POURL’AMOURDELAMUSIQUE

Si les mots «La ga­gnante du Gram­my, Tia Car­rere» sonnent étranges à vos oreilles, c’est cor­rect. C’était un peu bi­zarre pour elle aus­si.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Darryl Ster­dan Agence QMI

«Je me di­sais… Je ne suis pas digne de ça! Je ne suis pas digne de ça!», dé­clare l’an­cienne ve­dette du film Wayne’s World qui, au­jourd’hui âgée de 43 ans, a rap­por­té chez elle une sta­tuette pour son CD Ike­na, en 2009. « J’ai conser­vé le Gram­my dans une boîte, sous mon se­cré­taire pen­dant long­temps. J’avais même une pho­bie le concer­nant. »

Mais plus main­te­nant. Au­jourd’hui, être en no­mi­na­tion pour un Gram­my est de­ve­nue cou­tume pour Car­rere. Elle vient d’ob­te­nir sa qua­trième no­mi­na­tion en au­tant d’an­née.

Main­te­nant, cette na­tive d’Oa­hu est une chan­teuse ha­waiienne qui, à la fois, rou­coule des airs re­laxants des îles et re­tra­vaille des clas­siques avec son par­te­naire mu­si­cal de longue date, Da­niel Ho.

Leur qua­trième col­la­bo­ra­tion, Hua­na Ke Alo­ha ( L’Amour dé­borde), est en no­mi­na­tion pour le meilleur en­re­gis­tre­ment dans la ca­té­go­rie Mu­sique ha­waiienne lors de la 53e édi­tion de re­mise des Gram­mys, le 13 fé­vrier.

Vous êtes une ve­dette de la scène mu­si­cale ha­waiienne main­te­nant. Est-ce au­tant sur­réa­liste pour vous que ce l’est pour d’autres?

J’ai eu un suc­cès double pla­tine pour mon ma­té­riel dans Wayne’s World. Alors, j’ai un conte­nu di­ver­si­fié. Mais vous sa­vez, je suis une chan­teuse. C’est mon pre­mier et plus grand amour. J’ai tou­jours vou­lu chan­ter. La mu­sique, c’est ma vie.

Alors pour­quoi êtes-vous de­ve­nue ac­trice?

C’était par plai­sir. Ça m’était fa­cile. On m’a dé­cou­verte dans une épi­ce­rie et c’est ain­si que j’ai dé­cro­ché mon pre­mier rôle dans un film. Six mois après mon ar­ri­vée à Los An­geles, j’ai ob­te­nu un rôle dans une conti­nui­té. Les rôles m’ont été pro­po­sés pen­dant les 20 an­nées qui ont sui­vi. Mais j’ai tou­jours conti­nué d’écrire de la mu­sique et de réa­li­ser des dé­mos. Je pos­sède des coffres rem­plis de dé­mos, in­cluant des trucs que j’ai faits avec Da­niel. Pen­dant long­temps, j’étais oc­cu­pée en tant qu’ac­trice alors qu’il était plon­gé dans sa mu­sique. C’est lors­qu’on m’a de­man­dé de chan­ter pour un concert­bé­né­fice que nous nous sommes réunis de nou­veau. Ce fut tel­le­ment plai­sant que nous avons dé­ci­dé de faire un al­bum. Nous sommes re­tour­nés à nos ori­gines avec la mu­sique ha­waiienne sur la­quelle nous avons gran­di.

Cet al­bum n’est pas ce à quoi on peut s’at­tendre de la mu­sique ha­waiienne...

C’est presque du Nou­vel Âge, c’est presque du clas­sique, c’est presque des ber­ceuses. C’est fa­mi­lier, mais c’est aus­si un contraste. Nous ne nous re­strei­gnons pas dans les no­tions pré-éta­blies de ce qu’est la mu­sique ha­waiienne. Nous créons de la nou­velle mu­sique contem­po­raine ha­waiienne, quelques fois avec une base clas­sique, par­fois avec des in­fluences jazz et des fois avec un uku­lé­lé, qui est un ins­tru­ment plus tra­di­tion­nel.

Ai­mez-vous mieux chan­ter ou être ac­trice?

Chan­ter. J’adore chan­ter. Rien au monde me rend plus heu­reuse. De nom­breuses ac­trices asia­tiques au­raient pu jouer les rôles que j’ai in­ter­pré­tés, mais per­sonne ne peut chan­ter comme moi.

Sou­hai­te­riez-vous élar­gir votre ré­per­toire au-de­là de la mu­sique ha­waiienne?

Je crois que mon pro­chain al­bum au­ra des ac­cents de jazz. J’ai­me­rais re­joindre plus de gens parce que le mar­ché ha­waiien est très pe­tit. J’aime beau­coup la mu­sique et ce que nous avons fait, mais j’ai­me­rais mon­ter sur scène et être en me­sure de chan­ter mon ma­té­riel ha­waiien, du jazz et de la mu­sique nor­male.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.