Sec­tion tou­risme

Par­tout où les sens se portent, il n’y a que beau­té. L’eau des la­gons ex­hibe tous les bleus et les tous les verts lu­mi­neux pos­sibles. L’air est char­gé du par­fum de fleurs exo­tiques.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle La­flamme Agence QMI

Dans la mer cris­tal­line, les pois­sons exo­tiques dé­filent en un bal­let chan­geant. Des pois­sons pi­cas­so aux lèvres rouges et des de­moi­selles bleues à queue jaune se dis­putent un mor­ceau de co­rail, sous l’oeil at­ten­tif des ser­gents-ma­jors chi­nois zé­brés. Voi­ci une raie léo­pard qui se dé­place gra­cieu­se­ment en ca­res­sant le sable clair.

Ta­hi­ti. C’est sou­vent le rêve d’une vie. On pour­rait croire que sa ré­pu­ta­tion est sur­faite; mais non, Ta­hi­ti et, sur­tout, son ar­chi­pel sont plus grands que na­ture. Ils sont le rêve.

La Po­ly­né­sie fran­çaise se com­pose de 118 îles ré­par­ties sur un ter­ri­toire aus­si grand que l’Eu­rope. Elles sont si­tuées en plein coeur du Pa­ci­fique Sud, éta­lées ent- re l’Équa­teur et le tro­pique du Ca­pri­corne, à mi-dis­tance entre le Chili et l’Aus­tra­lie. J’ai eu le bon­heur de vi­si­ter plu­sieurs d’entre elles, dont cer­taines com­posent ce qu’on ap­pelle jo­li­ment îles du Vent et îles Sous le Vent, dont fait par­tie Bo­ra Bo­ra.

Toutes les îles de Po­ly­né­sie sont nées d’érup­tions vol­ca­niques. Elles se ré­par­tissent en îles hautes ou en atolls. Les îles hautes ont la forme de mon­tagnes po­sées à la sur­face de l’océan. Les atolls sont com­po­sés d’une couronne co­ral­lienne qu’on ap­pelle ré­cif-bar­rière. Au centre s’étend le la­gon. Le la­gon est peu pro­fond, calme, d’un bleu tur­quoise, et hé­berge un mi­lieu aqua­tique ex­tra­or­di­naire.

On ar­rive à Ta­hi­ti de Los An­geles. Avant l’em­bar­que­ment, on vous of­fri­ra une fleur de tia­ré. Cette fleur blanche odo­rante est l’em­blème de la Po­ly­né­sie. Dès qu’on monte à bord de l’avion d’Air Ta­hi­ti Nui, on est dé­jà dans quelque chose de dif­fé­rent. L’air est par­fu­mé de tia­ré. Le bleu et le tur­quoise des tis­sus rap­pellent les teintes des la­gons. On vous parle fran­çais; le fran­çais est l’une des langues of­fi­cielles du pays.

PAR­FUM DE FLEURS

Par­tout où vous irez sur les îles, vous re­mar­que­rez la pré­sence de fleurs fraîches. Dans les chambres d’hô­tel, sur les tables des res­tau­rants, sur les ser­viettes, dans les toilettes pu­bliques. À votre ar­ri­vée à l’hô­tel, on vous met­tra avec gen­tillesse un col­lier de fleurs au­tour du cou. Vé­ri­tables ob­jets de joie, de par­fum et de cou­leurs, sym­boles d’ac­cueil, ces col­liers sont faits de fleurs d’hi­bis­cus, de tia­ré, de fran­gi­pa­nier et de jas­min. Dans l’air flotte aus­si un par­fum en­ivrant de va­nille, la meilleure du monde, celle de Ta­haa, dont il ne faut pas se gê­ner de faire pro­vi­sion pour en rap­por­ter chez soi.

Tout au long de ce sé­jour, vous pas­se­rez d’une île à l’autre, en un pur ra­vis­se­ment. On prend l’avion par­fois que pour quelques mi­nutes. La vue sur les îles est spec­ta­cu­laire. Les mon­tagnes ac­ci­den­tées ac­cro­chées aux nuages, le blanc de la bar­rière de co­rail, les sables roses, toutes les to­na­li­tés des bleus du Pa­ci­fique se mêlent aux tur­quoises lu­mi­neux des la­gons. Tout ce­la tient dans un simple hu­blot. D’autres fois, on s’y rend en ba­teau ou par les deux moyens de trans­port; mais presque chaque fois, on fait un bout de che­min par voie d’eau.

Ta­hi­ti est l’île où le voyage dé­bute. Quand nous ar­ri­vons, c’est di­manche, à Pa­peete, ca­pi­tale de la Po­ly­né­sie fran­çaise. Les femmes ta­hi­tiennes portent des cha­peaux de paille fleu­ris. Les églises sont pleines. De ma­gni­fiques can­tiques qu’on ap­pelle hi­mene dé­bordent des églises. Gé­né­ra­le­ment, on ne reste que quelques jours à Pa­peete. Le temps de s’ac­cli­ma­ter.

En ce di­manche, nous nous di­ri­geons sur le che­min de la côte sau­vage. Un tout pe­tit ru­ban de bi­tume en­cercle chaque île. Il consti­tue pra­ti­que­ment la seule voie ou­verte. Les em­bruns ma­rins bai­gnés du so­leil de fin d’après-mi­di créent un voile le long des routes. La lu­mière est ca­res­sante. Des fa­milles et des en­fants jouent dans le sable. Che­veux épars au vent, les femmes sont belles. La vie semble douce.

Le long de la route, des mas­sifs ro­cheux font place aux cailloux noirs, ovales et pa­ti­nés, puis à un sable noir. On dit que ces cailloux sont por­teurs du ma­na, de l’éner­gie spi­ri­tuelle de l’île. Le peuple po­ly­né­sien a une his­toire riche. Plu­sieurs ves­tiges ar-

chéo­lo­giques datent de l’époque pré­eu­ro­péenne. Leur culture est dis­tincte et unique. Les Po­ly­né­siens sont l’âme de la beau­té de ces îles, par leur fier­té, leur sa­voir-faire, leur créa­ti­vi­té, leur gen­tillesse sin­cère.

En­suite, vient l’heu­reux mo­ment du dé­part vers d’autres îles. Gé­né­ra­le­ment, on se di­rige vers Moo­rea : l’île en forme de coeur, telle une carte pos­tale avec ses eaux cris­tal­lines et ses mon­tagnes dé­chi­que­tées.

À Moo­rea, plu­sieurs types d’hé­ber­ge­ment sont pos­sibles, comme c’est le cas ailleurs en Po­ly­né­sie. Les plus spec­ta­cu­laires sont do­tés d’un jar­din et d’une pe­tite pis­cine pri­vée, mais les plus mé­mo­rables sont les bun­ga­lows sur pi­lo­tis. Plu­sieurs dis­posent d’une table en verre en­cas­trée dans le plan­cher que l’on peut sou­le­ver pour don­ner à man­ger aux pois­sons. Elle se trouve sou­vent au pied du lit et, le soir ve­nu, on peut, si on le dé­sire, éclai­rer les fonds ma­rins en­vi­ron­nants.

La nuit, le long des quais, on voit de pe­tits requins ag­glu­ti­nés au­tour des pi­lo­tis éclai­rés. Le ciel se rem­plit d’étoiles. On n’en­tend que le lé­ger cla­po­tis de l’eau sur le bois et, au loin, le bruit sourd des vagues qui se cassent sur la bar­rière de co­rail. On est au mi­lieu de l’océan Pa­ci­fique et on est comme pro­té­gé de tout, même de la ci­vi­li­sa­tion. On ne pense même pas à al­lu­mer la té­lé. Per­sonne ne marche le nez dans son té­lé­phone. On ou­blie son or­di­na­teur. Le soir, on a en­vie de se re­po­ser.

Tout parle d’amour. Quand le so­leil se couche, de mon bun­ga­low sur pi­lo­tis, je vois de jeunes amants tra­ver­ser une par­tie du la­gon main dans la main et cou­rir vers de grands co­co­tiers. Ils s’em­brassent, puis ils tombent sur le sable dans un même rire et, heu­reux, re­tournent dans l’île. L’image est sur­réa­liste, tel­le­ment le cadre est beau. De là, dis­pa­raissent le so­leil, les amants et les cou­leurs. L’île pa­ra­di­siaque de­vient rose, puis grise.

PHOTOS ISABELLE LA­FLAMME

1. à 3. Confor­tables et exo­tiques, les bun­ga­lows sur pi­lo­tis sont en quelque sorte la marque de com­merce de Ta­hi­ti et des îles de la Po­ly­né­sie fran­çaise. 4. Les fleurs tro­pi­cales, co­lo­rées et odo­rantes, abondent dans les îles de la Po­ly­né­sie. 5. Im­pos­sible de ne pas se lais­ser al­ler à re­laxer dans les beaux hô­tels de la Po­ly­né­sie.

1

4

5

2

3

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.