Comme si c’était VRAI!

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Pierre O. Na­deau

Le jour, il agit comme thé­ra­peute en psy­chia­trie; le soir ve­nu, il se trans­forme en Ozzy Os­bourne, deux rôles un peu com­pa­tibles, lance en riant le chan­teur So­ti­ri Pa­pa­fy­lis, lea­der de Back Sabbath, cette for­ma­tion qué­bé­coise qui re­crée la magie... et la fo­lie de Black Sabbath en chan­sons, en mu­sique et dans un feu rou­lant d’ef­fets vi­suels.

Même au na­tu­rel, sa res­sem­blance avec le lé­gen­daire per­son­nage est éton­nante. Lors­qu’il re­vêt le cos­tume noir à franges, les lu­nettes rondes bleu­tées et la croix gam­mée, l’illu­sion est à ce point désar­mante que les pas­sants éba­his l’ar­rêtent sur la rue pour lui de­man­der un au­to­graphe. « Après un spec­tacle, il est cou­rant de voir des gens ve­nir nous de­man­der d’au­to­gra­phier leur al­bum de Black Sabbath », ra­conte en sou­riant le chan­teur qué­bé­cois, père de deux en­fants, ajou­tant: « Moi aus­si, je suis un peu fou, et j’ai son sens de l’hu­mour. Mais, ras­su­rez-vous: je n’ai rien de sa­ta­nique... »

Pen­dant une ving­taine d’an­nées, So­ti­ri Pa­pa­fy­lis, alias TBone, a évo­lué dans les mi­lieux du speed me­tal et du blues, jus­qu’en 2007 où, se re­trou­vant sans nou­veau pro­jet, il tombe sur cette pe­tite an­nonce de jour­nal sol­li­ci­tant un émule d’Ozzy Os­bourne en vue de la créa­tion d’un nou­veau groupe en hom­mage à Black Sabbath. « Je me suis ren­du à l’au­di­tion, avec pour seul ob­jec­tif de tri­per avec des fans comme moi de Black Sabbath. Ce fut un vé­ri­table coup de foudre, et Back Sabbath prit forme. »

Après quelques pre­miers spec­tacles, l’an der­nier, à Mon­tréal, Québec et Sher­brooke, Back Sabbath re­vient en force avec une pro­duc­tion en­core plus consi­dé­rable qui vient sou­li­gner le 40e an­ni­ver­saire du lé­gen­daire groupe bri­tan­nique que So­ti­ri Pa­pa­fy­lis dé­crit comme « les pré­cur­seurs du hea­vy me­tal ». Iro­nie du sort, le Qué­bé­cois est né l’an­née même où Black Sabbath a vu le jour!

LE SOU­CI DU DÉ­TAIL

En plus d’of­frir une illu­sion vo­cale et mu­si­cale qui frise la per­fec­tion, la for­ma­tion mont­réa­laise sur­prend par son sou­ci du dé­tail, qui vient éle­ver haut la barre des tra­di­tion­nels groupes-hom­mage. Près de 400000$ ont été in­ves­tis dans cette pro­duc­tion hors de l’or­di­naire, sou­ligne leur pro­duc­teur Sylvain Pelletier, qui gère aus­si la car­rière de la for­ma­tion qué­bé­coise Éclipse, la­quelle pro­pose un hom­mage tout aus­si consi­dé­rable à Pink Floyd.

Ain­si, le gui­ta­riste Todd Fra­ser est fier de pos­sé­der deux gui­tares Gib­son To­ny Iom­mi Cus­tom, deux mo­dèles rares éva­lués à 8000$ cha­cun. Il dé­tient aus­si une SG Jay­dee, un bi­jou de 22000$ US, fa­bri­qué à la main par le lu­thier an­glais Jay­dee, ce­lui-là même qui fa­brique les gui­tares de To­ny Iom­mi.

Le sou­ci du dé­tail se dé­marque éga­le­ment dans les per- ruques, les ac­ces­soires et les cos­tumes de cuir, confec­tion­nés par une ar­tiste-cos­tu­mière du Cirque du So­leil. Le spec­tacle, haut en ef­fets spec­ta­cu­laires, per­met même d’as­sis­ter à la cru­ci­fixion d’Adam et Ève dans une scène de nu­di­té. Les deux « vic­times » portent des cou­ronnes d’épines peu conven­tion­nelles puis­qu’elles ont été créées à Jé­ru­sa­lem, à l’image de la couronne por­tée par Jé­sus-Ch­rist. Un mys­té­rieux dis­po­si­tif fait même jaillir le sang au cours de cette scène.

À SA­VEUR NOS­TAL­GIQUE

À tra­vers tous ces ar­ti­fices, les fans de Black Sabbath en­ten­dront tous les suc­cès qui ont fait la re­nom­mée du groupe de 1970 à 1978, soit avant l’ère de Ron­nie James Dio. Le pre­mier al­bum est in­ter­pré­té dans son in­té­gra­li­té. De la fu­mée et des ef­fets py­ro­tech­niques sa­luent une quin­zaine de clas­siques tels que Iron Man, Wi­zard, Pa­ra

noid et, bien sûr, War Pigs, cette chan­son écrite en protes- ta­tion contre la guerre au Viet­nam.

« Bien sûr, c’est un spec­tacle à sa­veur nos­tal­gique, qui réunit à la fois les pa­pas et leurs fis­tons. C’est l’oc­ca­sion de dé­cou­vrir ou de re­dé­cou­vrir une mu­sique in­no­va­trice, un son lourd qui a lan­cé l’ère du hea­vy me­tal. »

Il y a quelques se­maines, les membres de Back Sabbath sont al­lés voir le spec­tacle d’Ozzy Os­bourne à Mon­tréal. So­ti­ri Pa­pa­fy­lis n’a pas en­core réus­si à ren­con­trer son idole, qu’il rêve de voir ap­pa­raître un jour à un spec­tacle de son groupe. « En at­ten­dant, on a lan­cé l’in­vi­ta­tion à... Bon­homme Car­na­val de ve­nir as­sis­ter à notre pro­chain spec­tacle, qui se dé­rou­le­ra en plein Car­na­val de Québec. On at­tend en­core sa ré­ponse », ter­mine en riant le chan­teur, pre­nant soin d’ajou­ter que l’in­vi­ta­tion a été vrai­ment lan­cée à l’or­ga­ni­sa­tion du Car­na­val!

Back Sabbath se­ra au Mé­tro­po­lis de Mon­tréal le 5 fé­vrier, et au Théâtre Ca­pi­tole de Québec, le 11 fé­vrier.

BACK SABBATH

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