L’IMAGE D’UN PÈRE...

Il a ai­dé Guy­laine Trem­blay à sur­mon­ter la dou­leur de perdre son en­fant dans Trois temps après la mort d’An­na, a joué un père anéan­ti par le dé­cès de son fils dans Route 132 et voi­là qu’il meurt dans Une vie qui com­mence. Tout ce­la dans un in­ter­valle de s

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger cedric.be­lan­ger@jour­nal­de­que­bec.com

« J’ai fait le tour. Je pense que je me fe­rais une pe­tite comédie », s’es­claffe François Pa­pi­neau.

Dans Une vie qui com­mence, il in­carne Jacques Langevin, un père de fa­mille qui meurt d’une crise car­diaque cau­sée par une consom­ma­tion abu­sive de pilules. Son per­son­nage est di­rec­te­ment ins­pi­ré des sou­ve­nirs que le réa­li­sa­teur Mi­chel Mon­ty a de son propre père, mort de­vant lui alors qu’il n’avait que trois ans.

Comme l’oeuvre s’ins­pire de faits réels, François Pa­pi­neau a pris bien le temps de dis­cu­ter abon­dam­ment avec le ci­néaste avant les pre­miers tours de ma­ni­velle.

« Il m’en a par­lé beau­coup. Mais on n’es- sayait­sayait pas de re­créer exac­te­ment le por­trait de ce père réel, car lui-même, l’image qu’il en avait, c’est à tra­vers les yeux d’un en­fant de trois ans. C’est son pre­mier sou­ve­nir conscient. Tout le reste de sa connais­sance de son père, il l’a ap­pris par d’autres per­sonnes. Pour lui, c’est un per­son­nage re­la­ti­ve­ment fic­tif. Il m’a quand même beau­coup par­ta­gé les connais­sances qu’il avait des com­por­te­ments de cet homme. »

L’EX­CI­TA­TION DE MOU­RIR

L’ac­teur ap­pa­raît dans les vingt pre­mières mi­nutes du film jus­qu’à ce que son per­son­nage suc­combe. Langevin s’écroule de­vant son fils, après avoir titubé dans le cor­ri­dor de la mai­son, scène que Pa­pi­neau qua­li­fie « d’ex­ci­tante » quand on lui de­mande si elle a été dif­fi­cile à jouer.

« Il faut que tu te gar­roches de­dans. Tu ne sais pas exac­te­ment de quoi ça au­ra l’air. C’est sûr que tu as des in­tui­tions. À un mo­ment don­né, tu ac­croches un bout de table, puis tu ac­croches le té­lé­phone. Il y a de l’im­pro­vi­sa­tion. Mais c’est ex­ci­tant de mou­rir au ci­né­ma. Mon gros buzz, c’est ça », lance-t-il, tout en van­tant le tra­vail de Mi­chel Mon­ty à la di­rec­tion d’ac­teurs.

« Mi­chel a fait de la mise en scène et il est donc ca­pable de re­le­ver des en­jeux dans une scène. Comme ac­teur, c’est im­por­tant de sa­voir ce que tu joues, pas seule­ment ce que tu dis, mais ce que tu ne dis pas. Il y avait beau­coup d’ajus­te­ments à faire à me­sure que le tour­nage avan­çait, puis­qu’il y avait des scènes que nous n’avions pas le temps de tour­ner. Il fal­lait donc prendre des par­ties de scène et les re­mettre dans une autre. C’était une es­pèce de montage gra­duel et ça pre­nait donc quel­qu’un d’ex­pé­rience. C’est un pre­mier film, mais pour moi, ça n’a pas l’air d’un pre­mier film. »

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