pubs avec le concours d’An­dré La­my, qui est mort cette an­née. Pour des rai­sons que les so­cio­logues de­vraient ana­ly­ser, Mad Men est de­ve­nu une sé­rie culte. Mais la vé­ri­table ré­vé­la­tion de 2010, c’est Board­walk Em­pire, dif-dif­fu­sée sur HBO, et fa­çon­née par Martin Scor­cese et Te­rence Win­ter d’après le ro­man de Nel­son John­son. Royal, en 1987, sé­rie du­rant la­quelle elle est de­ve­nue amou­reuse de mon col­lègue, le réa­li­sa­teur Jean Beau­din, ce qui ne l’a pas em­pê­ché­ché de conti­nuer de faire car­rière à Strat­ford, au ci­né­ma et à la té­lé. Elle a par­ta­gé la vie de Jean jus­qu’à la fin.

Le ban­quier, à TVA, a en­core une fois été une de mes émis­sions pré­fé­rées.

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