Ins­pi­ré de Dou­glas Co­co Léo­pold… UN RÔLE-CHOC

MON­TRÉAL | Paul Dou­cet est l’une des grandes ve­dettes du film Funkytown. Il in­carne Jo­na­than, l’ani­ma­teur star, ex­pert du li­me­light, rap­pe­lant les belles an­nées de ce­lui qu’on ap­pe­lait Dou­glas Co­co Léo­pold, mort du sida, qui était à l’époque du dis­co l’un

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Mi­chelle Coudé-Lord

« Rare que j’ai des rôles aus­si ex­tra­ver­tis. Et je le vou­lais tel­le­ment, ce Jo­na­than », af­firme, en en­tre­vue au

Jour­nal l’ex­pé­ri­men­té ac­teur. D’ailleurs, le réa­li­sa­teur Da­niel Ro­by, mal­gré l’au­di­tion de plu­sieurs ac­teurs du Ca­na­da an­glais et des Amé­ri­cains, a re­te­nu son pre­mier choix en fai­sant jouer Paul Dou­cet son Jo­na­than.

« J’y te­nais et j’ai eu rai­son d’in­sis­ter », nous avouait le réa­li­sa­teur avec dé­ter­mi­na­tion.

Et on le croit, car Paul Dou­cet est criant de vé­ri­té. Son jeu tout en fi­nesse et en nuances nous fait vivre toutes les gammes d’émo­tions de son Jo­na­than.

Il en parle d’ailleurs avec beau­coup d’at­ta­che­ment, de ce rôle qu’il voit aus­si grand dans sa car­rière que ce­lui de Jean Du­ceppe dans la sé­rie té­lé­vi­sée qui lui avait va­lu en 2002 un prix Gemeaux.

« C’était com­plè­te­ment un show­man par ex­cel­lence, mais aus­si un être en re­cherche d’amour qui pas­sait d’une amou­rette à une autre jus­qu’au jour où il tombe en amour vrai­ment avec ce jeune dan­seur joué par Jus­tin Chat­win », dé­clare Paul Dou­cet.

JOUER PAR INS­TINCT

On sait à quel point les films au Québec se tournent à un rythme d’en­fer, une tren­taine de jours à peine. De­vant le peu de jour­nées de tour­nage, Paul Dou­cet ra­conte qu’il lui a fal­lu jouer beau­coup par ins­tinct cette re­la­tion­choc avec le jeune To­ny, per­son­nage de Jus­tin Chat­win.

« Les scènes sous le pont où nous sommes très in­times n’ont eu que trois re­prises, mais ça donne fran­che­ment un bon ré­sul­tat. C’est ce­la jouer avec l’ins­tinct, l’émo­tion pure. Ça fait du bon ci­né­ma, mais c’est très exi­geant. Il faut ar­ri­ver très pré­pa­ré. Par exemple, les gens se­ront sur­pris de sa­voir que tou- tes les scènes du loft furent tour­nées en une seule jour­née ! Ouf, ça fai­sait bien de l’émo­tion et de­man­dait tout un en­traî­ne­ment. Mais quel beau dé­fi que ce film à tous les points de vue ! » clame, avec sou­rire, l’ac­teur Paul Dou­cet, qui en sur­pren­dra plu­sieurs.

L’HO­MO­SEXUA­LI­TÉ… SU­JET TA­BOU

Bien sûr que montre un ho­mo­sexuel qui s’as­sume avec Jo­na­than, mais Paul Dou­cet es­time que de pe­tits pas ont été faits.

« Trop de jeunes souffrent en­core au­jourd’hui parce qu’ils ne peuvent s’as­su­mer. Steve Gal­lu­cio a écrit un beau scé­na­rio. Ce film va bien au-de­là des cli­chés, il montre aus­si l’en­vers de la mé­daille, la dou­leur au­tant de ce­lui qui s’as­sume que du jeune qui doit le ca­cher à sa mère ita­lienne. Il y a des êtres très vi­vants dans ce film, des his­toires bien tou­chantes.

ÇA SE PASSE EN AN­GLAIS

Tout comme Pa­trick Huard, Paul Dou­cet aime que le ci­né­ma qué­bé­cois offre un film qui dé­crit bien le Québec po­li­tique d’il y a trente ans.

« Et ça par­lait en an­glais à Mon­tréal, et oui on croyait que le dis­co al­lait du­rer, pour­tant il a connu une chute ra­pide. Puis, il y a l’ar­ri­vée des drogues dures comme la co­caïne et ce clin d’oeil au dé­but du sida avec Jo­na­than. Tout est bien pré­sen­té, je crois, avec nuances, sub­ti­li­té et ef­fi­ca­ci­té. Je suis tel­le­ment fier d’avoir par­ti­ci­pé à ce pro­jet. »

L’ac­teur dit s’en­nuyer de grands ren­dez-vous po­li­tiques que nous rap­pelle

Funkytown.

Funkytown

« Ces an­nées dis­co ont été vé­cues dans un contexte po­li­tique si par­ti­cu­lier, si cap­ti­vant avec l’ar­ri­vée du Par­ti qué­bé­cois au pou­voir. Et juste pour voir sa­crer après le Par­ti qué­bé­cois, Ray­mond Bou­chard, un na­tio­na­liste pure laine, un vrai bleu, ça vaut le prix d’en­trée », sou­ligne, en riant, Paul Dou­cet.

Plus sé­rieu­se­ment, il ajou­te­ra : « je dois dire que notre pro­jet de so­cié­té a pas mal dé­raillé. Rare qu’un par­ti ar­rive au pou­voir et pro­voque au­tant de chan­ge­ments. Je m’en­nuie de ces an­nées po­li­tiques puis­santes où des idéo­lo­gies s’af­fron­taient et étaient mises de l’avant. C’est pour­quoi ce film est im­por­tant, je crois, pour tous ces rap­pels», conclut l’ac­teur qui vaut à lui seul le prix d’en­trée.

As­su­ré­ment un grand rôle pour lui.

PHOTO COUR­TOI­SIE

Ceux qui ne se sou­viennent pas de Dou­glas Léo­pold ou qui ne l’ont pas connu, le fa­meux Co­co que s’ar­ra­chaient à l’époque du dis­co pra­ti­que­ment toutes les ra­dios, pour­ront en faire connais­sance grâce au per­son­nage de Jo­na­than dans le film

Funkytown, in­ter­pré­té avec une grande jus­tesse par l’ac­teur d’ex­pé­rience Paul Dou­cet.

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