Goût, li­ber­té, spon­ta­néi­té

Sur les airs élec­tro-pop hyp­no­ti­sants de son pre­mier al­bum Pop-Up, la for­ma­tion fran­çaise Yelle a ga­gné une lé­gion de fans par­tout dans le monde en chan­tant dans sa langue ma­ter­nelle et mal­gré les de­mandes des Amé­ri­cains, Ju­lie Bu­det et ses par­te­naires n’

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger

C’est donc tou­jours en fran­çais que Yelle s’éclate sur son se­cond opus, Sa­fa­ri Dis­co Club, of­fert de­puis le 29 mars.

« Il y a un an, avant de tra­vailler sur le nou­vel al­bum, nous avons eu pas mal de ren­dez-vous avec de grosses éti­quettes de disque amé­ri­caines. Ra­pi­de­ment, ils nous ont de­man­dé quand ils au­raient les dé­mos en an­glais. On s’est dit qu’ils n’avaient pas com­pris que les gens nous ont écou­tés parce que nous avons cette ori­gi­na­li­té. Sou­vent, on nous dit que c’est unique de chan­ter en fran­çais sur ce style de mu­sique. Je ne vois donc pas l’in­té­rêt qu’on au­rait à chan­ter en an­glais », lance la pé­tillante Ju­lie Bu­det, à qui le Jour­nal a cau­sé il y a quelques jours.

Yelle est dé­bar­qué en coup de vent, en 2006, avec le tube Je veux te voir et ses ré­fé­rences sexuelles ex­pli­cites. Sans trop sa­voir ce qu’elle ra­conte, des mil­liers d’an­glo­phones ont sau­té dans le train de Yelle, ga­gnés par leur pop élec­tro pi­men­tée de joie de vivre concen­trée.

« Il n’y a pas très long­temps, j’ai ren­con­tré une sty­liste sur un shoo­ting qui me ra­con­tait que des co­pines amé­ri­caines, de pas­sage à Pa­ris, chan­taient Je veux te voir en dan­sant mais ne sa­vaient pas de quoi il s’agis­sait. La sty­liste leur a tra­duit les pa­roles et elles étaient un peu cho­quées parce qu’elles sont hy­per-ca­thos et vont à l’église tous les di­manches », s’amuse Ju­lie Bu­det.

« Ce­ci dit, j’ai tou­jours eu l’im­pres­sion que Je veux te voir est un mor­ceau ren­tre­de­dans, oui, mais chan­té avec de la lé­gè­re­té, un cô­té co­quin, un peu ta­quin et pas vul­gaire. C’est dans un es­prit fun, donc c’est moins grave. »

LI­BER­TÉ TO­TALE

Donc, après avoir par­cou­ru la pla­nète pen­dant trois ans, Yelle s’est re­trou­vée de­vant la han­tise de tous les ar­tistes qui connaissent la gloire avec un pre­mier al­bum : en faire un se­cond qui prou­ve­rait qu’ils ne sont pas un feu de paille.

Pour y ar­ri­ver, Bu­det et ses aco­lytes Grand Mar­nier et TEP se sont en­fer­més dans un cha­let en Bre­tagne et ont créé sans s’im­po­ser la pres­sion d’une date de tom­bée.

« Les choses sont ve­nues na­tu­rel­le­ment. Évi­dem­ment, on a gran­di pen­dant ces trois an­nées. Nos goûts se sont af­fi­nés. On a eu en­vie d’ap­pro­fon­dir cer­taines choses, de tra­vailler sur des ryth­miques plus com­pli­quées que sur le pre­mier al­bum, d’al­ler cher­cher des so­no­ri­tés dans les syn­thé­ti­seurs plus ty­pées. Tout s’est fait de ma­nière plus na­tu­relle et spon­ta­née. On s’est lais­sé la li­ber­té to­tale. » Pour sou­li­gner leur re­tour en grand, Yelle a tour­né non pas un mais deux vi­déo­clips pour les pièces Sa­fa­ri Dis­co Club et Que veux-tu? La réa­li­sa­tion a été confiée au Mon­tréa­lais Jérémie Sain­don, qui bosse avec Om­ni­krom et Nu­mé­ro#. « On l’a connu il y a deux ans. Il a com­men­cé à com­mu­ni­quer avec Grand Mar­nier mais l’oc­ca­sion de tra­vailler en­semble ne s’était pas pré­sen­tée. Pen­dant plu­sieurs mois, ils se sont par­lé presque tous les jours. De là, est ve­nue l’idée du double clip qui a été tour­né pen­dant quatre jours à Los An­geles. On vi­vait tous en­semble et ce fut une ex­pé­rience très riche. Nous al­lons le re­voir bien­tôt car nous al­lons tour­ner au Ca­na­da et aux États-Unis. C’est plai­sant de voir que des pro­jets naissent des ami­tiés. »

AVEC KA­TY PER­RY EN AN­GLE­TERRE

En at­ten­dant leur vi­site en Amé­rique du Nord, du­rant la­quelle ils se pro­dui­ront au Fes­ti­val de Coa­chel­la, Yelle s’offre une tour­née de l’An­gle­terre en pre­mière par­tie de Ka­ty Per­ry. « Elle nous suit de­puis Je veux te voir, re­late Ju­lie Bu­det. Elle avait dé­cou­vert le titre sur In­ter­net comme beau­coup de gens et elle en avait beau­coup par­lé à l’époque. On s’est ren­con­tré à Coa­chel­la l’an­née der­nière et nous avons dis­cu­té. Fi­na­le­ment, il y a quelques mois, on a re­çu un mes­sage sur Twit­ter. Elle nous de­man­dait si ça nous di­sait de faire la pre­mière par­tie de sa tour­née eu­ro­péenne. En fait, on ne pou­vait pas la faire au com­plet mais nous avons pu nous gref­fer sur la por­tion en An­gle­terre. C’est une fille qu’on aime bien. Elle est mar­rante, elle a un uni­vers plein de fan­tai­sies. » Est-ce que Ka­ty Per­ry fe­ra un jour la pre­mière par­tie de Yelle? « Ha­ha­ha! Même si un jour on ar­rive à rem­plir des salles aus­si grandes que celles qu’elle fait au­jourd’hui, je ne sais pas si elle ac­cep­te­rait de faire notre pre­mière par­tie. » Yelle se­ra en spec­tacle le 2 mai, au Cercle, à Qué­bec, et le 3 mai, au Na­tio­nal, à Montréal.

PHO­TO COURTOISIE

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