La ba­nane risque de dis­pa­raître

Le ba­na­nier est l’une des plus an­ciennes plantes connues, mais on croit que son fruit n’était pas consom­mé par nos an­cêtres « chas­seurs-cueilleurs » puis­qu’il était alors peu char­nu et conte­nait de nom­breuses graines non co­mes­tibles. Des traces de la prem

Le Journal de Quebec - Weekend - - SAVEURS -

L’ex­ploi­ta­tion com­mer­ciale à grande échelle de la ba­nane n’a com­men­cé qu’au XIXe siècle, lorsque les na­vires à va­peur plus ra­pides et les mé­thodes de conser­va­tion mieux maî­tri­sées lui ou­vrirent les grands mar­chés de l’Eu­rope et de l’Amé­rique du Nord. Le tra­vail de sé­lec­tion a en­suite per­mis de créer, au fils des ans, plu­sieurs va­rié­tés, dont la fa­meuse Ca­ven­dish, qui as­sure à elle seule la qua­si-to­ta­li­té des ba­nanes su­crées d’ex­por­ta­tion. C’est celle que nous trou­vons cou­ram­ment en com­merce. Mal­heu­reu­se­ment, elle est main­te­nant vic­time dans cer­tains pays asia­tiques d’un cham­pi­gnon qui en dé­truit les ra­cines. Ce­la dit, les ba­nanes su­crées ne dis­pa­raî­tront pas de la sur­face de la terre, car d’autres va­rié­tés conti­nuent à être dé­ve­lop­pées, quoique plus fra­giles au trans­port et à la ma­ni­pu­la­tion, donc un peu plus chères. Ces nou­velles ba­nanes, qui fa­vo­risent la bio­di­ver­si­té, se trouvent dé­jà dans nos su­per­mar­chés, mais ne re­pré­sentent en­core qu’un pe­tit pour­cen­tage du to­tal. Elles sont toutes aus­si bonnes au goût et riches en an­ti­oxy­dants et mi­né­raux que les ba­nanes is­sues de la culture in­dus­trielle, et pro­viennent la plu­part du temps de pe­tits pro­duc­teurs cer­ti­fiés équi­tables. Je vous in­vite à les es­sayer pour en­cou­ra­ger la bio­di­ver­si­té, la pro­duc­tion équi­table et la sur­vie de l’es­pèce.

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