LE VILAIN

LOS AN­GELES | De­puis qu’il a rem­por­té en 2010 l’os­car du meilleur ac­teur de sou­tien grâce à sa per­for­mance dans Le com­man­do des bâ­tards, Ch­ris­toph Waltz, ori­gi­naire de Vienne, en Au­triche, en­chaîne les rôles dans les plus grandes pro­duc­tions hol­ly­woo­dienn

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Éric Pa­quette Agence QMI

Dans Le fre­lon vert, Ch­ris­toph Waltz in­carne l’ef­froyable Ben­ja­min Chud­nof­sky, chef des or­ga­ni­sa­tions cri­mi­nelles de Los An­geles qui se don­ne­ra pour mis­sion d’éli­mi­ner un nou­veau su­per­hé­ros et son al­lié qui tentent de frei­ner ses ac­ti­vi­tés illé­gales.

De quelle fa­çon avez-vous été in­té­gré à l’équipe du film?

Le tour­nage du film avait dé­jà dé­bu­té lorsque je m’y suis joint. J’ai su que les pro­duc­teurs avaient de­man­dé à Seth Ro­gen de s’écrire un rôle de su­per­hé­ros. C’est quel­qu’un qui s’est construit une car­rière par la force des choses au­tour d’une image de gros our­son. Il est un hu­mo­riste, avec une ex­pé­rience au ci­né­ma consi­dé­rable certes, mais ses ra­cines sont sur la scène. Juste ça, c’est tout un plan, un très bon plan même, et j’ai bien sen­ti leur in­ten­tion de faire un bon film. Alors, quand une ou­ver­ture s’est pré­sen­tée dans mon champ d’ex­per­tise, on m’a convo­qué et j’ai été très at­ti­ré par ces cir­cons­tances.

Par­lant de votre champ d’ex­per­tise, vous jouez en­core une fois un per­son­na- ge an­ta­go­niste. Quel est se­lon vous l’in­gré­dient es­sen­tiel pour jouer un en­ne­mi?

Il n’y a rien de tel pour jouer un cli­ché. Je ne cherche pas à être un vilain. Je suis contre l’idée qu’il doit y avoir ab­so­lu­ment un in­gré­dient es­sen­tiel ou prin­ci­pal. J’ai plu­tôt cher­ché à dé­fi­nir ce qui anime mon per­son­nage, ce qui le pousse à agir de la sorte. Alors il n’y a pas lieu pour les ci­né­philes de po­ser un ver­dict dé­fi­nis­sant le bien et le mal. Pour mon jeu, ce n’est pas vrai­ment per­ti­nent.

Est-ce pos­sible de dé­crire l’état d’es­prit de votre per­son­nage sans dé­voi­ler les élé­ments clés du scé­na­rio?

En fait, je n’aime ja­mais dé­crire les per­son­nages que je joue. Je trouve que c’est dia­mé­tra­le­ment op­po­sé à mon tra­vail d’ac­teur. Je suis sup­po­sé faire quelque chose qui donne un corps au per­son­nage. Je dois mettre l’ac­cent sur son phy­sique plu­tôt que de le dé­crire. Si je le fais, je crois que ce­la di­mi­nue l’ef­fet que je dois avoir au grand écran.

Seth Ro­gen est bien connu pour ses im­pro­vi­sa­tions sur les pla­teaux de tour­nage. Étiez-vous à l’aise avec cette dy­na­mique?

L’im­pro­vi­sa­tion n’est pas pour les ama­teurs. Contrai­re­ment à Seth qui est un ex­cellent im­pro­vi­sa­teur, je n’ai au­cune ex­pé­rience en la ma­tière. Je ne suis pas bon et je n’aime pas ça. J’ai alors dû y ré­flé­chir et m’adap­ter pour m’in­fil­trer dans ce mode d’ex­pres­sion. D’une cer­taine fa­çon, c’était sé­cu­ri­sant. Si je fai­sais quelque chose de tra­vers, j’avais le pré­texte de n’être qu’un ac­teur. Mais ils m’ont beau­coup ai­dé, c’était agréable et je m’y suis plu. C’était un grand chan­ge­ment par rap­port à ce dont j’ai l’ha­bi­tude, et il a fal­lu que je me ré­ajuste. lors de mes films sub­sé­quents.

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