In­trigues au temps de Louis XIV

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Marie-France Bor­nais

Ma­man de deux gar­çons de trois ans et un an et sexo­logue de pro­fes­sion, Jen­ni­fer Ahern a trou­vé l’éner­gie né­ces­saire pour écrire les trois tomes de sa sé­rie à suc­cès, No­blesse dé­chi­rée. Le troi­sième, Le clan des princes, clôt la sé­rie que son au­teure quitte presque à re­gret.

Dans Le clan des princes, Jen­ni­fer Ahern trans­porte ses lecteurs au XVIIe siècle, où in­trigues et his­toires d’amour s’épa­nouissent aux cô­tés des com­plots et des re­vanches dans la no­blesse fran­çaise. La fa­mille De Ra­zès s’ap­prête à cé­lé­brer le ma­riage d’Aude et de Ni­co­las, mais l’ar­ri­vée in­at­ten­due de Lu­tisse, la soeur de Xa­vier, bou­le­verse quelque peu les fes­ti­vi­tés et pro­voque la mé­fiance de Mar­got.

Fâ­chée, Mar­got quitte Mont­cerf et en­tre­prend un voyage qui lui per­met­tra de re­tra­cer la vie de sa mère, Ma­de­leine de Col­li­bret, amante du duc de Con­dé. Alors qu’elle est sur le point de dé­cou­vrir la vé­ri­té sur l’im­pli­ca­tion de sa mère dans le des­tin de la France, on tente de la tuer.

« C’est plus fa­cile pour moi d’écrire un ro­man his­to­rique que n’im­porte quoi d’autre. Main­te­nant que c’est ter­mi­né, j’ai beau­coup de dif­fi­cul­té à écrire quelque chose dans un autre ton, un autre type de vo­ca­bu­laire, une autre époque, même si j’ai de l’in­té­rêt pour

« Mar­got n’avait pas eu be­soin d’ar­gu­ments pour se lais­ser convaincre. Plus en­core que de re­voir Ninon, pas­ser du temps avec Ben­ja­min lui avait fait voir à quel point ses an­nées pas­sées comme châ­te­laine l’avaient éloi­gnée de la per­sonne qu’elle était quand, à dix-neuf ans, elle avait fron­dé Col­bert dans son ca­bi­net. Peu de temps après, elle avait été re­çue par le roi. »

— Jen­ni­fer Ahern, Le clan des princes

quelque chose de plus contem­po­rain », ex­plique la ro­man­cière de Re­pen­ti­gny, dont les deux pre­miers tomes ont été ven­dus à plus de 10 000 exem­plaires cha­cun.

Plu­sieurs dé­cou­vertes l’at­ten­daient au dé­tour des nom­breuses re­cherches et des mois consa­crés à l’écri­ture. La ré­gion du Puy de Dôme, dans le sud de l’Auvergne, très pré­sente dans les deuxième et troi­sième tomes, l’a pas­sion­née. « Le châ­teau où avait sé­jour­né la prin­cesse de Con­dé existe vrai­ment. Il y a une pé­riode pen­dant la Fronde où les princes sont pas­sés par là. Peut-être parce que c’est très boi­sé, très sau­vage, avec les pics en­nei­gés et les puys... Je trouve que ça porte à ou­vrir l’ima­gi­na­tion sur autre chose, contrai­re­ment à mon pre­mier tome qui se passe presque en­tiè­re­ment à Paris, dans les sa­lons. »

La ro­man­cière s’est éga­le­ment in­té­res­sée de près à la Fronde, une pé­riode de ré­volte qui a se­coué le royaume de France pen­dant la mi­no­ri­té de Louis XIV. « Il y a tel­le­ment de per­son­nages gran­dioses à cette époque qu’on di­rait que chaque per­son­nage a son propre ro­man! »

Elle fait éga­le­ment ré­fé­rence à des bi­zar­re­ries, comme l’éton­nante ly­can­thro­pie du prince Hen­ri-Jules de Bour­bon, qui tente d’as­sou­vir ses pul­sions sur Éli­sa­beth. Il est éton­nant d’ap­prendre que Par­fum de cour­ti­sa

ne, Le poi­son de la fa­vo­rite et Le clan des princes re­pré­sentent ses tout pre­miers ro­mans. « Je ne me voyais pas écrire autre chose. En ré­tros­pec­tive, je réa­lise que c’était quand même la­bo­rieux, peut-être plus que ce que je m’at­ten­dais en re­cherche. Mais quand j’ai com­men­cé Par­fum de cour­ti­sane, c’était un ap­pel... J’avais en­vie d’écrire. J’ai tou­jours bai­gné dans le ro­man his­to­rique au ni­veau de mes propres lec­tures, alors ça al­lait de soi, mais No­blesse dé­chi­rée a été un gros pro­jet. C’est fi­ni main­te­nant et ça me pa­raît qua­si irréaliste que ce soit ter­mi­né tel­le­ment ça a pris d’am­pleur dans ma vie. »

Ses pro­jets? « Là, je suis dans les couches... » dit-elle en écla­tant de rire. Les pe­tits, pré­nom­més Xa­vier et Ni­co­las, la tiennent oc­cu­pée. « J’ai en­ta­mé un pro­jet, mais c’est vrai­ment à pas de sou­ris pour le mo­ment que je le prends. Il ne faut pas que je m’en de­mande trop parce que je me rends compte que je n’ai pas au­tant de temps que je le voudrais pour écrire. »

Une autre sé­rie his­to­rique, si­tuée dans un cadre moins contrai­gnant que No­blesse dé­chi­rée, la tente. Peut-être choi­si­ra-t-elle d’écrire un ro­man de cape et d’épée, à la ma­nière d’Alexandre Du­mas, met­tant en ve­dette un per­son­nage fé­mi­nin.

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