DISQUES

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Jean Beau­chesne

M

LES SAI­SONS DE PAS­SAGE

Uni­ver­sal

M s’est af­fir­mé au cours de la der­nière dé­cen­nie comme un des ar­tistes de scène les plus créa­tifs et au­da­cieux de France. Il conclut par une tour­née triom­phale où il se concentre sur le ré­per­toire de son der­nier al­bum, Mis­ter Mys­tère, en ver­sion pour aré­na, rock, éner­gique, ré­ar­ran­geant et per­met­tant à de nom­breuses mé­lo­dies et ar­ran­ge­ments de lais­ser libre cours à l’im­pro­vi­sa­tion et au fee­ling du mo­ment. Sa pré­sence sur scène est ma­gis­trale, il contrôle son pu­blic et l’amène là où il veut. Il y a même de la place pour des mo­ments acous­tiques ou des bal­lades qui savent trans­mettre de la nuance et de la dé­li­ca­tesse. Certes, c’est un live, mais qui est aus­si in­té­res­sant qu’un al­bum stu­dio, sur­tout parce que sans ar­ti­fice.

Coun­try Strong

BANDE SO­NORE

So­ny

Coun­try Strong ra­conte le re­tour sur scène et en grâce d’une ve­dette du coun­try prise avec un pro­blème sé­rieux d’al­cool. Le rôle est joué par Gwyneth Paltrow, et sa co­ve­dette est Tim McG­raw. Le CD com­porte pas moins de quatre chan­sons chan­tées par Paltrow, qui s’en tire vrai­ment très bien. Tim McG­raw, su­per­star ayant suc­cé­dé à l’in­imi­table Garth Brooks, y va d’un duo avec Paltrow. Le reste de l’al­bum est cou­vert par Lee Ann Wo­mack, Faith Hill, Trace Ad­kins, Hank Williams Jr, in­con­tour­nable avec une « toune » de cir­cons­tance, Thirs­ty et une très belle chan­son, Chances Are, par Gar­rett Hed­lund. C’est tout bon, tant pour les textes, non dé­nués d’au­to­dé­ri­sion, que pour la réa­li­sa­tion qui est en tout point à la hau­teur. Ex­cellent dans le genre.

Eros Ra­ma­zot­ti

LIVE WORLD TOUR 2009-2010

So­ny

Il est sans au­cun doute une des ve­dettes les plus po­pu­laires en Italie et dans la dia­spo­ra. À 47 ans, il n’a au­cun ri­val, et la ré­ac­tion presque hys­té­rique du pu­blic en concert en donne une bonne me­sure. Il pos­sède une belle voix de té­nor, « rocke » à la ma­nière de Bob Se­ger et Jon Bon Jo­vi, plaît comme ce der­nier à un pu­blic es­sen­tiel­le­ment fé­mi­nin. Les choeurs du pu­blic consti­tuent en soi une bonne par­tie du show. Contrai­re­ment à M, on peut re­pro­cher que tout fi­nit par son­ner pa­reil, et ce, sur deux CD. C’est fort et un peu sans nuance, mais Ra­ma­zot­ti com­pense par sa puis­sance vo­cale. Pour les textes, ce ne sont que des dé­cla­ra­tions ou des his­toires d’amour aux­quelles s’iden­ti­fient les fans.

Bru­no Mars

DOO-WOPS AND HOO­LI­GANS

Elek­tra

Il est un des ta­lents à sur­veiller. Dé­jà son pre­mier al­bum voit plu­sieurs de ses chan­sons se clas­ser dans les 100 pre­mières po­si­tions du Bill­board. Comme l’en­seigne la tra­di­tion, ceux qui sont tom­bés de­dans jeunes ont gé­né­ra­le­ment l’es­poir de car­rières du­rables. Mais le che­min peut être long. Ce CD ex­prime lar­ge­ment ses ta­lents d’au­teur, de mul­tiins­tru­men­tiste, son ins­tinct évident pour les re­frains ac­cro­cheurs et une na­ture de ca­mé­léon ca­pable d’éga­ler les orien­ta­tions mu­si­cales des plus grands de la pop, de Jus­tin Tim­ber­lake à Ja­son Mraz. Mais la réa­li­sa­tion laisse à dé­si­rer, par­ti­cu­liè­re­ment à fort ré­gime. Cee Lo et Da­mian Mar­ley viennent faire leur tour, confir­mant qu’il lorgne plus vers la rain­bow

na­tion que le hip-hop et la black ur­ban mu­sic.

So­pra­no

LA CO­LOMBE

EMI

Avec les Psy 4 De La Rime et les groupes mar­seillais, il a par­ti­ci­pé de ma­nière im­por­tante à faire de la scène de rap mar­seillaise une scène ma­jeure. Cô­té flow et prose, La Co­lombe dé­laisse l’ana­lyse du soi pour une cri­tique de l’ac­tua­li­té, fai­sant ri­mer images-chocs et res­pon­sa­bi­li­té so­ciale. Tout y passe: une re­vue de la dé­cen­nie avec pour ar­rière-fond la mon­tée de l’in­té­grisme, la cor­rup­tion des élites, etc. sous le mode du cy­nisme am­biant. Ce­ci dit, rien de nou­veau qui n’au­rait ja­mais été cra­ché, en­ten­du et re­cra­ché. Mais le pro­blème, c’est la cré­di­bi­li­té. Le ton, le rap est trop sou­vent mis en conserve, fa­çon Da­vid Guet­ta. Sur la lune ou Hi­ro tiennent en ha­leine par le pro­pos, mais l’en­ro­bage mu­si­cal et Au­to-Tune agacent, s’adap­tant de ma­nière dis­cu­table au format ra­dio­pho­nique.

Woo­den Wand

DEATH SEAT

Young God Re­cords

Un CD de James Jackson Toth, le nom der­rière Woo­den Wand. Dès le se­cond titre, The Moun­tain, il est ap­pa­ru évident que J. J. Toth avait une connais­sance ap­pro­fon­die du folk psy­ché­dé­lique des an­nées 60, qu’il mé­lan­geait avec le coun­try rock des an­nées 70 et le post-punk des an­nées 90. Il uti­lise de nom­breux mu­si­ciens lorsque né­ces­saire, sur­tout comme trame de fond à une mé­lo­die toute simple, mais ef­fi­cace, jouée prin­ci­pa­le­ment à la gui­tare et chan­tée. Il sait faire va­rier les cou­leurs to­nales, même chose pour le pro­pos, qui tangue entre l’iro­nie et l’ab­surde. La voix est juste, le chant ex­pres­sif, sé­dui­sant, et il pos­sède ce sens du re­frain qui sait han­ter. Les 12 chan­sons pro­posent 12 uni­vers à tra­vers une co­hé­rence re­mar­quable. La dé­cou­verte du mois et une cha­leu­reuse re­com­man­da­tion.

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