UN AL­BUM SYM­BO­LIQUE

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Ma­rie-Joëlle Parent

PA­RIS | John­ny Hal­ly­day a en­re­gis­tré plus d’une qua­ran­taine d’al­bums en car­rière, mais Ja­mais

seul, son nou­vel opus, est pro­ba­ble­ment un des plus sym­bo­liques. Pour la star, c’est un re­tour aux sources et à ce son qui a mar­qué sa jeu­nesse.

«C’est un re­tour aux ra­cines de ma mu­sique. J’en avais be­soin parce qu’à un cer­tain mo­ment, je m’étais un pe­tit peu éga­ré dans la va­rié­té, dans plein de choses qui m’ont en­le­vé l’en­vie de faire de la mu­sique», confie Hal­ly­day.

Dire qu’en 2009, il pré­pa­rait sa tour­née d’adieu et son­geait à tout ar­rê­ter. «Oui, c’est vrai, mais ça m’a ser­vi à pen­ser au­tre­ment, on change dans la vie, c’est à ça que ça sert les épreuves».

Ce 44e al­bum a été en­re­gis­tré dans l’es­prit des an­nées 60 et 70. Les 13 chan­sons ont été pro­duites avec Mat­thieu Ché­did (le chan­teur M, étoile de la pop fran­çaise), l’au­tomne der­nier à Los An­geles. «On a tout en­re­gis­tré sur des grandes bandes, comme à l’époque, en di­rect, tous en­semble, il n’y avait pas de remix de voix après».

Cette al­liance avec «M» sur­prend. Les deux ar­tistes viennent d’uni­vers très dif­fé­rents. «Quand je l’ai en­ten­du jouer de la gui­tare, je me suis dit que c’était LE gui­ta­riste que je cher­chais pour faire l’al­bum dont j’avais en­vie. On est tom­bé d’ac­cord sur le fait de re­nouer avec ce qui m’a don­né au dé­part l’en­vie de faire ce mé­tier».

Sa chan­son pré­fé­rée de l’al­bum est d’ailleurs Gui­tar He­ro, un hom­mage à tous ces grands gui­ta­ristes qui ont mar­qué sa vie, comme Jim­my Hen­drix. «Il n’y a pas de gui­tare sans hé­ros», chante-t-il. «Jim­my était un ami. Je l’ai dé­cou­vert dans un club à Londres (dans les an­nées 60). Je l’ai en­ten­du jouer, vu mordre sa gui­ta­riste, il était for­mi­dable. Je lui ai pro­po­sé de faire la pre­mière par­tie de ma tour­née. Il l’a fait pen­dant six mois et a ha­bi­té chez moi pen­dant deux ans».

CLIN D’OEIL AUX ROL­LING STONES ET AUX BEATLES

Sur ce disque, la gui­tare blues, rock et un brin coun­try est à l’hon­neur. «Mat­thieu a les mêmes hé­ros que ceux avec qui j’ai tra­vaillé au dé­but de ma car­rière. J’étais très ami avec Hen­drix j’ai bos­sé avec Jim­my Page, Eric Clap­ton et Mick Jones. Ce sont tous des gui­ta­ristes que lui écou­tait en ap­pre­nant la gui­tare», ra­conte John­ny.

Avec la chan­son Paul et Mick, il fait un clin d’oeil aux Rol­ling Stones et aux Beatles. «Y’a pas de po­lé­mique entre Paul et Mick», chante Hal­ly­day. «Pour moi, John (Len­non) est ce­lui qui a le plus in­car­né le re­belle des Beatles, mais le jeu de mots avec John ça ne fonc­tion­nait pas», dit-il.

Par ailleurs, Hal­ly­day a man­qué sa chance avec les Beatles et s’en mord au­jourd’hui un peu les doigts. «J’étais à New York pour au­di­tion­ner un nou­veau groupe pour mon pro­chain tour. J’es­sayais des mu­si­ciens et, en­tre­temps, la per­sonne qui s’oc­cu­pait de moi à l’époque, Lee Hal­ly­day, me dit : “j’ai trou­vé un groupe for­mi­dable, ils ar­rivent de Ham­bourg spé­cia­le­ment pour que tu les au­di­tionnes”. Je ve­nais de si­gner un groupe alors ils sont re­par­tis dans leur voi­ture à Ham­bourg». C’était l’époque où Rin­go Star n’était pas en­core là. Que se­rait-il ar­ri­vé s’il les avait choi­sis? «Ben je sais pas, je se­rais peut-être de­ve­nu un Beatle, ou pas!».

On sent qu’Hal­ly­day s’est fait plai­sir avec cet al­bum, plu­sieurs chan­sons sont hu­mo­ris­tiques et l’on sent l’émo­tion dans celles dé­diées à sa femme comme Elle a mis de l’eau et la ber­ceuse pour sa fille Jade. «On ne m’a ja­mais ap­pris de ber­ceuse quand j’étais pe­tit. Alors, je lui chan­tais des chan­sons d’El­vis comme Love me Ten­der. J’ai été ému aux larmes par cette chan­son».

Hal­ly­day ré­pond aus­si à ses dé­trac­teurs, no­tam­ment avec la chan­son

Vous n’au­rez pas ma peau. «Vous sa­vez dans un mé­tier comme je fais, il y a tou­jours des gens pour dire : “il est fi­ni, il est vieux, il ne fe­ra plus de tour­nées parce qu’il n’est plus en forme”».

Étran­ge­ment, John­ny doute en­core de l’ac­cueil qu’il re­ce­vra du pu­blic. J’ai du mal à le croire. «Vous sa­vez un ar­tiste qui ne doute pas, c’est un ar­tiste qui n’a plus rien à dire», conclut la star.

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