Mé­ta­mor­phose du quo­ti­dien

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Marie-France Bor­nais

Mi­dam s’ins­pire par­fois de si­tua­tions a prio­ri ba­nales de la vie quo­ti­dienne, leur in­jecte un peu d’ima­gi­na­tion et fi­nit par les mé­ta­mor­pho­ser com­plè­te­ment. À sa fa­çon.

« Dans le tome 12 de Kid Paddle, il y au­ra un gag sur les grains de riz qu’on trouve dans les sa­lières. Il y a de quoi se po­ser des ques­tions quand même. Un en­fant qui voit ça pour la pre­mière fois de­mande pour­quoi il y a des grains de riz dans une sa­lière. Eh bien, les adultes lui ven­dront un men­songe en di­sant que c’est pour que le sel ne colle pas. Mais on sait bien que ce sont des oeufs d’Alien qui ont été mis dans le sel pour éclore. Et une fois qu’ils au­ront éclos, ils en­va­hi­ront la terre », lance-t-il très sé­rieu­se­ment. L’ima­gi­na­tion de Mi­dam ne s’ar­rête pas là. « Un cor­ni­chon, c’est vrai que c’est vert, que ça a une cou­leur de Mar­tien. Si vous re­gar­dez la struc­ture, c’est quand même très vé­ro­lé : il y a des pus­tules des­sus. Je me dis : tiens, c’est quand même une coïn­ci­dence. Donc, je marque dans un coin de mon car­net « cor­ni­chon = doigt de Mar­tien ». Après, je cher­che­rai une his­toire. Mais le plus im­por­tant, c’est cette pe­tite im­pul­sion de dé­part. » Mi­dam se re­con­naît tout à fait dans Kid Paddle et les per­son­nages de son uni­vers. « Je n’y connais rien en jeux vi­déo, mais l’es­prit du per­son­nage, c’est exac­te­ment moi. Il ré­agit comme je ré­agi­rais. Les per­son­nages ont tous une fa­cette de moi et j’as­sure en­tiè­re­ment la pa­ter­ni­té de cha­cun. Je blague exac­te­ment de la même ma­nière dans la vie réelle que dans la BD. Je ne fais au­cune dis­tinc­tion. » Ara­ce­li Can­ci­no, sa conjointe qué­bé­coise, édi­trice et as­so­ciée de Mi­dam et Di­mi­tri Kennes dans MADFa­brik, leur mai­son d’édi­tion, sou­tient que Mi­dam s’au­to­cen­sure. D’après elle, la fé­ro­ci­té qui ap­pa­raît dans cer­tains gags est stric­te­ment vir­tuelle. « Il dé­gomme du blork, aime bien les tripes et tout ça, mais c’est tou­jours dans le vir­tuel. Il n’y a ja­mais une cruau­té en­vers les per­sonnes et les ani­maux dans la vraie vie. C’est dans le jeu vi­déo que ça se passe ou dans la rê­ve­rie, mais ja­mais dans la réa­li­té. » Ara­ce­li, qui a gran­di à An­jou avant d’être « kid­nap­pée » par Mi­dam, as­sure qu’elle est meilleure que lui aux jeux vi­déo, même si elle n’est pas très bonne. « Mi­dam ne vou­lait pas de­ve­nir ex­pert en jeux vi­déo. Il vou­lait que ses pa­rents, qui n’étaient pas tout à fait convain­cus par ses choix pro­fes­sion­nels à l’époque, com­prennent Kid Paddle. » Ara­ce­li s’iden­ti­fie quelque peu au per­son­nage de Maxi­mi­lienne, une pe­tite « go­thique » qui pren­dra la ve­dette dans le sixième tome de

Game Over.

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