CROQUER DANS LA VIE DES FRUITS DÉ­FEN­DUS…

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

QUE RE­PRÉ­SENTE CET AL­BUM POUR VOUS?

Cet al­bum est l’ac­com­plis­se­ment des 18 der­nières an­nées de ma vie que j’ai pas­sées à bû­cher très fort. J’ai tra­vaillé si long­temps dans des bars où le va­carme, les bruits d’éclats de verre et de rire pre­naient toute la place; main­te­nant, ça me donne des ailes de réa­li­ser qu’il y a des gens qui aiment ma mu­sique et qui at­tendent la sor­tie de mon al­bum. Évi­dem­ment, toutes mes ex­pé­riences du pas­sé m’ont ser­vi à for­ger la Bri­gitte que je suis au­jourd’hui et, hon­nê­te­ment, si j’avais à re­com­men­cer, je crois que je re­fe­rais tout de la même fa­çon. Entre faire des beignes de nuit et des amé­na­ge­ments pay­sa­gers de jour, j’ai choi­si la chan­son! Bien que j’ai eu bien du fun dans ces deux pre­miers em­plois! Ha­ha­ha! Cet al­bum, c’est moi avec un pe­tit peu de tous ceux qui ont été pla­cés sur mon che­min : c’est pour ça que je l’aime tel­le­ment!

QUEL EST VOTRE PLUS GRAND DÉ­FI?

Mon plus grand dé­fi est de­vant moi : RES­TER. Je suis très consciente que le mi­lieu de la mu­sique évo­lue à pas de géant, que ça va vite et qu’il faut tra­vailler très fort. Ça ne me fait pas peur et, au contraire, Mi­chelle, je te di­rais que ça me mo­tive à al­ler plus loin. Si nous sommes en­core dans quelques an­nées en­semble en train de par­ler de mes pro­jets, pour moi, ce se­ra vrai­ment un dé­fi ac­com­pli. Le dé­fi de taille éga­le­ment était de trou­ver ma cou­leur pour me DIF­FÉ­REN­CIER. Je dois vrai­ment sou­li­gner le tra­vail in­croyable du réa­li­sa­teur de mon al­bum, Fran­cis Col­lard, qui est un vrai gé­nie, mais éga­le­ment des au­teurs Nel­son Min­ville et Da­vid Ri­chard, qui ont tous les trois pris le temps de me connaître, de dé­cou­vrir mon uni­vers, d’écrire et de com­po­ser pour moi douze pièces ma­giques. Le point mar­quant de mon aven­ture de créa­tion a été la ren­contre avec Mo­mo, Cri­la et Sé­bas­tien: une équipe de créa­tifs com­plè­te­ment fous qui ont dé­ve­lop­pé une image pour mon vi­déo­clip et ma po­chette qui me collent vrai­ment à la peau. Je crois vrai­ment que le dé­fi de me dif­fé­ren­cier je suis en train de le réa­li­ser.

QUE TROU­VEZ-VOUS LE PLUS DIF­FI­CILE DE CE MÉ­TIER?

Je trouve dif­fi­cile par­fois d’avoir à par­ler de ma vie pri­vée. Je suis consciente que ça fait par­tie du mé­tier, que ça fait plai­sir aux gens de me dé­cou­vrir et je sais aus­si que j’ai par­ti­ci­pé à une té­lé­réa­li­té, mais j’ai ce pe­tit cô­té sau­vage en moi qui n’est ja­mais tout à fait à l’aise de dé­voi­ler mes pe­tites af­faires qui sont à mes yeux tel­le­ment or­di­naires et pas plus in­té­res­santes que celles des autres.

POUR­QUOI PER­SIS­TER?

Pour­quoi vivre? Je per­siste, car je suis heu­reuse à chan­ter et que je suis au bon en­droit au bon mo­ment, je crois. J’ai ar­rê­té il y a quelques an­nées de chan­ter pen­dant un court mo­ment et ma mère m’a as­sise et m’a dit avec toute son hon­nê­te­té que j’avais chan­gé, que j’étais moins lu­mi­neuse, que je de­ve­nais une per­sonne terne et j’ai com­pris pour­quoi: la chan­son ne fai­sait plus par­tie de mon quo­ti­dien. À par­tir de ce jour-là, je me suis fait la pro­messe de tou­jours me re­trous­ser les manches, d’y croire, d’avan­cer len­te­ment s’il le faut, mais d’avan­cer sans m’ar­rê­ter. Je suis une fille qui va au bout de tout! Je n’ai peur de rien, la vie est beau­coup trop courte, j’y croque à pleines dents comme dans un fruit dé­fen­du.

QUELS SONT VOS MO­DÈLES?

Mon mo­dèle de vie, c’est ma mère. Je rêve de m’épa­nouir tou­jours comme elle, de mordre dans la vie, d’être heu­reuse et d’al­ler au bout de ce qui me pas­sionne. Si tu me poses la ques­tion, quels sont mes mo­dèles mu­si­caux, tu vas rire. Je suis une es­pèce de mé­lange entre El­vis Pres­ley que le pe­tit cô­té gar­çon en moi imi­tait toute jeune. D’ailleurs, cette époque me fas­ci­nait et on y re­trouve plu­sieurs in­fluences dans ma mu­sique et dans mon style ves­ti­men­taire. Dol­ly Par­ton me fas­ci­nait tel­le­ment par son cô­té si co­quine. Plus tard, Ti­na Tur­ner m’a com­plè­te­ment ren­ver­sée et ins­pi­rée. Je crois qu’il y a un drôle de mé­lange de tout ça dans mon mo­dèle et dans ma mu­sique.

ON SE RE­VOIT DANS UN AN... VOUS ES­PÉ­REZ QUOI?

J’es­père avoir pré­sen­té mon al­bum dans les quatre coins de la pro­vince, avoir pris le temps de ren­con­trer les gens et de me faire re­dé­cou­vrir.

QUI EST BRI­GITTE BOIS­JO­LI?

Une fille simple, dé­bor­dante d’éner­gie et de va­leurs pro­fondes, une fille qui aime à pleins pou­mons, une fille avec un coeur d’en­fant très pré­sent, une ri­ca­neuse. Je suis une fille qui carbure à l’adré­na­line. Je suis une fille qui a soif de li­ber­té. Je suis une fille qui tire son bon­heur à se dé­fon­cer sur scène, mais aus­si à se rou­ler dans la pe­louse à la cam­pagne... avec mon chien sau­cisse Vir­gule.

C’EST QUOI RÉUS­SIR VOTRE CAR­RIÈRE POUR VOUS?

Réus­sir, c’est sim­ple­ment faire ce que j’aime. C’est cer­tain que je rêve d’une grande car­rière, mais ça va peut-être vous éton­ner, mais même si ça n’ar­ri­vait pas, je se­rais heu­reuse quand même à

chan­ter ailleurs que sur des scènes de­vant des mil­liers de per­sonnes. À 28 ans, je sais que je ne suis pas qu’une chan­teuse, mais je suis plein de choses à la fois qui font de ma vie un vrai bon­heur.

QUE RE­TE­NEZ-VOUS DES EX­PÉ­RIENCES PAS­SÉES COMME STAR ACA­DÉ­MIE?

De mon aven­ture à Star Aca­dé­mie, j’en re­tiens tel­le­ment de grands ap­pren­tis­sages avec des pro­fes­sion­nels, entre autres com­ment bien mar­cher avec une robe courte et trop étroite! Ha­ha­ha! Plus sé­rieu­se­ment, j’ai ado­ré cette aven­ture, je m’y suis prê­tée en­tiè­re­ment et j’ai ap­pris beau­coup pro­fes­sion­nel­le­ment, mais éga­le­ment hu­mai­ne­ment.

LA ROUTE NE FUT PAS FA­CILE POUR VOUS, VOUS LE DITES VOUS-MÊME. OÙ TROU­VEZ-VOUS LA FORCE DE CONTI­NUER?

Je ne pense pas que la route est fa­cile pour une ma­jo­ri­té de gens. Nous avons tous à faire face aux dif­fé­rents obs­tacles de la vie. Je pense vrai­ment que l’on se dif­fé­ren­cie des autres par notre cou­rage et par l’es­poir. Il faut tra­vailler, tra­vailler, tra­vailler et ne ja­mais rien prendre pour ac­quis.

CET AL­BUM VOUS DÉ­FI­NIT DE QUELLE MA­NIÈRE, COM­MENT MIEUX LE DÉ­CRIRE?

J’ai te­nu entre mes mains mon al­bum pour la pre­mière fois la se­maine der­nière et j’ai res­sen­ti une si grande fier­té que j’en ai pleu­ré. C’est le fruit de tous mes ef­forts et ça de­mande beau­coup d’hu­mi­li­té de li­vrer ses tripes comme ça à tout le monde. L’al­bum est à mes cou­leurs, il vé­hi­cule toutes mes va­leurs: la joie, l’amour, la li­ber­té, la lé­gè­re­té, la sen­si­bi­li­té, l’ima­gi­na­tion… Je l’écoute sur la route dans mon Jeep et je chante à tue-tête. Si un jour je vois quel­qu’un faire pa­reil, je pense que je l’ar­rête pour lui payer un verre. Rap­pe­lons que Bri­gitte Bois­jo­li a par­ti­ci­pé à la tour­née de Boom Des­jar­dins en 2010, à l’hom­mage à Mi­chel Fu­gain avec Le nou­veau Big Ba­zar, qui se­ra pré­sen­té par­tout au Québec jus­qu’en mai 2011. Fruits dé­fen­dus pa­raît le 18 jan­vier et est en vente nu­mé­rique sur le site d’Ar­cham­bault, en ex­clu­si­vi­té dès main­te­nant. Une in­ter­prète qui pour­rait sur­prendre en 2011.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.