AN­TOINE GRAT­TON

MONTRÉAL | Le di­van du monde, film de Do­mi­nic Des­jar­dins met­tant en ve­dette An­toine Grat­ton et Mé­la­nie Le­blanc, est un « road movie » sym­pa­thique qui fait voya­ger de Van­cou­ver à l’Île-du-Prin­ceÉ­douard.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Be­noît Bisson

Zoé est ve­nue à Van­cou­ver avec son chum, mais après leur rup­ture, elle réa­lise qu’elle n’y connaît per­sonne, sauf les amis de son « ex ». Alex, lui, est ve­nu sur la côte Ouest pour le bou­lot, mais s’y sent constam­ment seul, n’ayant ja­mais dé­ve­lop­pé d’ami­tiés.

Quand Zoé croise son che­min, il y voit un signe. Il plaque tout et suit la jeune femme au fil de son pé­riple en au­tos­top pour re­tour­ner chez elle, à l’Île-du-Prince-Édouard. Histoire d’amour, histoire de gens, histoire de vie, en fait, que ce film à la fois drôle, tou­chant et émou­vant qui sait nous at­teindre.

« Au dé­part, comme le ra­conte An­toine Grat­ton, ça a com­men­cé dans le cadre d’une tour­née mu­si­cale qui a fait le tour du Ca­na­da à l’été 2008. J’étais di­rec­teur mu­si­cal et Do­mi­nic (Des­jar­dins) était un ar­tiste vi­suel par­ti­ci­pant. En plus, il avait comme pro­jet de faire ce qui était, à l’ori­gine, un court mé­trage en se ser­vant de toutes les villes du Ca­na­da de la tour­née pour faire son film. »

CHAN­TEUR ET CO­MÉ­DIEN?

Ce qu’An­toine ne sa­vait pas, c’est que Do­mi­nic n’avait pas qu’une idée de film, il avait aus­si une idée pré­cise de l’ac­teur prin­ci­pal. Après la confé­rence de presse an­non­çant la tour­née, Do­mi­nic est al­lé voir An­toine pour lui dire : « J’ai­me­rais que tu joues dans mon film ».

En riant, An­toine se sou­vient de sa ré­ac­tion. « Là, j’ai fait ‘Hein?’ Do­mi­nic m’a fait un bref ré­su­mé. Et j’ai re­fu­sé. Je lui ai dit : ‘Tu vas scrap

per ton film. Je ne suis pas co­mé­dien.’ Ce n’est pas parce que ça ne m’in­té­res­sait pas. Moi, je suis mu­si­cien. Je ne vou­lais pas être le gars qui n’est pas ac­teur et qui fait que ça ne marche pas. »

« Après, re­late An­toine, Do­mi­nic est re­ve­nu à la charge en me di­sant : ‘Met­tons que le per­son­nage te res­semble, que je l’écrive pour qu’il soit un mu­si­cien. On a ja­sé et ça s’est tran­quille­ment dé­ci­dé comme ça. »

Do­mi­nic conclut : « Je n’ai pas du tout re­gret­té mon choix. An­toine avait une grande écoute, une grande dis­po­ni­bi­li­té. Jus­te­ment, le fait qu’il ne se donne pas trop de pres­sion lui per­met­tait d’at­teindre un jeu qui était beau­coup plus au­then­tique. »

Comme si ce n’était pas as­sez, An­toine Grat­ton signe aus­si la trame so­nore du film, choix qui est de­ve­nu une évi­dence au fil du tour­nage. Comme le pré­cise An­toine : « À un mo­ment don­né, on s’est juste re­gar­dés pen­dant qu’on tour­nait. » Do­mi­nic en­chaîne : « Oui, un peu comme : ‘Ac­tion... Oh, at­ten­dez. Tu veux-tu faire la mu­sique du film? Oui? O.K., ac­tion!’ »

La com­pli­ci­té entre le réa­li­sa­teur Do­mi­nic Des­jar­dins et son ac­teur prin­ci­pal, An­toine Grat­ton, est évi­dente en en­tre­vue, tout comme elle l’est entre Zoé (Mé­la­nie Le­blanc) et Alex (An­toine Grat­ton) au grand écran.

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