Dé­chi­rante histoire de pas­sion

Si on se fie à la ma­nière dont Luce Du­fault et Da­niel Bou­cher nous parlent d’Émi­lie Bor­de­leau et d’Ovi­la Pro­no­vost, leurs per­son­nages ve­dettes de l’opé­ra-folk tant at­ten­du Les Filles de Ca­leb, on peut être as­su­ré que l’émo­tion se­ra au ren­dez-vous.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Mi­chelle Cou­dé-Lord MCLORD@JOURNALMTL.COM

« Ovi­la est fou de sa femme, mais il n’est pas ca­pable de com­po­ser avec la du­re­té d’Émi­lie, elle qui ne peut pas s’aban­don­ner dans sa pas­sion, de peur que ça l’af­fai­blisse. Les deux sont des êtres or­gueilleux et im­pul­sifs. Ça fait des flam­mèches », ex­plique Da­niel Bou­cher, ra­vi de son ex­pé­rience au sein de sa troupe des

Filles de Ca­leb, de­ve­nue sa se­conde fa­mille.

Luce Du­fault évoque avec émo­tion, la dé­chi­rante histoire d’amour d’Émi­lie et d’Ovi­la.

« Une des scènes très dé­chi­rantes qui m’at­teint au plus haut point se passe lors­qu’elle dé­cide de lui dire qu’il vaut mieux qu’elle ne le re­voie plus. C’est tel­le­ment dur. Cette femme de tête et de coeur ne veut plus al­ler là où ça fait trop mal. Émi­lie est une belle tête de co­chon, une femme à l’état pur, très pas­sion­née, qui fe­ra tout pour ses en­fants. Et comme toutes les mères, elle ne veut pas les voir ré­pé­ter ses propres er­reurs. Plus je la joue, plus je la dé­couvre. »

Il y au­ra des scènes d’amour, des scènes de doutes, des scènes de pas­sion, des scènes de ten­dresse, des scènes d’ami­tié, dans les Filles

de Ca­leb, l’opé­ra-folk mis en scène par Yvon Bi­lo­deau, en­cen­sé par les deux co­mé­diens.

« Il nous res­pecte tel­le­ment et nous donne le goût de jouer et de prendre le temps d’ha­bi­ter notre per­son­nage. C’est un homme sen­sible qui nous ap­prend à avoir confiance », sou­lignent en choeur Luce Du­fault et Da­niel Bou­cher.

LE PLON­GEON

Les deux ont hé­si­té avant de dire oui… Mais au fond, avouent-ils au­jourd’hui, on ne laisse pas pas­ser une telle ex­pé­rience dans une car­rière qui de­vient pra­ti­que­ment une ex­pé­rience de vie.

« Tout est en­ri­chis­sant dans ce pro- jet. Moi, je me pince tous les jours tel­le­ment je suis heu­reux de faire par­tie de cette belle gang là. Je me suis même dé­cou­vert un grand frère en Yves Sou­tière, qui joue Dou­ville. Plus les jours passent, plus on tra­vaille fort, plus la fa­mille se forme », avoue l’au­teur-com­po­si­teur qui aime dé­cou­vrir l’ac­teur en lui.

Ils savent qu’ame­ner un tel suc­cès po­pu­laire sur scène est un dé­fi de taille et un jeu dan­ge­reux.

Mais afin de ras­su­rer le pu­blic qui at­tend le spec­tacle avec im­pa­tience, dé­jà 30000 billets ont été ven­dus avant la pre­mière qui au­ra lieu le 13 avril pro­chain, à Montréal, Da­niel Bou­cher leur dit ce­ci: « Je sens comme si Les Filles de Ca­leb était un vase hy­per pré­cieux qu’on avait tout à coup dé­ci­dé de dé­pla­cer ou chan­ger de pièce dans la mai­son afin qu’il soit éclai­ré dif­fé­rem­ment et j’en­tends les gens nous dire : “Sur­tout, ne l’échap­pez pas!’’ ».

LUCE À L’ÉCOLE D’ÉMI­LIE

Luce Du­fault n’a pas vu la sé­rie et ne se­ra pas Ma­ri­na Or­si­ni et Da­niel Bou­cher n’est ou ne se­ra pas Roy Du­puis sur scène.

« Je le ré­pète, le vase de cris­tal se­ra éclai­ré dif­fé­rem­ment, mais je les com­prends, car cette histoire nous res­semble tous un peu, car ce­la touche une fa­mille de coeur et ça se passe ici, chez des gens pas très loin de nous. Moi, la fa­mille qué­bé­coise et son histoire me brassent les tripes. Je suis tou­ché et mon Émi­lie est mer­veilleuse; une belle chi­mie s’est opé­rée entre Luce et moi, j’en suis très heu­reux. Nous avons vain­cu nos peurs en­semble », pré­cise Da­niel Bou­cher. Et il ajoute: « Lorsque je me suis vu dans mes beaux ha­bits du di­manche, sou­dai­ne­ment, je me suis sou­ve­nu de la pho­to de mon grand-père à ses noces. J’étais lui. C’est tou­chant ».

Luce Du­fault pro­met des scènes de ten­dresse avec Berthe, la meilleure amie d’Émi­lie, jouée par Ca­the­rine Sé­nart.

« Il y a tout dans cet opé­ra, de la pas­sion, des grandes bles­sures, de la haine, du déses­poir, mais on sait à la fin que l’amour est plus fort que tout et que le rêve sau­ra faire son che­min de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion. Moi, plus je joue Émi­lie, plus je com­prends cette femme, cette mère à la tête dure, mais au coeur d’or », nous dit une Luce Du­fault qui de­vrait nous sur­prendre avec son Émi­lie Bor­de­leau.

« C’est une belle tête de co­chon qui ne sait pas trop quoi faire avec ce grand amour-là. Elle a tel­le­ment de grandes peurs. »

QUI EST OVI­LA ?

« Mon pauvre Ovi­la, un gars en ap­pa­rence bien gâ­té par la vie, y’est beau, fra­gile, y’a de l’a ré­par­tie, y’est ta­len­tueux, mais y’est pas pan­toute équi­pé pour faire face à ce que la vie lui en­voie. Ça le dé­passe. Il est fou de son Émi­lie, mais il ne sait pas com­ment conju­guer avec cette femme-là. Donc dans des mo­ments dif­fi­ciles, il boit et fuit pen­dant des mois. »

Da­niel Bou­cher res­semble-t-il à Ovi­la Pro­no­vost ?

« Il y a un pe­tit peu d’Ovi­la dans chaque homme qui ne parle pas beau­coup et a de la mi­sère à dire ce qu’il pense, tout comme il y a des femmes comme Émi­lie qui ne se lais­se­ront pas ai­mer par leur homme de peur de s’af­fai­blir. C’est le com­bat dé­chi­rant entre la tête et le coeur. On passe de l’eu­pho­rie au drame. Mais moi, je vous jure, je n’ai ja­mais lais­sé mou­rir un de mes bé­bés parce que j’étais trop saoul… », conclut un Da­niel Bou­cher ha­bi­té to­ta­le­ment par son Ovi­la et prêt à of­frir aux spec­ta­teurs sa ver­sion d’Ovi­la Pro­no­vost.

« Je le ré­pète, on sau­ra éclai­rer dif­fé­rem­ment ce beau vase-là en cris­tal que sont Les Filles de Ca­leb ».

On le croit.

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