« Sur la glace, je n’ai plus d’amis »

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Serge Drouin SERGE.DROUIN@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

L’at­ta­quant Éric Beau­din, dit « Pa­tate », des Rouges de Mon­tréal, est sans au­cun doute le joueur le plus dé­tes­té par les Bleus de Québec. Et vous sa­vez quoi? Il s’en fout! Il fait son tra­vail.

« Sur la pa­ti­noire, je n’ai plus d’amis. Même mes amis de­viennent des en­ne­mis si je joue contre eux, dit Beau­din, as­su­mé. Je sais que les gars de Québec ne m’aiment pas, mais je m’en fous. Je fais mon tra­vail. C’est mon at­ti­tude qui dé­range. Je pousse; je gueule, je parle... J’ai tou­jours été comme ça, de mes dé­buts lorsque j’étais jeune jus­qu’à au­jourd’hui », ex­plique Beau­din, qui a ain­si les cou­leurs d’un Maxim La­pierre.

L’at­ta­quant des Rouges est si dé­tes­té que les en­fants du ca­pi­taine Da­vid Les­sard, des Bleus de Québec, ont re­mis à leur père un M. Pa­tate à ins­tal­ler dans la salle des joueurs.... pour que les joueurs de Québec puissent in­vec­ti­ver l’ef­fi­gie de Beau­din à leur goût.

Ré­glons tout de suite la ques­tion du sur­nom « Pa­tate ». « C’est un de mes amis qui m’a bap­ti­sé ‘’Pa­tate’’ lorsque j’étais jeune. Mes chums me ta­qui­naient parce que j’étais tra­pu et pe­tit... Ils me niai­saient avec ça. Puis, à un mo­ment don­né, l’un d’entre eux a lan­cé : aïe, Pa­tate! C’est res­té », ex­plique Éric Beau­din.

Le sur­nom est main­te­nant connu de tout le Québec. « Ça ne me dé­range pas. Si quel­qu’un que je ne connais pas, qui me voit dans le rue et me lance Pa­tate, je ne se­rai pas cho­qué. Je vais le sa­luer. »

AU-DE­LÀ DES AT­TENTES

Même s’il n’a pas bonne ré­pu­ta­tion chez l’en­ne­mi, Éric Beau­din tripe fort en ce mo­ment. « La sé­rie Mon­tréal

Québec, c’est beau­coup plus gros que je pen­sais. Quand nous nous sommes pré­sen­tés à Québec, di­manche der­nier, de­vant 15 000 per­sonnes, c’était in­croyable! Je n’ai ja­mais joué de­vant de si grosses foules, même à l’époque où j’ai joué dans le Ju­nior. Je vis pré­sen­te­ment sur un nuage et nous somme prêts pour de­main », lance-t-il.

C’est grâce à sa co­pine si Éric « Pa­tate » Beau­din s’est lan­cé dans l’aven­ture. « J’avais re­gar­dé un peu la sé­rie l’an der­nier et je connais­sais quelques joueurs, comme Be­noît Four­nier. Lors- qu’elle a su que la sé­rie re­ve­nait cette an­née, ma co­pine m’a sug­gé­ré de m’ins­crire, ex­plique Beau­din. J’ai mon ami d’en­fance, Érick La­joie, qui avait dé­ci­dé de se pré­sen­ter lui aus­si aux au­di­tions. On s’est dit que ce se­rait amu­sant d’y al­ler tous les deux en­semble. On y est al­lés, on s’est en­cou­ra­gés et nous avons été choi­sis. » Qui plus est, les deux gars sont aus­si co­cham­breurs tout au long de la sé­rie.

L’APRÈS MON­TRÉAL-QUÉBEC

Mais La sé­rie Mon­tréal-Québec n’est pas qu’une par­tie de plai­sir. Les joueurs pra­tiquent les lun­di, mar­di, mer­cre­di et ven­dre­di. Ils ont congé le lun­di et le sa­me­di. Di­manche, c’est le match. « C’est in­tense mais j’aime ça. »

Éric Beau­din ne sait pas ce qui l’at­tend après La sé­rie Mon­tréal-Québec. « Je vais re­tom­ber tran­quille­ment de mon nuage. » En­sei­gnant en édu­ca­tion phy­sique, il en­tend tou­te­fois pour­suivre la sup­pléance dans les écoles. Il ne sait pas s’il re­pren­dra le ho­ckey au ni­veau se­nior, à So­rel, où il est main­te­nant ins­tal­lé. « Tout dé­pen­dra de ce qui se pas­se­ra; des dé­ci­sions que nous pren­drons, ma co­pine et moi », ter­mine-t-il.

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