L’Afrique : conti­nent riche (lin­guis­ti­que­ment)

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - www.science-et-vie.com

Voya­ger est de­ve­nu plus fa­cile de­puis que quelques langues (l’an­glais, le fran­çais et l’es­pa­gnol no­tam­ment) se sont ré­pan­dues un peu par­tout sur la pla­nète. Ce ca­hier de Science & Vie consa­cré au thème Les ori­gines des langues trace le por­trait lin­guis­tique de l’hu­ma­ni­té et nous four­nit, par ailleurs, une map­pe­monde des langues du monde. Le phé­no­mène est mar­gi­nal, mais il existe un « tou­risme lin­guis­tique» pour les voya­geurs éper­dus de langues rares. L’Afrique est peut-être le plus in­té­res­sant des conti­nents à cet égard. C’est que chaque mé­daille a son re­vers: l’al­pha­bé­ti­sa­tion peu ré­pan­due et le sous-dé­ve­lop­pe­ment ont per­mis à cer­tains idiomes ré­gio­naux de sur­vivre grâce à leur iso­le­ment. En­vi­ron 2 000 des 6 000 langues de l’hu­ma­ni­té ont des lo­cu­teurs en Afrique. « Les Afri­cains parlent un tiers des langues connues dans le monde, ex­plique Science & Vie. La longue his­toire du conti­nent, qui vit les pre­miers hommes, ex­plique cette grande di­ver­si­té. » Voi­ci les trois grandes fa­milles lin­guis­tiques afri­caines: le ni­lo-sa­ha­rien (205 langues), le ni­ger-con­go (1 532 langues) et le khoi­san (27 langues). Les plus exo­tiques de ces langues, pour nous, sont celles du khoi­san, à cause de leur re­cours aux « clics ». Ces langues sont vieilles de plus 20 000 ans. Les po­pu­la­tions qui les parlent oc­cupent le ter­ri­toire afri­cain de­puis au moins… 100 000 ans. Au­tre­ment dit, les lo­cu­teurs des langues khoï­sanes peuvent être te­nus pour les des­cen­dants des peuples au­toch­tones de l’Afrique. « L’his­toire de ces peuples de chas­seurs-cueilleurs n’est qu’une longue ré­gres­sion constante de leur dis­tri­bu­tion face aux dif­fé­rentes vagues de mi­gra­tions de peuples pas­teurs sur leur ter­ri­toire. » Me­na­cées d’ex­tinc­tion, ces langues à clics comptent au moins un de­mi-mil­lion de lo­cu­teurs. L’uti­li­sa­tion de clics et d’autres brui­tages buc­caux per­met­taient de se fondre dans la so­no­ri­té na­tu­relle de la jungle ou de la steppe et d’évi­ter d’at­ti­rer les pré­da­teurs dan­ge­reux.

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