Es­sayer toutes' sortes de choses dif­fé­rentes

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Be­noît Au­bin Le Jour­nal de Mon­tréal be­noit.au­bin@jour­nalmtl.com

MON­TRÉAL | Cer­tains s’éton­ne­ront de re­trou­ver Karine Va­nasse au théâtre, un mi­lieu dans le­quel elle avait très peu d’ex­pé­rience. Tou­te­fois, pour cette jeune dy­na­mo, prendre des risques, c’est vivre.

« J’ai be­soin d’avoir le sen­ti­ment que je conti­nue d’ap­prendre des choses, de dé­cou­vrir du nou­veau. C’est pour ça que je fais ce mé­tier-là », a-t-elle dit, après une longue jour­née de tra­vail, dans la salle de ré­pé­ti­tion du Ri­deau Vert, un soir de grand froid, plus tôt cette se­maine.

Karine Va­nasse est de­ve­nue une ve­dette cer­ti­fiée à l’âge de 16 ans. Sa pres­ta­tion dans Em­porte-moi, de Léa Pool, en 1999, lui a va­lu un Ju­tra et plu­sieurs prix à l’in­ter­na­tio­nal. De­puis, elle ac­cu­mule les tour­nages, en an­glais et en fran­çais, en France et au Ca­na­da an­glais au­tant qu’ici, et les suc­cès, de Marie-An­toi­nette à Ma fille, mon ange, à Po­ly­tech­nique.

Le suc­cès au­rait pu lui mon­ter à la tête. Elle au­rait pu s’as­seoir sur ses lau­riers. Non, pas elle, Karine Va­nasse, la pre­mière de classe, la jo­lie fille d’à cô­té, la tra­vaillante.

FAIRE DES CHOSES DIF­FÉ­RENTES

« J’ai 15 ans de mé­tier, mais, pen­dant la plu­part de ces an­nées, j’étais une ado­les­cente ou une jeune adulte. Main­te­nant que je suis adulte, je conti­nue de cher­cher, d’es­sayer de dé­cou­vrir ce que je peux don­ner de plus. »

C’est ain­si qu’elle ex­plique son che­mi­ne­ment pro­fes­sion­nel des der­nières an­nées: « Je ne cherche plus uni­que­ment les pre­miers rôles comme avant. Je cherche à faire des choses dif­fé­rentes. Je suis dans cette pé­riode où, dans l’ave­nir, je pour­rai me dire, que ça ait mar­ché ou pas: j’au­rai ten­té ma chance. »

Dans la der­nière an­née, elle est al­lée à Cu­ba tour­ner Angle mort, un thril­ler qui sor­ti­ra à la fin du mois. Elle a tour­né French Im

mer­sion en an­glais, avec Ke­vin Tier­ney, à Mon­tréal, et I’m Yours, une comédie ro­man­tique avec Ros­sif Su­ther­land, en On­ta­rio, puis, en France, un film d’aven­tures,

Switch, dans le­quel elle tient le pre­mier rôle et exé­cute toutes ses cas­cades elle-même, sans comp­ter de courtes pré­sences dans un film de Woo­dy Allen, en France, et dans la sé­rie Trauma, ici à Mon­tréal.

CE QUI LA FAIT COU­RIR

À tra­vers tout ce­la, elle se garde en bonne forme phy­sique, suit des cours de chant, et tra­vaille sur son ac­cent, en an­glais, et en fran­çais. Ce n’est pas qu’elle ait en­vie de faire un disque. « Ma voix, c’est un ou­til de tra­vail, elle m’ac­com­pagne tout le temps, et, par­fois, me tra­hit, dit-elle. Elle dit avoir un grand res­pect « pour ces ac­teurs dont tous les ou­tils sont en­traî­nés: la voix, la tête, le corps. Ils font ce tra­vail pour être ca­pables de faire quelque chose de beau, de libre. » Tou­te­fois, qu’est-ce qui la fait cou­rir, elle? « L’avan­tage qu’il y a à es­sayer des choses nou­velles, c’est que les gens ne t’at­tendent tel­le­ment pas, là, qu’il n’y a pas d’at­tentes, fi­na­le­ment! » dit-elle, dans un grand éclat de rire so­nore.

C’est que, pour Karine Va­nasse, la plus grande dif­fi­cul­té, dans tous ces pro­jets, « c’est de par­ve­nir à me faire confiance, de ne pas pen­ser au ju­ge­ment des autres, de ne pas me lais­ser im­pres­sion­ner par le stress. »

« Il y a eu des mo­ments où je vou­lais es­sayer de nou­velles choses pour me prou­ver à moi-même que j’en étais ca­pable, mais, main­te­nant, je le fais dans le plai­sir, pour vrai; j’ap­pré­cie de pou­voir es­sayer des choses, même si ça risque de ne pas mar­cher.

C’est im­por­tant, pour moi, d’être fière du par­cours que j’au­rai sui­vi. »

PHOTO JO­CE­LYN MALETTE

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