UN RÊVE DE­VE­NU RĒALITE

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

Vi­to V se sou­vient avec exac­ti­tude de sa pre­mière jour­née dans les stu­dios de NRJ. « Le 4 sep­tembre der­nier », dit-il avec aplomb.

« C’est l’une des plus belles ex­pé­riences de ma vie à date. Je me sens choyé de faire par­tie d’une équipe aus­si ta­len­tueuse. Même après quatre mois, j’ai de la dif­fi­cul­té à croire que je fais par­tie de la fa­mille NRJ », confie le jeune homme de 28 ans, avec la plus grande sin­cé­ri­té du monde.

Vi­to V − Vi­to Scian­gu­la de son vrai nom − est né à Ca­ra­cas, au Ve­ne­zue­la, de pa­rents ita­liens. « On est dé­mé­na­gés ici quand j’avais deux ou trois ans, et je ne me sou­viens pas du Ve­ne­zue­la », ad­met-il.

Après l’an­glais et l’ita­lien, le fran­çais est sa troi­sième langue.

Très jeune, il s’est dé­cou­vert une pas­sion pour la mu­sique.

« Ma mère me met­tait des écou­teurs sur les oreilles quand je pleu­rais. J’ai tou­jours eu une pas­sion pour la mu­sique, ça a tou­jours fait par­tie de ma vie.

« À 14 ans, j’ai fait mes pre­miers contrats à l’école, sur l’heure du lunch. J’étais tout le temps tout seul parce que je ne vou­lais faire que ça. J’ar­ri­vais de l’école et je m’en al­lais dans le sous-sol pen­dant trois ou quatre heures », dit-il, par­lant de sa pas­sion pour les tables tour­nantes.

MC MA­RIO, SON IDOLE

À 18 ans, Vi­to V s’est mis à fré­quen­ter les clubs.

« Mon idole, c’était MC Ma­rio, qui ‘spin­nait’ au Dôme. Je suis al­lé au Dôme. Je me met­tais en ar­rière de sa ca­bine, je res­tais dans mon pe­tit coin, je ne par­lais pas et il ne m’a ja­mais mis de­hors. Au bout de huit mois, on est de­ve­nus amis. »

À son tour, le jeune D. J. s’est mis à dé­cro­cher des contrats dans les clubs et dans les bars.

C’est d’ailleurs comme ça qu’il a été re­pé­ré par Sylvain Si­mard, di­rec­teur du conte­nu pour le ré­seau NRJ.

« J’ai re­çu un ap­pel de Sylvain Si­mard. Je ne le connais­sais pas et il vou­lait me ren­con­trer. Je pen­sais qu’il vou­lait m’em­bau­cher pour un job, pour un club, quand il m’a de­man­dé d’em­bar­quer à NRJ.

« J’étais sous le choc », dit-il en riant.

De­puis sep­tembre donc, il est à la barre de Sa­me­di 4.0, dif­fu­sée sur toutes les sta­tions du ré­seau NRJ, de 18 h à 20 h.

« C’est dif­fé­rent de jouer dans un club, com­pare-t-il. Dans un club, tu vois les gens de­vant toi et tu as une ré­ponse ins­tan­ta­née. À la ra­dio, tu as une ré­ponse au bout de trois ou quatre mois, en re­ce­vant les cotes d’écoute. »

Vi­to V est en­core sur­pris d’une pa­reille marque de confiance, lui qui n’avait alors au­cune ex­pé­rience à la ra­dio et en­core au­cun al­bum sur le mar­ché.

Sur ce der­nier point, les choses ont tou­te­fois chan­gé avec la sor­tie, le 7 dé­cembre der­nier, de son pre­mier disque,

Clu­ba­ho­lics.

« Je l’ai fait à mon stu­dio et avec mon dis­tri­bu­teur, Uni­disc. Il y a cinq ‘tounes’ que j’ai pro­duites et j’ai ache­té une li­cence pour les autres. Ça coûte cher, mais ça donne un bon pro­duit. Je vou­lais me dé­mar­quer avec mon son, et je vou­lais que ce soit toutes des bonnes ‘tounes’. Je vou­lais faire un al­bum qui fe­rait dan­ser les gens du dé­but à la fin. »

L’OREILLE POUR LES HITS

Les choses déboulent vite dans la vie de Vi­to V, qui pré­pare dé­jà un deuxiè- me disque.

« Mais je veux prendre mon temps. Je veux at­tendre les grosses ‘tounes’, qui sortent gé­né­ra­le­ment en mars, après le Win­ter Mu­sic Conference de Mia­mi. »

Jus­qu’à main­te­nant, quelque 5 000 exem­plaires de Clu­ba­ho­lics ont trou­vé pre­neurs.

« Je ne sa­vais pas com­bien d’al­bums j’al­lais vendre. MC Ma­rio, ça fait 25 ans qu’il vend des al­bums et son nom est éta­bli. La com­pa­gnie de disques me di­sait que ce se­rait énorme si on se ren­dait à 8 000. »

Le jeune D. J. se garde au fait des nou­velles ten­dances et de toutes les nou­velles chan­sons qui ré­sonnent dans les clubs. « J’ai tou­jours eu une oreille pour les

hits, et les com­pa­gnies de disques ont confiance en moi. [...] Avec les an­nées, je suis de­ve­nu ami avec beau­coup de monde dans l’in­dus­trie et, gé­né­ra­le­ment, j’ai les ‘tounes’ di­rec­te­ment des pro­duc­teurs. » Vi­to V se­ra de pas­sage dans la ré­gion de Ga­ti­neau-Ottawa le 12 fé­vrier pro­chain, alors que son émis­sion se­ra dif­fu­sée en di­rect du Bal des neiges.

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