DU DIS­CO au goût du jour

Que ce soit à titre de com­po­si­teur ou de né­go­cia­teur dans le but d’ob­te­nir les droits des tubes dis­co des an­nées 1970, le ré­pu­té mu­si­cien Jean Ro­bi­taille peut être consi­dé­ré comme l’ar­chi­tecte mu­si­cal du film Funkytown.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger CEDRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Les deux der­nières an­nées n’ont pas été une par­tie de plai­sir pour ce­lui qui a don­né nais­sance aux thèmes des Jeux olym­piques de 1976, des Beaux di­manches et qui a com­po­sé Des crois­sants de so­leil pour Gi­nette Re­no.

Il a d’abord fal­lu qu’il prenne le bâ­ton du pè­le­rin et, en com­pa­gnie de Ma­rio Le­febvre, né­go­cie ser­ré pour ob­te­nir les droits in­ter­na­tio­naux des nom­breux suc­cès dis­co qui se re­trouvent dans le film et sur la bande so­nore.

Rares ont été les re­fus. Jean Ro­bi­taille cite Da­vid Bo­wie, qui exi­geait une for­tune pour Life on Mars, et Don­na Sum­mer.

« On a Hot Stuff, chan­tée par Nan­cy Martinez, et I Feel Love, re­prise par Flo­rence K., mais je vou­lais avoir la voix de Don­na Sum­mer pour Last Dance, qui n’est pas dans le film. Mais Mme Sum­mer est, je pense, dans le genre new born ch­ris­tian et elle ne veut pas s’as­so­cier à un film où il y a de la drogue et du sexe. Ça de­ve­nait dif­fi­cile et le prix était exor­bi­tant. »

À S’Y MÉ­PRENDRE

En­suite, il a dû com­po­ser la trame so­nore de même qu’une chan­son dis­co ori­gi­nale, Wai­ting for Your Touch, qu’on en­tend dans le long mé­trage.

« Dans le film, Kim in­carne une chan­teuse noire qui a en­re­gis­tré une chan­son, a re­çu 200 $ et le pro­duc­teur a fait faire du lip­sync par un man­ne­quin, comme ça se pas­sait sou­vent à l’époque. Elle re­ven- dique son droit à avoir plus d’ar­gent parce que ça de­vient un tube. Il fal­lait donc écrire une chan­son qui, dans le film, de­vient vrai­sem­bla­ble­ment un hit. Ça de­vait son­ner comme quelque chose qu’on n’a ja­mais en­ten­du, mais qu’on a dé­jà en­ten­du », dit M. Ro­bi­taille, qui es­time avoir rem­pli sa mis­sion puisque des gens se prennent au jeu et croient vrai­ment en­tendre une re­prise d’un vieux tube dis­co.

« J’ai dé­jà tou­ché au dis­co. J’ai quand même fait mes classes dans ces an­nées-là. À l’époque, j’ai fait de tout. »

RE­PRISES BONNES POUR LE FILM

Dans Funkytown, on voit aus­si Ma­ri­lou re­prendre I Love to Love. Les ar­ti­sans du

film ont en ef­fet choi­si, pour des rai­sons bud­gé­taires et ar­tis­tiques, de re­prendre cer­tains suc­cès des an­nées 1970 plu­tôt que de mi­ser uni­que­ment sur les ori­gi­naux.

« Dans cer­tains cas, ce n’était pas tel­le­ment le prix de­man­dé qui nous a fait op­ter pour une re­prise, mais on se di­sait que ce se­rait bon pour le film. Ça ne donne rien de faire une bande so­nore qui est comme ce qu’on a tou­jours en­ten­du. On vou­lait re­faire des chan­sons et don­ner la chance à des ar­tistes de les in­ter­pré­ter. On a Jul­ly Black, chan­teuse mer­veilleuse de To­ron­to. On a Matt Duff, un chan­teur croo­ner. Andrew Lea­der, un chan­teur de blues. Ça nous a per­mis de re­faire ces chan­sons et de les mettre au goût du jour. »

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