Comme une tonne de briques

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Liz Braun

Sans mer­ci : c’est la prin­ci­pale qua­li­té que vous re­cher­chez chez un as­sas­sin.

Ja­son Sta­tham joue Ar­thur Bi­shop, un tueur à gages in­ven­tif dans Le mé­ca­no. L’his­toire, bien sûr, sug­gère qu’il se dé­bar­rasse ai­sé­ment des mau­vais gar­çons qu’il croise sur son che­min. Mais Sta­tham est sur­tout ce­lui qu’il vous faut si vous re­cher­chez un homme qui a du sang-froid, qui est bien or­ga­ni­sé et qui prend son temps pour tuer.

En­core mieux, il ne laisse au­cune trace de lui ni de ses crimes.

Notre tueur mé­tho­dique n’est pas pour au­tant sur­pre­nant. Quand son meilleur ami meurt, il est per­tur­bé par les évé­ne­ments, adop­tant le pro­fil bas alors qu’il re­tourne se ter­rer seul dans un cha­let quelque part près de La Nou­velle-Or­léans.

Dans le cas contraire, le per­son­nage de Sta­tham a peu de temps à consa­crer à ses émo­tions. Dans ce qu’on pour­rait ap­pe­ler un mo­ment de fai­blesse, tou­te­fois, notre ha­bile tueur prend un ap­pren­ti à ses cô­tés, un jeune homme ai­gri nom­mé Steve (Ben Fos­ter), dont la vie semble jus­qu’ici être un vé­ri­table gaspillage.

Le « mé­ca­no » dé­cide de lui en­sei­gner les ru­di­ments de la vie d’as­sas­sin pro­fes­sion­nel. Au moins, le jeune au­ra droit à une for­ma­tion sur la­quelle s’ap­puyer s’il a un jour be­soin d’un em­ploi de tueur à gages.

Le men­to­rat va bon train, mais la re­la­tion entre les deux hommes est bi­zarre. Ils s’en­traînent en­semble sur des cibles et pra­tiquent les tech­niques de sur­veillance, et, de fil en ai­guille, Bi­shop va lais­ser Steve s’im­pli­quer sur son gros pro­jet. Ce­lui-ci ne se pas­se­ra pas exac­te­ment en fonc­tion du plan. Steve n’est pas à che­val sur les règles : s’as­su­rer que le tra­vail soit exé­cu­té et que la cible soit éli­mi­née im­plique un ni­veau de vio­lence qui de­vrait for­cer les ci­né­philes à se ren­fon­cer dans leur siège rem­bour­ré.

Alors que l’his­toire se dé­roule sous nos yeux, les gens com­mencent bien­tôt à se tra­hir les uns les autres. Le per­son­nage de Sta­tham a des rai­sons de vou­loir se ven­ger, quelque chose qu’il pour­suit avec un plai­sir à gla­cer le sang, et le « mé­ca­no » s’en­gage alors dans une lutte im­pi­toyable quelque peu com­pli­quée au sein d’une poi­gnée de tueurs in­tel­li­gents et do­tés eux aus­si d’un sang­froid exem­plaire. Que le meilleur gagne!

Le mé­ca­no est mar­qué par des ef­fu­sions de sang in­ces­santes et par la vio­lence, sans ou­blier des ac­ci­dents et des ex­plo­sions, mais aus­si par des re­bon­dis­se­ments par­fois illo­giques qui rendent les films d’ac­tion et d’aven­ture si exal­tants à re­gar­der. Les per­son­nages n’ont pas vrai­ment de qua­li­tés re­cher­chées en so­cié­té, nous sommes heu­reux de le dire.

Sta­tham et Fos­ter forment une bonne paire, tel­le­ment, en fait, que vous consen­ti­rez à ou­blier les in­vrai­sem­blances im­por­tantes dans l’his­toire. (Et nous par­lons de gros trous : di­sons seule­ment que le per­son­nage de Sta­tham est peint comme une per­sonne soi­gneuse et mé­ti­cu­leuse, mais on lui per­met de se mo­quer de la mode).

Le mé­ca­no est un re­make du film du même nom met­tant en ve­dette le dé­funt Charles Bron­son, en 1972.

C’est ra­pide et fu­rieux, mais aus­si truf­fé de mo­ments où le calme gla­cial de Sta­tham nous ré­chauffe le coeur par une froide jour­née d’hi­ver. Ka-boom!

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