<< J'AI TOU­JOURS ETE PLUS IMPRESSIONÉ PAR LES VRAIES CAS­CADES >>

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE -

Ja­son Sta­tham a de grands sou­liers à chaus­ser dans son der­nier film, Le mé­ca­no. Son per­son­nage, un as­sas­sin pro­fes­sion­nel ap­pe­lé Ar­thur Bi­shop, a été in­ter­pré­té par une fi­gure em­blé­ma­tique des films d’ac­tion dans la ver­sion ori­gi­nale de 1972, nul autre que Charles Bron­son.

Bien qu’il ait été en­chan­té de re­prendre un rôle ren­du cé­lèbre par un de ses ac­teurs pré­fé­rés, Sta­tham a sou­hai­té dès le dé­part s’ap­pro­prier Bi­shop et y mettre du sien.

« C’est dif­fi­cile avec un re­make de ne pas ten­ter de ré­pé­ter quelque chose et, en même temps, de vou­loir rendre hom­mage à la pre­mière mou­ture », a re­con­nu Sta­tham.

« J’ai es­sayé de ne pas re­gar­der le film et d’être ain­si in­fluen­cé par la per­for­mance de Bron­son. Comme j’avais vu le film il y a quelques an­nées, ce n’était pas très frais dans ma mé­moire, ce qui était pro­ba­ble­ment une bonne chose », a-t-il ra­con­té.

Le mé­ca­no suit Sta­tham dans la peau d’un tueur à gages aus­si bru­tal qu’ef­fi­cace. Ce der­nier cherche à ven­ger le meurtre de son ami et men­tor Har­ry McKenna, cam­pé par l’ac­teur ca­na­dien Do­nald Su­ther­land.

Le film se concentre aus­si sur la re­la­tion entre Bi­shop et le fils de McKenna, Steve, une tête forte, joué par Ben Fos­ter. Steve veut que Bi­shop lui en­seigne les fi­celles du mé­tier.

Bien que l’arc nar­ra­tif de l’ori­gi­nal reste lar­ge­ment in­tact, la nou­velle ver­sion est plus lisse, le montage et le rythme sont plus ner­veux et la mise en scène des cas­cades est plus ex­ci­tante et mieux cho­ré­gra­phiée.

Comme dans la plu­part de ses longs mé­trages (pen­sons entre autres aux fran­chises des films Le trans­por­teur et

Crin­qué, mais aus­si au film de Syl­ves­ter Stal­lone Les sa­cri­fiés, sor­ti en 2010), Sta­tham ef­fec­tue ses propres cas­cades, in­cluant les com­bats d’arts mar­tiaux, mais aus­si un saut en hau­teur d’un pont dans les eaux vives d’une ri­vière jus­qu’au saut d’un édi­fice de 30 étages.

Concer­nant cette der­nière cas­cade, l’une des plus dan­ge­reuses qu’il ait faites dans sa car­rière, Sta­tham a dit que le re­cours à un écran vert n’était pas une op­tion.

« Je sais que c’est un pro­cé­dé qui est beau­coup uti­li­sé, a dit l’ac­teur à pro­pos de la com­po­si­tion nu­mé­rique. Per­son­nel­le­ment, je dé­teste les écrans verts. Il n’y a rien dans les écrans verts qui vous per­met de vivre la vraie adré­na­line qu’on res­sent en sau­tant d’un édi­fice. Jouer et pré­tendre que c’est réel, alors que vous vous trou­vez de­vant un écran vert, ce n’est tout sim­ple­ment pas cré­dible pour moi. J’ai tou­jours été plus im­pres­sion­né par les vraies cas­cades cap­tées par la len­tille des ca­mé­ras. »

Le réa­li­sa­teur Si­mon West n’est pas un néo­phyte en ma­tière de films d’ac­tion. Il a pi­lo­té Air ba­gnards, avec Ni­co­las Cage, en 1997, et La­ra Croft : Tomb Rai­der

le film, la ver­sion ci­né­ma­to­gra­phique du jeu vi­déo, en 2001. Il a dit que le ta­lent et la fia­bi­li­té de Sta­tham en tant que cas­ca­deur ont ai­dé le tour­nage à se dé­rou­ler ron­de­ment.

« Il peut conduire très bien une au­to­mo­bile et une mo­to­cy­clette, a re­la­té West. Vous pou­vez le pla­cer sur n’im­porte quel vé­hi­cule, c’est un ex­pert. »

Dans les faits, Sta­tham ap­prouve toutes ses cas­cades et ses scènes de com­bat avant que les ca­mé­ras ne se mettent en marche. Le co­or­don­na­teur des cas­cades, Noon Or­sat­ti, et son équipe ont cho­ré­gra­phié les scènes de com­bat et les ont tour­nées sur vi­déo, per­met­tant ain­si à Sta­tham de re­tra­vailler cer­tains dé­pla­ce­ments et gestes au be­soin.

« C’est pour­quoi, quand il dé­barque sur le pla­teau, il connaît tous les mou­ve­ments », a dit le réa­li­sa­teur. C’est vrai­ment un ex­pert des films de com­bat et d’ac­tion en gé­né­ral. Alors, on n’a pas be­soin de lui dire quoi faire quand le mo­ment de tour­ner est ve­nu. »

FILM CULTE

À sa sor­tie en 1972, Le mé­ca­no n’avait pas car­ton­né au box-of­fice. Son sta­tut de film culte s’est for­gé dans les an­nées qui ont sui­vi, le film étant au­jourd’hui consi­dé­ré comme un des meilleurs sur la feuille de route de Bron­son, dé­cé­dé en 2003.

Mais Sta­tham, qui a as­so­cié son nom à plu­sieurs films qui ont fait un bide, a dit qu’il se­rait dé­çu si Le mé­ca­no n’at­ti­rait pas les foules dans les ci­né­mas.

« J’au­rais ai­mé que tous mes films soient des suc­cès, parce qu’on y met tant de tra­vail et d’ef­forts. Je ne crois pas que beau­coup de gens com­prennent ce­la. Ils disent seule­ment : “Oh, c’était de la merde”. Pour eux, il est fa­cile de je­ter un film à la pou­belle. Sommes-nous pré­oc­cu­pés à sa­voir si le film fe­ra un bon par­cours? Ai­me­rions-nous que tout aille comme sur des rou­lettes? La ré­ponse est oui. Tout le monde a consen­ti à des ef­forts consi­dé­rables pour le film. Alors, ce se­rait comme la ce­rise sur le gâ­teau si nous amas­sions un peu d’ar­gent. »

Si Le mé­ca­no est un suc­cès (et il n’y a pas de rai­son que ce film di­ver­tis­sant, où les scènes d’ac­tion se mul­ti­plient pen­dant 90 mi­nutes, soit un échec), Sta­tham a dit qu’il se­rait prêt à tour­ner une suite.

« J’ai eu une bonne ex­pé­rience à tra­vailler aux cô­tés de Si­mon et ce genre de films est amu­sant. J’ai ai­mé le faire, a ra­con­té l’ac­teur né en 1972. J’ai­me­rais en tour­ner un autre, mais c’est hors de ma vo­lon­té. »

VIE PRI­VÉE

L’ac­teur na­tif de Ches­ter­field, au Royaume-Uni, a une ky­rielle d’autres scé­na­rios sur la table, au­tant de pro­jets qui le tien­dront sû­re­ment oc­cu­pé au cours des pro­chaines an­nées.

Il a ré­cem­ment ter­mi­né le tour­nage du sus­pense d’ac­tion aus­tra­lien The Killer

Elite , avec Robert De Ni­ro et Clive Owen, et sa voix se­ra en­ten­due dans le rôle de Ty­balt dans le film d’ani­ma­tion

Gnoméo et Ju­liette.

Ce­pen­dant, plus la car­rière de Sta­tham pros­père, plus les pa­pa­raz­zis le pour­chassent. Plus en­core de­puis qu’il a com­men­cé à fré­quen­ter en avril Ro­sie Hun­ting­ton-Whi­te­ly, 23 ans, une man­ne­quin bri­tan­nique em­ployée par Vic­to­ria’s Se­cret.

« Ce sont des bougres, a-t-il dit, ar­mé de son plus beau sou­rire. Je dois me mu­nir d’un vé­hi­cule plus ra­pide. Il y a tant de pa­pa­raz­zis, ce sont comme des mouches qui volent et vous ne pou­vez pas les se­mer. Ils com­mu­niquent entre eux grâce à des ra­dios émet­teurs. Vous ten­tez d’en se­couer un, puis vous consta­tez qu’il y en a un se­cond dans la même rue. C’est une tâche im­pos­sible d’ébran­ler ces sa­lauds.

« Je ne parle vrai­ment pas de ma vie pri­vée main­te­nant, pour toutes les bonnes rai­sons. Je sais qu’ils ne font que leur tra­vail et je res­pecte ça. Mais d’un autre cô­té, c’est un peu acha­lant si vous êtes ce­lui qui est leur cible. »

- JA­SON STA­THAM

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.