JOHN­NY HAL­LY­DAY

Aprés avoir frole la mort LA RE­NAIS­SANCE DE

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Ma­rie-Joëlle Parent SUN ME­DIA / AGENCE QMI

Son nou­vel al­bum Ja­mais seul

Tra­ver­ser l’At­lan­tique pour un en­tre­tien avec John­ny Hal­ly­day, il y a des week-ends plus ba­roques que d’autres. On me donne ren­dez-vous dans un hô­tel bou­tique bran­ché du 8e ar­ron­dis­se­ment. Quelques pa­pa­raz­zis et chas­seurs d’au­to­graphes sont pos­tés à l’en­trée de­puis le dé­but de la jour­née. As­sis dans le lob­by, le chauf­feur fi­dèle de John­ny at­tend. «Je suis tout le temps avec lui, presque au­tant que sa femme», me dit l’homme à l’ac­cent de Tou­louse. On m’es­corte jus­qu’au der­nier étage. J’at­tends quelques mi­nutes dans le cor­ri­dor dans le si­lence to­tal. John­ny vient de ter­mi­ner une longue jour­née d’en­tre­vues avec la presse fran­çaise, suisse

et belge.

Pour l’Amé­rique, il n’ac­corde que deux en­tre­vues, le New York Times et nous. Je suis la der­nière à pas­ser, la case ho­raire dé­tes­tée par les jour­na­listes. Nor­ma­le­ment, les stars en ont marre de ré­pondre aux mêmes ques­tions.

La porte de la suite s’ouvre en­fin et je dé­couvre John­ny as­sis seul sur la ter­rasse, le nez dans son té­lé­phone por­table. Les che­mi­nées en terre cuite des toits de Pa­ris se dé­coupent sur un cou­cher de so­leil de prin­temps. J’ai de­vant moi la tour Eif­fel et le El­vis des Fran­çais, une par­faite carte pos­tale.

MO­TARD GO­THIQUE

John­ny prend place au sa­lon. Son style? Un mé­lange de go­thique, de mo­tard et une touche du King, avec cette veste de ve­lours noir. Aux doigts, il porte tou­jours les mêmes bagues, des têtes de mort ser­ties de pierres pré­cieuses.

Le teint est bron­zé, les che­veux sont très blonds et le re­gard est plus bleu en per­sonne qu’en pho­to. John­ny a le vi­sage mar­qué par les vices de la vie de ro­ckeur et je réa­lise à cet ins­tant pour­quoi les Fran­çais le sur­nomment le lion, il a vrai­ment des traits de fé­lin. C’est la deuxième fois que je ren­contre Hal­ly­day. En 2007, il était de pas­sage à Montréal pour la pro­mo­tion du

Fla­sh­bak Tour, un disque et un DVD. Je l’a

vais trou- vé aus­si di­ver­tis­sant, bouillant qu’in­ti­mi­dant. Cette fois, je re­trouve un homme plus se­rein, moins té­né­breux. John­ny me fait plu­tôt pen­ser à un sage qui a vé­cu tous les scé­na­rios pos­sibles d’une vie mou­ve­men­tée et qui est main­te­nant prêt à en par­ta­ger les le­çons.

Ses ré­ponses sont brèves, il va droit au but et on le sent sin­cère. On lui par­le­rait pen­dant des heures, il a une collection d’anec­dotes à ra­con­ter, mais les mi­nutes sont comp­tées. John­ny ne fait plus au­tant de pro­mo­tion qu’avant.

JA­MAIS SEUL

J’avais lu dans des ar­ticles ré­cents qu’il avait com­plè­te­ment ar­rê­té de boire, il pro­fite tout de même d’un verre de vin blanc du­rant notre en­tre­tien. Il fume tou­jours, mais moins dit-il.

Il me montre son nou­veau ta­touage, les mots « Ja­mais seul » sur son coude gauche. «Je com­mence à en avoir pas mal», me dit-il en poin­tant son bras mul­ti ta­toué (aigle, loup, tête de mort, tout y passe).

Sur la table, son té­lé­phone «beep» à quelques re­prises signe qu’un mes­sage est en­tré, mais rien ne le dé­con­centre. C’est ain­si, dans un nuage de fu­mée de Gi­tanes, que l’on com­mence à dis­cu­ter de ce nou­vel al­bum, un disque qu’il qua­li­fie d’hymne à la vie.

«La conti­nui­té d’une vie que j’au­rais dû connaître de­puis long­temps», souffle-t-il.

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