Re­tour à la nor­male

Au re­tour de Fêtes, la nor­ma­li­té se mange froid (froid comme dans dinde froide), le che­veu hir­sute, la barbe longue et les traits ti­rés.

Le Journal de Quebec - Weekend - - SAVEURS - Claude Langlois

les

vins

Pour ajou­ter à la mo­ro­si­té gé­né­rale du len­de­main de veille, la TVQ a aug­men­té, le prix de l’es­sence aus­si, tout comme ce­lui du mé­tro et des au­to­bus, sans par­ler du prix du vin, la SAQ ayant dé­ci­dé, comme vous le sa­vez sans doute dé­jà, d’aug­men­ter sa marge bé­né­fi­ciaire à comp­ter du 2 fé­vrier. Bref, ce n’est pas le mo­ment de son­ner à la porte pour me vendre des sty­los ou des ta­blettes de cho­co­lat. Même pas pour me par­ler de Jé­sus. Je suis d’hu­meur mas­sa­crante. Sur­tout que j’avais pris la ré­so­lu­tion de ré­duire mon train de vie, le­quel pei­nait dé­jà à en­trer en gare à chaque fin de mois. Non, je ne pré­vois pas ache­ter les bor­deaux 2010 en pri­meur au prin­temps, aus­si grand que s’an­nonce le millésime. Ce n’est pas une blague. J’étais jus­te­ment à Bor­deaux en no­vembre et de l’avis gé­né­ral, 2010 se­ra au moins aus­si grand si­non plus grand en­core que 2009, lui-même dé­jà ex­cep­tion­nel comme on le sait. « On n’ose pas le dire, les gens ne nous croi­ront pas », di­sait un pro­duc­teur à un jour­nal fran­çais. Je n’en achè­te­rai pas– mais ça fait long­temps de toute fa­çon — parce que je n’en ai plus les moyens. À ce pro­pos, la Re­vue du vin de France, qui a ana­ly­sé dans son nu­mé­ro de no­vembre les prix de sor­tie des vins en pri­meur des grands bor­deaux entre 1982 et 2009, en ar­rive à la conclu­sion qu’ils ont aug­men­té de 952 %, alors que l’in­fla­tion au cours de cette pé­riode était de 148 %. Ça m’a fait pen­ser aux 20 $ dans une en­ve­loppe que je re­ce­vais en ca­deau de ma grand­mère quand j’étais ado­les­cent. En sui­vant la courbe des grands bor­deaux, c’est 210 $ que ma grand-mère de­vrait me don­ner au­jourd’hui. À bien y pen­ser, c’est à peu près ce que beau­coup de pa­rents donnent au­jourd’hui en ca­deau à leurs grands ados. Et sou­vent plus en­core, puis­qu’un iPod Touch coûte 250 $. Jus­te­ment, si vous avez re­çu 210 $ dans une en­ve­loppe à Noël, voi­ci quelques sug­ges­tions pour les dé­pen­ser.

LIVRES

Le Grand La­rousse du vin, Édi­tions La­rousse, 69,95 $ : un très bel ou­vrage, ma­gni­fi­que­ment re­lié et illus­tré, qui fait le tour com­plet de la ques­tion. De­puis l’ori­gine du vin, la culture de la vigne, la vi­ni­fi­ca­tion, jus­qu’à l’achat de vin, la dé­gus­ta- tion,tion, le ser­vice, sa conser­va­tion, etc. On y fait aus­si le tour des grands vi­gnobles du monde du vin, en met­tant sur­tout l’ac­cent évi­dem­ment sur les vins fran­çais aux­quels on consacre près de 200 pages. Hé­las, l’Italie n’a droit qu’à 15 pages, les États-Unis et le Ca­na­da, à 10 pages, l’Aus­tra­lie et la Nou­velle-Zé­lande, à 5 pages... N’em­pêche, ça de­meure tout de même un ou­vrage de ré­fé­rence de pre­mier plan.

L’École de la dé­gus­ta­tion — Le vin en 100

le­çons, Ha­chette pra­tique, Pierre Ca­sa­mayor, 39,95 $ : il s’agit ici d’une re­mise à jour d’un ou­vrage pu­blié pour la pre­mière fois en 1998. Pierre Ca­sa­mayor est un oe­no­logue fran­çais bien connu qui a dé­jà si­gné plu­sieurs livres sur le vin. Ce­lui-ci, comme son nom l’in­dique, a pour but d’en­sei­gner les tech­niques de la dé­gus­ta­tion, en dé­bor­dant sur la connais­sance des cé­pages, des ter­roirs et des prin­ci­paux crus fran­çais, y com­pris — quoique plus briè­ve­ment — des prin­ci­paux vins du monde. Une sec­tion est aus­si ré­ser­vée à la dé­gus­ta­tion des eaux-de-vie.

VINS

Pour fi­nir, voi­ci quelques vins pour la se­maine. To­ka­ji 2008, Fur­mint, Châ­teau Pa­j­zos (13,05 $) : un beau blanc vi­brant de mi­né­ra­li­té fait avec le cé­page hon­grois fur­mint, avec de belles notes de pomme et un moel­leux en mi­lieu de bouche qui donne une im­pres­sion de dou­ceur (ac­cents miel­lés), mais le vin est sec en fi­nal, frais et cro­quant. Ori­gi­nal et très in­té­res­sant. Rio Al­bo 2009, Val­po­li­cel­la, Ca’ Ru­gate (16 $) : lé­ger et char­meur, tout plein de fruit, souple et ra­fraî­chis­sant, c’est un vin qui coule de source, un pre­mier verre en com­man­dant ab­so­lu­ment un deuxième. C.M.S. 2008, Co­lum­bia Val­ley, Hedges Fa­mi­ly Es­tate (18,55 $) : C.M.S., c’est pour ca­ber­net sau­vi­gnon, mer­lot et sy­rah. Jo­li nez de pe­tits fruits bien mûrs, bouche ronde et souple, des tan­nins fermes, le vin est moins boi­sé qu’il ne le fut dans de pré­cé­dents mil­lé­simes et gagne en charme et en plai­sir. Pi­not Noir San­ta Bar­ba­ra 2009, Ca­li­for­nia, San­ta Bar­ba­ra Wine Com­pa­ny (21,15 $) : bien ty­pé pi­not noir, avec une note cho­co­la­tée, va­nillée et boi­sée, le fruit est gé­né­reux, à la ca­li­for­nienne. Les ama­teurs du genre ado­re­ront.

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