Un temps pour l’éman­ci­pa­tion

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Marie-France Bor­nais

Les cour­ti­sanes, à l’époque de Louis XIV, étaient des femmes re­la­ti­ve­ment éman­ci­pées pour l’époque, ob­serve la ro­man­cière.

« Il y a beau­coup de dif­fé­rences entre l’éman­ci­pa­tion de l’époque et celle d’au­jourd’hui. À l’époque, même si elle avait une cer­taine li­ber­té fi­nan­cière en temps que per­sonne, elle n’était pas re­con­nue par la loi. Je pense que ça porte à rê­ver qu’une cour­ti­sane puisse choi­sir son des­tin, ses amants, donne des sa­lons et dé­fend une li­ber­té d’es­prit, de mots et de pen­sée. »

En créant le per­son­nage de Mar­got par exemple, Jen­ni­fer Ahern vou­lait une hé­roïne dif­fé­rente de ce qu’elle avait l’ha­bi­tude de lire. « Je vou­lais qu’elle soit forte, presque cal­cu­la­trice à la li­mite, qu’elle prenne le des­tin de sa fa­mille en main et qu’elle ne cède pas fa­ci­le­ment aux avances de Xa­vier, même s’il est beau, même s’il es­saie de se ra­che­ter et même si c’est très ten­tant.

« Ma pre­mière idée était que Mar­got dise non... Mais en l’écri­vant, les per­son­nages ont pris forme et ont eu leur propre per­son­na­li­té. Ils ont pris leur des­tin en main. Je me suis dit que Mar­got pour­rait dire oui sans pour au­tant être une femme faible, sans vo­lon­té, qui se laisse sé­duire par le pre­mier ve­nu. »

ÉGA­LI­TÉ ET IN­TI­MI­TÉ

À titre de sexo­logue, Jen­ni­fer Ahern ob­serve com­ment la contra­cep­tion, l’acte de l’amour, le plai­sir qu’on y pre­nait, étaient per­çus à l’époque de Louis XIV.

« Dans les dif­fé­rentes bio­gra­phies de Ninon de Len­clos, il y a des textes in­té­res­sants à ce su­jet. En ce qui a trait au dé­sir et aux re­la­tions hommes-femmes, c’est vrai­ment fas­ci­nant de voir com­ment les femmes vi­vaient beau­coup pour en­tendre les hommes par­ler d’elles.

« Ça n’a pas tou­jours été égal dans les re­la­tions hommes-femmes, au­tant in­times que so­ciales. J’es­saie de trans­mettre ce­la et de ro­man­cer les choses, tout en étant res­pec­tueuse de ce qui se pas­sait vrai­ment. J’ai beau­coup de plai­sir à mettre en contexte au­tant l’éro­tisme que l’in­ti­mi­té. »

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