Huard

dit ce qu’il pense

Le Journal de Quebec - Weekend - - NOUVELLES -

Q Fi­lière 13, votre film, Pa­trick, êtes-vous tan­né qu’on vous parle des mau­vaises cri­tiques? R Oui, ça me tanne, qu’on m’en re­parle, car sans être di­thy­ram­biques, les cri­tiques dans l’en­semble n’ont pas été mau­vaises. Une seule me ci­blait plus di­rec­te­ment, mais les gens ne m’ar­rê­taient pas dans la rue pour me dire que c’était pour­ri. O.K. je le sais je n’ai pas fait Le Par­rain. Je sais très bien ce que je fais. Je n’ai pas be­soin des autres pour me poin­ter mes er­reurs dans di­vers pro­jets. Ça fait 21 ans que je fais ce mé­tier et lorsque je suis as­sis dans une salle de montage, je sais ce qui marche et ce qui ne marche pas. I am not stu­pid. Je suis ca­pable de m’éva­luer et même que lorsque les cri­tiques vantent mon tra­vail, je suis en­core ca­pable de re­con­naître que ce n’était pas si bon que ça. Tout le monde a une opi­nion sur toi. Tu peux de­ve­nir fou à lire et écou­ter tous ces conseils ou ces avis. Je viens de faire la pre­mière page du ma­ga­zine Cha­te­laine, et voi­là qu’on ques­tionne mon choix de por­ter des lu­nettes. Peut-on s’en­tendre sur le fait que ça ne veut rien dire et que ce n’est pas im­por­tant? Q Pour­quoi cer­tains es­saient-ils de te faire une forte ré­pu­ta­tion de gars de par­ty qui a cou­ché avec toute la ville, ou presque, et qui a eu de nom­breuses blondes?

R C’est plate, mais ceux qui me le de­mandent ont sou­vent des vies plus ro­cam­bo­lesques que la mienne. Je trouve ça drôle, mais je pense que j’ai été très clair sur ce point lors de mon der­nier pas­sage à Tout le monde en parle. Je suis tan­né de cette ques­tion bête. Je n’ai pas à jus­ti­fier ou ex­pli­quer ce que j’ai fait avec ma vie. Je re­tiens ce­la d’Yvon Deschamps qui dit ne ja­mais s’être sen­ti obli­gé d’ex­pli­quer ses mo­no­logues. Ça ap­par­tient au monde. Il y en a qui vont ai­mer, d’autres pas. Ca fait par­tie de la game. Je le ré­pète : c’est si peu im­por­tant. QLe

der­nier Bye Bye d’ailleurs s’est mo­qué de votre re­la­tion avec Anik Jean, vous l’avez vu? R Non et en­core, là, je m’en fous. Des amis m’ont ap­pe­lé pour m’en par­ler; mais si c’est un show pour faire rire, di­sons que ce n’était pas su­per bon, puisque per­sonne n’a eu l’air de trou­ver ce­la très drôle. Tou­te­fois, qu’ils aient ap­pa­rem­ment imi­té Ro­ga­tien, ce­la si­gni­fie que mon per­son­nage fait main­te­nant par­tie du folk­lore. QQuelle

est l’his­toire ca­chée der­rière la non-réa­li­sa­tion d’une suite de Bon cop, bad cop? R D’abord, ja­mais je n’aban­don­ne­rai la suite de ce pro­jet, mais je ne peux pas en par­ler, car ce se­rait ou­vrir une canne de vers. Ca ne me tente pas. Je pré­fère me concen­trer sur d’autres pro­jets, pour l’ins­tant. J’ai le pri­vi­lège d’avoir plu­sieurs idées, mais je sais que Bon cop, bad cop, qui m’ap­par­tient, était ex­cel­lente, car on l’a imi­té à maintes re­prises. Les gens ne veulent pas me lais­ser faire, donc je ne peux pas faire la suite. La struc­ture fait en sorte que ce pro­jet est pa­ra­ly­sé pour le mo­ment. QL’ego

Huard, il est gros? R Je n’ai pas ren­con­tré de per­for­mer qui n’avait pas de bons ego ; au­cun ath­lète, au­cun jour­na­liste, au­cun bon chi­rur­gien ; ça vient avec le job. Dans le film, mon per­son­nage de Bastien se trompe, car il ne nour­rit que l’ego; il ne tra­vaille que pour ce­la. Il a pris le che­min fa­cile, mal­heu- reu­se­ment. Dans le film, on voit éga­le­ment Bastien qui doit faire une mas­cotte de hot-dog pour es­sayer de s’en sor­tir. Cette scène, pour moi, a été bou­le­ver­sante. Ça m’a rap­pe­lé que, un jour, sur un pla­teau de tour­nage, un ac­teur-ve­dette avait vu l’un de ses col­lègues de classe de l’École na­tio­nale de théâtre par­mi les fi­gu­rants. C’est un rap­pel à l’ordre qui nous dit à quel point nous sommes chan­ceux d’être là. Juste le tra­vail fait en sorte qu’on reste. QQu’est-

ce qu’être ac­teur? R Pour être ac­teur, il faut être fas­ci­né par les hu­mains et il ne faut ja­mais ju­ger tes per­son­nages, car ça ap­par­tient au pu­blic. QLe

film Funkytown a-t-il été une belle ex­pé­rience? R Très belle. Tour­née à l’été 2009 avec un réa­li­sa­teur for­mi­dable, Da­niel Ro­by. De­puis que je réa­lise des films, je me fais dis­cret sur le pla­teau de tour­nage. Je res­pecte en­core plus la hié­rar­chie d’un pla­teau et je fais en­core plus confiance. Je suis fier de ce film, qui dé­peint une pé­riode im­por­tante de notre his­toire.

› Autres textes en pages 24, 25 et 28 à 31

Mi­chelle Coudé-Lord Le Jour­nal de Mon­tréal

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