CONVAIN­CANT DANS CHER­CHER LE COU­RANT

— Roy Du­puis

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Québec cedric.be­lan­ger@jour­nal­de­que­bec.com

Fé­ru de sciences, dé­fen­seur des ri­vières et par­ti­san des nou­velles formes d'éner­gies re­nou­ve­lables, Roy Du­puis ne s'est pas fait prier quand Ni­co­las Bois­clair et Alexis de Ghel­dere lui ont pro­po­sé de par­ti­ci­per ac­ti­ve­ment au tour­nage de Cher­cher le cou­rant.

Ce do­cu­men­taire, qui prend l'af­fiche ven­dre­di pro­chain, montre le pé­riple en ca­not des deux réa­li­sa­teurs sur la ri­vière Ro­maine, à l'été 2008, tout juste avant que ne se mette en branle le chan­tier hy­dro­élec­trique d'Hy­dro-Québec.

En pa­ral­lèle, le film pré­sente une sé­rie d'éner­gies vertes et re­nou­ve­lables dont le dé­ve­lop­pe­ment, sou­tiennent les do­cu­men­ta­ristes, se­rait moins dis­pen­dieux que le chan­tier nord-cô­tier éva­lué entre 8 et 10 mil­liards de dol­lars et qui au­ra de dé­sas­treuses consé­quences sur l'éco­sys­tème.

REN­CONTRE SUR L'EAU

Le co­mé­dien a croi­sé les ci­néastes sur la ri­vière, pen­dant leur voyage, alors qu'il s'y ren­dait pour réa­li­ser des tests avec des scien­ti­fiques.

« On sa­vait qu'on al­lait faire par­tie du do­cu- men­taire. Quand ils m'ont dit com­ment ils vou­laient ra­con­ter leur his­toire, je leur ai dit que si j'avais un do­cu­men­taire à faire sur ce su­jet, c'est exac­te­ment comme ça que je le fe­rais. Dans le sens de don­ner les faits, le pour­quoi nous ques­tion­nons de­puis un cer­tain temps le dé­ve­lop­pe­ment éner­gé­tique au Québec, sur­tout l'hy­dro­élec­tri­ci­té », re­late Du­puis, conscient que sa no­to­rié­té pour­rait ser­vir la cause du film.

« C'est la rai­son pour la­quelle je mi­lite. Je lève la main et je peux poin­ter dans une di­rec­tion pour que cer­taines per­sonnes soient en­ten­dues. »

LA SCIENCE

Ce qui ne si­gni­fie pas que Roy Du­puis se dé­fi­nisse comme un « amou­reux de la na­ture », comme le dé­crivent ses dé­trac­teurs, les pro­mo­teurs de ces grands pro­jets.

« Ce qui vient me cher­cher, ce n'est pas le cô­té « ne tou­chons pas aux ri­vières parce qu'elles sont belles », mais plu­tôt le cô­té scien­ti­fique et éco­lo­gique. Ce sont toutes les so­lu­tions de re­change qui m'ont convain­cu. Me faire pas­ser pour un amou­reux de la na­ture, c'est une stra­té­gie qui est uti­li­sée quand nous n'avons pas d'ar­gu­ments contre ce qu'on pro­pose. On tente d'en­le­ver de la cré­di­bi­li­té aux por­teurs de l'in­for­ma­tion. C'est ce qui ex­plique pour­quoi je conti­nue parce que je ne de­mande pas mieux qu'on me convainque du contraire. Mais ça n'ar­rive ja­mais.

« Sou­vent, ils disent qu'on veut re­ve­nir en ar­rière. Alors que c'est l'in­verse. On pro­pose des tech­no­lo­gies qui sont nou­velles, mo­dernes. Leur dis­cours ne semble pas tout à fait hon­nête et c'est pour­quoi je conti­nue. En réa­li­té, ce sont des gens qui ont quelque chose à nous vendre. Ils ont un pro­fit à al­ler cher­cher. Ou des votes. »

DOUBLE PAYE

Au dé­part, le duo de ci­néastes avaient pré­vu com­plé­ter la des­cente de la Ro­maine puis se rendre en Eu­rope, où l'ex­ploi­ta­tion des éner­gies re­nou­ve­lables est bien en selle. Mais le bud­get était li­mi­té et Roy Du­puis leur a pro­po­sé de trou­ver des ex­perts ici, au Québec.

« Comme de fait, nous en avons trou­vé dans cha­cune de ces tech­no­lo­gies. C'est sur­pre­nant, mais c'était agréable ou nour­ris­sant de voir ça. Il y a un en­thou­siasme chez ces gens qui est im­por­tant. En plus de dé­ve­lop­per une nou­velle tech­no­lo­gie, ils savent que c'est bon pour leur com­mu­nau­té. C'est comme une double paye.»

UNE SUITE?

Cher­cher le cou­rant a été pré­sen­té dans quelques fes­ti­vals, de­puis l'au­tomne. Il a no­tam­ment été pro­je­té à Baie-Co­meau et Sept-Îles, où une ova­tion de­bout a conclu le vi­sion­ne­ment. Se­lon ce qu'on a glis­sé à l'oreille du co­mé­dien sur place, les ré­si­dents da Havre-Saint-Pierre au­raient beau­coup dé­chan­té parce que les em­plois ré­mu­né­ra­teurs an­non­cés ne se­raient pas au ren­dez­vous de­puis que le chan­tier est en branle.

« Beau­coup de gens nous ont dit que si on avait pré­sen­té ce film avant les tra­vaux, à Havre-Saint-Pierre, on se se­rait fait huer. Si on le pré­sente au­jourd'hui, la ré­ac­tion se­rait en­core plus po­si­tive que celle qu'on a re­çue à Sept-Îles. Les gens nous ont dit que les em­plois que les gens de Ha­vreSaint-Pierre ont eus, c'était de sor­tir les vi­danges et pas­ser la moppe. Les jobs très payantes viennent toutes de la ville », re­laye Roy Du­puis, qui s'est fait dire que d'autres pro­blèmes in­at­ten­dus se sont poin­tés.

« Tout est plus cher, dont le prix des mai­sons. Il y a des pro­blèmes de gar­de­ries. Bien des gens qui avaient des gar­de­ries tra­vaillent sur le chan­tier. Des gens sont donc obli­gés de dé­mé­na­ger de Ha­vreSaint-Pierre parce qu'il n'y a pas de gar­de­ries.»

Tout ce­la lui donne l'ir­ré­sis­tible de tour­ner une suite à Cher­cher le cou­rant.

«Je pense que ça pour­rait don­ner un autre film sur ce qui se passe pen­dant la construc­tion.»

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.