RICKY GERVAIS est-il al­lé trop loin?

Au len­de­main des Gol­den Globes Awards, on n’au­rait dû par­ler que de Na­ta­lie Port­man, de Co­lin Firth et des autres ga­gnants im­por­tants de la soi­rée.

Le Journal de Quebec - Weekend - - STARS - Mi­chael Recht­shaf­fen Agence QMI

Mais non : tout le monde com­men­tait plu­tôt la per­for­mance de Ricky Gervais comme ani­ma­teur. Même si sa ré­pu­ta­tion d’hu­mo­riste caus­tique l’avait pré­cé­dé, il a quand même réus­si à in­sul­ter la moi­tié des pré­sen­ta­teurs et une bonne par­tie de l’au­di­toire.

On a com­pris qu’il avait tou­ché ses cibles en voyant la mi­mique de ceux et celles dont il s’était mo­qué : ils n’ont pas sou­ri sur le coup et ils sont res­tés en co­lère pour le reste de la soi­rée. Plu­sieurs de leurs agents ne se sont pas gê­nés pour le faire sa­voir à la Hol­ly­wood Fo­rei­gn Press As­so­cia­tion (qui at­tri­bue les Gol­den Globes).

Cer­tains ar­tistes, comme Tom Hanks, Tim Allen et Robert Dow­ney Jr., ont ma­ni­fes­té leur mé­con­ten­te­ment sur la scène pen­dant la soi­rée.

Ricky Gervais est-il al­lé trop loin di­manche? Nous pen­sons que oui.

En vé­ri­té, ani­mer une cé­ré­mo­nie de re­mise de prix n’est pas une tâche fa­cile. Pour être vrai­ment amu­sant, il faut sa­voir al­ler jus­qu’à la li­mite de ce qui est ac­cep­table.

Si l’on est trop po­li, trop res­pec­tueux, on vous ac­cuse d’être en­nuyeux, comme l’ont ap­pris Jon Ste­wart et El­len DeGe­neres lors­qu’ils ont ani­mé le ga­la des os­cars.

À l’autre ex­trême, être trop mor­dant, comme l’a été Chris Rock en 2005, ferme la porte à l’ani­ma­tion d’autres soi­rées de ga­la.

Pour re­ve­nir à M. Gervais, c’est une chose de dé­co­cher quelques flèches à Char­lie Sheen et Mel Gib­son, dont les ré­centes frasques mé­ritent am­ple­ment d’être ri­di­cu­li­sées.

Mais Robert Dow­ney Jr. et son sé­jour en pri­son il y a dix ans? Voyons Ricky, vous pou­viez faire mieux que ça!

PAS DE QUAR­TIERS

Nous pen­sons avoir com­pris la mo­ti­va­tion der- rière cette ap­proche « pas de quar­tiers ». Avant ce ga­la des Gol­den Globes, la presse hol­ly­woo­dienne avait été cri­ti­quée pour chou­chou­ter cer­taines per­son­na­li­tés, ado­rant Angelina Jo­lie et John­ny Depp, par exemple, qui se­raient par­ti­cu­liè­re­ment ac­ces­sibles.

Puis, juste avant l’évé­ne­ment, une an­cienne firme de pu­bli­ci­té des Gol­den Globes a ac­cu­sé des élec­teurs de la Hol­ly­wood Fo­rei­gn Press As­so­cia­tion d’ac­cep­ter des pots-de-vin en échange de leur vote.

Ricky Gervais était peut-être dé­ter­mi­né à créer une zone an­ti-co­pi­nage où per­sonne ne se­rait épar­gné des plus vi­ru­lentes cri­tiques.

Quoi qu’il en soit, le ré­sul­tat était loin de ce­lui qui était re­cher­ché.

Lun­di, sur son blogue, Gervais a dé­fen­du sa per­for­mance et nié les ru­meurs qu’il ait été pris à par­tie en cou­lisses. Il a nié aus­si qu’on ait li­mi­té son rôle dans les der­nières mi­nutes du ga­la.

Mais on ne peut s’em­pê­cher de sou­rire à la men­tion : « Je suis pas­sé de 80 à 20 de­grés en quelques heures… » Il fai­sait ré­fé­rence à son voyage de re­tour à New York, mais on pou­vait sen­tir la tem­pé­ra­ture bais­ser quand il se trou­vait en­core sur la scène du Be­ver­ly Hil­ton.

Ricky Gervais, un ani­ma­teur cri­ti­qué pour sa pres­ta­tion lors des der­niers Gol­den

Globes. Robert Dow­ney Jr., Tim Allen et Tom Hanks (ici avec son épouse) n’ont pas ap­pré­cié les re­marques hu­mo­ris­tiques de Ricky Gervais di­manche der­nier.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.