L’oeuvre WA­J­DI, de la part de De­nis

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Cé­dric Bé­lan­ger

Can­di­dat à l’os­car du meilleur film en langue étran­gère pour In­cen­dies, De­nis Ville­neuve pro­fite de chaque tri­bune de­puis des mois pour rendre hom­mage à son « frère ju­meau », l’au­teur de la pièce de théâtre qu’il a adap­tée pour le grand écran, Wa­j­di Moua­wad.

Le 27 fé­vrier pro­chain, De­nis Ville­neuve de­vien­dra seule­ment le deuxième ci­néaste qué­bé­cois − l’autre étant l’os­ca­ri­sé De­nys Ar­cand − à se frot­ter aux meilleurs de sa pro­fes­sion lors de la plus pres­ti­gieuse re­mise de prix dans l’uni­vers du sep­tième art.

En­se­ve­li sous un concert de louanges, l’humble Ville­neuve ne rate pas une oc­ca­sion de re­di­ri­ger l’éclat des pro­jec­teurs sur Moua­wad.

En­core cette se­maine, alors qu’il s’en­tre­te­nait de­puis le Fes­ti­val de Sun­dance par té­lé­phone avec des jour­na­listes qué­bé­cois, à peine deux heures après avoir en­ten­du l’ac­trice Mo’Nique pro­non­cer son nom sur les ondes de ABC, le ci­néaste mau­ri­cien a te­nu à rendre hom­mage au dra­ma­turge d’ori­gine li­ba­naise qui a pon­du cette ode à la paix sur fond de guerre au Moyen-Orient.

« Je ré­pète tou­jours la même chose, mais il faut rendre à Cé­sar ce qui ap­par­tient à Cé­sar. Ça re­vient à Wa­j­di. J’ai plus l’im­pres­sion d’avoir es­sayé de pro­té­ger quelque chose dans ce que Wa­j­di a es­sayé de trans­mettre dans sa pièce de théâtre et la por­ter du mieux que j’ai pu à l’écran. »

Cette re­con­nais­sance n’est pas feinte. À chaque en­tre­vue qu’il a ac­cor­dée au Jour­nal de Québec ces der­niers mois, De­nis Ville­neuve a louan­gé Wa­j­di Moua­wad. Après la pro­jec­tion du film au Fes­ti­val de To­ron­to, en sep­tembre, il a aus­si lon­gue­ment van­té les mé­rites de l’au­teur d’In­cen­dies lors d’une séance de ques­tions et ré­ponses.

« TOU­CHÉ »

Cette ad­mi­ra­tion est ré­ci­proque. Dans un cour­riel ex­pé­dié au Jour­nal cette se­maine, à la suite de la mise en no­mi­na­tion d’In­cen­dies aux os­cars, Wa­j­di Moua­wad a ren­du un bel hom­mage à De­nis Ville­neuve.

« Je suis heu­reux pour De­nis comme on le se­rait pour un frère ju­meau », a-t-il ex­pri­mé, avant de rendre lui aus­si à Cé­sar ce qui ap­par­tient à vous sa­vez qui.

« Je suis très tou­ché par l’éclat de son élé­gance lorsque, tou­jours, au mi­lieu de la fré­né­sie, il rap­pelle les ori­gines théâ­trales du film et je l’en re­mer­cie. Mais tout ce qui ar­rive de mer­veilleux au film lui ap­par­tient, ain­si qu’à ses co­mé­diens et à son équipe, qui ont sué sang et eau pour le mettre au monde. »

UNE SUR­PRISE?

Main­te­nant qu’il a le pied dans la porte du Ko­dak Thea­ter, où au­ra lieu la cé­ré­mo­nie des os­cars, tout de­vient pos­sible pour De­nis Ville­neuve, qui pour­rait fort bien cau­ser la sur­prise.

Bien sûr, il doit faire face à vive op­po­si­tion. Celle-ci vien­dra prin­ci­pa­le­ment de Biu­ti­ful, der­nière oeuvre du Mexi­cain Ale­jan­dro Gonzá­lez Iňár­ri­tu, can­di­dat mal­heu­reux pour l’os­car du meilleur film avec Ba­bel et pour ce­lui de meilleur film en langue étran­gère avec Amours chiennes.

À sur­veiller aus­si le ré­ci­pien­daire du Gol­den Globe, In a Bet­ter World, long-mé­trage du Da­ne­mark de Su­zanne Bier, qui avait mor­du la pous­sière avec Af­ter The Wedding, il y a quelques an­nées.

Mais les fa­vo­ris d’au­jourd’hui pour­raient tout aus­si bien de­ve­nir les per­dants de de­main, comme nous l’a dé­mon­tré si sou­vent une Aca­dé­mie qui, pas plus tard que l’an­née der­nière, a igno­ré les fa­vo­ris Le

ru­ban blanc et Un pro­phète pour plé­bis­ci­ter un film ar­gen­tin sor­ti de nulle part, Dans ses yeux.

De­nis Ville­neuve

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