NI­CO­LAS CAGE RÉA­LISE UN RÊVE D’EN­FANT

Tour­né en Au­triche et en Hon­grie, La sor­cière noire a été l’oc­ca­sion pour Ni­co­las Cage d’ex­plo­rer, avec son vieux com­plice Do­mi­nic Se­na, la vie d’un croi­sé au temps de la peste noire.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie Agence QMI

No­vembre 2008, les Alpes au­tri­chiennes. Nous sommes dans le « mas­sif Mort », aus­si ap­pe­lé Totes Ge­birge. L’équipe de pro­duc­tion s’af­faire sous la neige, la grêle et le vent alors que la tem­pé­ra­ture tombe à -18 °C.

« Dès qu’un orage se pré­pare, je me sens fé­brile », ex­plique Ni­co­las Cage, pré­sen­tant le long mé­trage. « Cette at­mo­sphère dra­ma­tique in­fu­sait une émo­tion bien réelle à l’his­toire et m’a fait me sen­tir en­core plus proche du scé­na­rio. »

Che­va­lier re­ve­nant des croi­sades avec son fi­dèle com­pa­gnon Fel­son (Ron Perl­man), Beh­men re­trouve son pays d’Eu­rope cen­trale dé­ci­mé par une épi­dé­mie de peste noire.

Un car­di­nal leur de­mande alors de li­vrer une jeune fille (Claire Foy), soup­çon­née d’être une sor­cière res­pon­sable de la ma­la­die, à l’ab­baye de Sévérac afin que ses pou­voirs soient anéan­tis. En che­min, Beh­men et ses cinq co­équi­piers réa­lisent qu’ils ont af­faire à quelque chose qui les dé­passe.

TOUT PE­TIT DÉ­JÀ...

« J’aime à pen­ser à Beh­men comme à un pen­seur ra­di­cal dans ce XIVe siècle. C’est un ico­no­claste et un prêtre sol­dat dou­blé d’un in­tel­lec­tuel », pré­cise Cage, qui re­trouve ici Do­mi­nic Se­na, avec qui il avait dé­jà tra­vaillé pour Par­tis en soixante se­condes.

Pour l’époque, Beh­men est un ré­vo­lu­tion­naire. Fa­ti­gué des mas­sacres des croi­sades, s’il croit en­core en Dieu, il re­jette néan­moins l’Église; une at­ti­tude qui, si elle était connue, pour­rait lui va­loir le bû­cher.

« Une scène, no­tam­ment, illustre ce­la : il tue une jeune fille turque et a alors une illu­mi­na­tion. Il se sent uti­li­sé et a l’im­pres­sion de ne pas faire le tra­vail que Dieu at­tend de lui », pré­cise le co­mé­dien.

Si on est loin du rôle de Bal­tha­zar Blake dans L’ap­pren­ti sor­cier, sor­ti en juillet der­nier, Ni­co­las Cage ne cache pas sa fas­ci­na­tion de cette époque.

Tout pe­tit, l’ac­teur ne rê­vait que d’une chose : être che­va­lier. « Quand j’avais cinq ou six ans, mon père m’a construit un châ­teau fort en bois au fond du jar­din. J’y pas­sais des jour­nées en­tières à ima­gi­ner quan­ti­té d’ex­ploits hé­roïques et c’est ain­si que je me suis in­té­res­sé aux che­va­liers, aux dra­gons et à l’his­toire de cette pé­riode. »

Qu’on ne s’y trompe pas, Ni­co­las Cage a ado­ré chaque étape de la pro­duc­tion, de son en­traî­ne­ment qua­si mi­li­taire − sept heures par jour − pour ap­prendre à mon­ter à che­val, à des sé­quences avec des loups ou à des cas­cades d’im­por­tance!

« Do­mi­nic [Se­na] a été une source d’éner­gie in­croyable pour nous tous », ajoute-t-il. « L’une de ses plus grandes qua­li­tés [de réa­li­sa­teur] est qu’il donne aux ac­teurs un sen­ti­ment de bon­heur. Il nous a for­ti­fiés. »

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