RÉUS­SIR SANS GROS HITS

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - PIERRE O. NA­DEAU

Elle n’a ja­mais pro­duit de gros suc­cès ra­dio­pho­niques et pour­tant Chan­tal Blan­chais dure et per­dure de fa­çon constante de­puis dé­jà plus de 20 ans, ici et à l’étran­ger.

« Je me consi­dère chan­ceuse et pri­vi­lé­giée de pou­voir conti­nuer de ga­gner ma vie avec ma voix, car la mu­sique, c’est la grande pas­sion de ma vie », ra­conte la chan­teuse ori­gi­naire de Qué­bec, dont l’im­pres­sion­nante feuille de route aligne des pres­ta­tions, no­tam­ment à To­ron­to, New York, Pa­ris et même à Hong Kong, où elle a eu la chance de faire la pre­mière par­tie de Whit­ney Hous­ton.

Elle a fait d’autres mé­mo­rables pre­mières par­ties, de Gil­bert Bé­caud à Charles Tre­net, en pas­sant par nos hu­mo­ristes qué­bé­cois, dont An­dré-Phi­lippe Ga­gnon, Sté­phane Rous­seau et Da­niel Le­mire.

Elle a même mul­ti­plié les per­for­mances au Ca­si­no de Pa­ris, à Las Ve­gas. « Mais, en rai­son de la crise éco­no­mique qui sé­vit là-bas, on em­bauche main­te­nant des ar­tistes lo­caux », re­grette-t-elle.

CRÉA­TION DE PER­SON­NAGES

Avec la com­pli­ci­té de l’agence Pierre Gra­vel In­ter­na­tio­nal, qui gère no­tam­ment les per­for­mances en pri­vé d’An­dré-Phi­lippe Ga­gnon ici et à l’étran­ger, Chan­tal Blan­chais gagne sa croûte prin­ci­pa­le­ment en prê­tant son ta­lent au­près d’or­ga­ni­sa­tions pri­vées, comme la com­pa­gnie d’au­to­cars Pré­vost, qui a re­te­nu ses ser­vices der­niè­re­ment pour ani­mer une soi­rée cor­po­ra­tive au Texas.

« Pour ces soi­rées so­ciales pri­vées, je me suis créé des per­son­nages, me fai­sant tan­tôt fran­çaise, tan­tôt ita­lienne, en pro­po­sant un ré­per­toire va­rié qui plaît à tous les goûts », ex­plique la chan­teuse po­ly­va­lente et po­ly­glotte, qui peut chan­ter en sept langues.

Ba­che­lière en chant clas­sique de l’Uni­ver­si­té La­val, Chan­tal Blan­chais a dé­bu­té sa car­rière à la fin des an­nées 80, au sein de la troupe Up With People, une ex­pé­rience en­ri­chis­sante qui l’a ame­née à sillon­ner une cen­taine de villes amé­ri­caines et eu­ro­péennes.

De re­tour au pays, elle se dis­tin­gue­ra en 1992, rem­por­tant la fi­nale du Fes­ti­val de la chan­son de Gran­by. Au fil des ans, sans ap­pui du mi­lieu ra­dio­pho­nique, elle a en­re­gis­tré six al­bums, dont son Live au Ca­si­no de Pa­ris de Las Ve­gas (2000) et son Live au Pa­lais Mont­calm (2004).

LE WHITE PRO­JECT

Son plus bel ex­ploit, dit-elle, c’est son der­nier opus, Le White Pro­ject, pour le­quel elle ne cache pas sa grande fier­té. « C’est ce que j’ai fait de mieux, l’al­bum dont je suis la plus fière. »

Lors de ses ré­ci­tals de­vant des groupes pri­vés, elle se li­mite à quelques titres seule­ment de son ré­per­toire per­son­nel, pri­vi­lé­giant les suc­cès des autres, aus­si se dit-elle par­ti­cu­liè­re­ment heu­reuse de pou­voir faire hon­neur à son nou­veau ma­té­riel lors de son pro­chain spec­tacle, le 7 avril, dans l’in­ti­mi­té du centre d’art La Cha­pelle, à Qué­bec.

« C’est un show pour me faire plai­sir », di­telle en riant. « À tra­vers les chan­sons du White Pro­ject, les gens vont pou­voir dé­cou­vrir qui est vrai­ment Chan­tal Blan­chais. »

Pour une rare fois, on la ver­ra jouer de la gui­tare, même élec­trique, au cours d’un seg­ment tein­té de rock. À ses cô­tés, on re­trou­ve­ra trois mu­si­ciens. En plus de faire hon­neur à son der­nier al­bum, elle ajou­te­ra une touche d’hu­mour en pro­po­sant son jeu des de­mandes spé­ciales à la fa­çon de Gregory Charles. √ Chan­tal Blan­chais, le 7 avril, au centre d’art La Cha­pelle, à Qué­bec.

PHO­TO COURTOISIE

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