Le BBQ pour man­ger vite et bien, à la sauce Louis-François Mar­cotte

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Ma­rie-France Bor­nais

Chez Louis-François Mar­cotte, le bar­be­cue n’est ja­mais très loin, ni bien froid. Pour lui, c’est la cui­sine la plus convi­viale. Et c’est ce qu’il par­tage avec Sai­sis, son nou­veau re­cueil, à temps pour la sai­son du gril.

« Le bar­be­cue, en par­tant, c’est un prin­cipe que j’aime beau­coup. J’en fais ré­gu­liè­re­ment. Je suis très cu­rieux de ça et c’est un gros centre d’in­té­rêt pour moi. Je trouve que ce n’est pas com­pli­qué », com­mente Louis-François Mar­cotte en en­tre­vue té­lé­pho­nique. Avec Sai­sis, il com­plète la sé­rie de quatre livres de cui­sine de la collection Simple et Chic.

Louis-François Mar­cotte a ex­plo­ré la cui­sine au bar­be­cue d’in­fluence eth­nique pour pré­sen­ter des re­cettes ex­cel­lentes, qui sortent du ré­per­toire clas­sique du gril. « Les gens ne réa­lisent pas que le bar­be­cue, ça chauffe beau­coup plus fort qu’un four ou un poê­lon. La cha­leur est beau­coup plus in­tense : tu peux al­ler dans les 600, 700, 800 de­grés. Ça sur­prend les gens. »

Le chef af­firme être « pa­res­seux »... Le bar­be­cue lui per­met donc de man­ger vite et bien, sans sa­lir la cui­si­nière ni avoir des odeurs de cuis­son dans la mai­son. « Dans mon beat de vie, sou­vent, la cui­sine de­vient im­pro­vi­sée et de der­nière mi­nute. Ce qui fait que j’ai ra­re­ment le temps de me faire de grosses ma­ri­nades et d’at­tendre. »

LES GARS ET LE BAR­BE­CUE

À son avis, l’ho­mo sa­piens qué­bé­cois a tout à ga­gner en ap­pre­nant à maî­tri­ser le bar­be­cue. « Le gars qué­bé­cois a l’im­pres­sion d’être en contrôle quand il cui­sine de­vant son bar­be­cue et ça me fait tou­jours bien rire. Les femmes n’osent pas trop y tou­cher, parce qu’il faut l’al­lu­mer. Il y a du gaz, c’est dan­ge­reux... Elle dit à son homme de le par­tir. Elle lui donne les poi­trines de pou­let et il va les faire cuire. Mais elle les a ache­tées, les a fait ma­ri­ner pour lui. Il va les faire cuire. Puis, elle va lui dire : c’est beau, ché­ri, c’est cuit, tu peux les en­le­ver. Et il au­ra l’im­pres­sion d’avoir fait le sou­per alors qu’en réa­li­té, il a fait ce que sa femme lui a dit de faire.

« Ce livre est comme un guide pour les gars. Je leur dis : dé­niai­sez-vous et al­lez cher­cher vos poi­trines de pou­let! Prends le temps d’al­ler cher­cher quelque chose à l’épi­ce­rie. Fais une pe­tite re­cette fa­cile. Maî­trise ton bar­be­cue et, à ce mo­ment-là, tu au­ras la gloire à toi tout seul! Je ris avec ça, mais c’est la réa­li­té, sou­vent. Le bar­be­cue, j’ap­pelle ça l’ou­til de l’ho­mo sa­piens qué­bé­cois. »

Le chef pro­pose des so­lu­tions de re­change in­té­res­santes aux re­cettes clas­siques. « On tombe sou­vent dans les mêmes pat­terns de faire des bro­chettes, de la viande. Même avec le pois­son, les gens ont peur. On donne plein de trucs, ça amène de nou­velles idées. J’ai un mot d’ordre : j’ai be­soin de faire des trucs hy­per­sim­pli­fiés et ac­ces­sibles.

« Le but, c’est que les re­cettes se fassent fi­na­le­ment pour que ça de­vienne un ou­til qui est uti­li­sé. Le livre, je le veux sa­li sur le coin des comp­toirs, avec des pages qui sont dé­chi­rées un peu! Il faut créer une base pour que les gens aient des idées, avec des in­gré­dients ac­ces­sibles qu’ils ont dans leur fri­go et leur garde-man­ger. »

PHO­TO COURTOISIE | CH­RIS­TIAN TREM­BLAY, (FLAM­MA­RION QUÉ­BEC, 2011)

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