LES GENS, TOUT SIM­PLE­MENT

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie

Avec Ano­ther Year, Mike Leigh livre un autre film tout en fi­nesse, sur la vie d’an­glais or­di­naires.

Le concept d’Ano­ther Year ne manque pas d’in­té­rêt : à part la courte scène du dé­but, le bri­tan­nique Mike Leigh (qui signe à la fois la réa­li­sa­tion et la scé­na­ri­sa­tion) pré­sente un di­manche par sai­son dans la vie d’un couple.

Tom (Jim Broadbent) et Gerri (Ruth Sheen) sont le « vieux couple » par­fait. Ma­riés de­puis 30 ans, cet in­gé­nieur et cette psy­cho­logue sont amou­reux comme au pre­mier jour. Au­tour d’eux gra­vitent des êtres à pro­blèmes qui se rac­crochent au couple comme à une bouée de sau­ve­tage.

Leur fils, Joe (Oli­ver Malt­man) a 30 ans et est tou­jours cé­li­ba­taire. Ken (Pe­ter Wight), un ami de Tom, se laisse al­ler, désen­chan­té par sa car­rière et n’ar­ri­vant pas à trou­ver l’âme soeur. Ron­nie (Da­vid Brad­ley), le frère de Tom, vient de perdre sa femme et est en guerre avec son fils. Imel­da Staun­ton, elle, ef­fec­tue une courte ap­pa­ri­tion en femme ma­riée re­dou­ta­ble­ment mal­heu­reuse. Par contre, c’est Ma­ry (brillante Les­ley Man­ville) qui dame le pion à toute cette ga­le­rie de per­son­nages. Cette quin­qua­gé­naire cé­li­ba­taire et sans en­fant – mais avec un chat – est, en ap­pa­rence, heu­reuse. Mais avec un pe­tit verre dans le nez, son déses­poir re­monte à la sur­face.

En mon­trant une suc­ces­sion d’évé­ne­ments somme toute or­di­naires – nais­sance d’un bé­bé, achat d’une voi­ture d’oc­ca­sion, ren­contre d’une jeune femme, etc. –, Mike Leigh brosse un por­trait de l’An­gle­terre nor­male, de ba­by-boo­mers qui ont du mal à trou­ver le bon­heur. Ano­ther Year res­semble à s’y mé­prendre à une es­pèce de sit­com, l’hu­mour ser­vant à dé­voi­ler les vul­né­ra­bi­li­tés des per­son­nages.

On sou­ligne le jeu im­pres­sion­nant de Les­ley Man­ville qui, en Ma­ry, offre une pa­lette com­plexe d’émo­tions, de doutes et de peines. On dé­plore, par contre, que le film soit par trop « an­glais » et qu’on en vi­sionne les 129 mi­nutes sans pou­voir s’en­le­ver de la tête qu’il s’agit d’une pro­duc­tion bri­tan­nique.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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