L’AMOUR avec un GRAND A ... quand ça fonc­tionne!

La Mont­réa­laise An­nie Quin­tin signe un pre­mier ro­man di­ver­tis­sant avec Déses­pé­rés s’abs­te­nir. Au fil des pages, les ren­contres foi­reuses par In­ter­net, les ren­dez-vous plus ou moins pa­thé­tiques et la quête d’amour d’un groupe de cé­li­ba­taires sont dé­crits a

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ma­rie-France Bor­nais

Son hé­roïne, Cla­ra, 30 ans, est une chas­seuse de têtes qui par­tage sa vie entre son amie Mé­lo, grande ro­man­tique, et Yan, un gai vi­ril. Les trois amis sont cé­li­ba­taires et cherchent, si­non l’amour, au moins des ren­contres in­té­res­santes.

Mé­lo et Yan tentent leur chance en s’ins­cri­vant à un site de ren­contres In­ter­net. Cla­ra fait de même, avec une cer­taine ré­serve. S’en­suit une sé­rie de ren­contres tan­tôt co­casses, tan­tôt pa­thé­tiques, ha­bi­le­ment dé­crites par An­nie Quin­tin, qui signe un por­trait ri­go­lo et as­sez cru des tren­te­naires qué­bé­cois « à la re­cherche de... » dans son pre­mier opus.

« La vraie vie n’est tout sim­ple­ment pas un ter­rain pro­pice aux ren­contres. Au ty­pique trio mé­tro-bou­lot-do­do, on pour­rait ajou­ter ses in­sé­pa­rables com­pa­triotes : temps-qui-passe-trop-vite, manque-d’oc­ca­sions et mau­dite-vie-ur­baine-et-in­di­vi­dua­liste », constate tris­te­ment son hé­roïne, le coeur bri­sé de sa rup­ture avec Vit­to.

L’écri­vaine de 35 ans, en­sei­gnante au pri­maire à une classe d’en­fants en dif­fi­cul­té, a écrit la pre­mière ver­sion de Déses­pé­rés s’abs­te­nir en six mois. C’est un ou­vrage qu’elle dé­die d’ailleurs aux « plus de 30 ans », puisque les blagues à conno­ta­tion sexuelle et les scènes osées abondent.

Écrire fai­sait par­tie de ses rêves. « Au se­con­daire, j’écri­vais des pe­tites nou­velles lit­té­raires et je m’étais dit qu’il fal­lait que j’écrive quelque chose et que ce soit pu­blié. J’at­ten­dais l’idée du siècle, ré­vo­lu­tion­naire, dif­fé­rente. J’at­ten­dais l’idée à suc­cès pour me rendre compte que je pou­vais peut-être écrire à par­tir de ce que je connais­sais », ra­conte An­nie Quin­tin en en­tre­vue té­lé­pho­nique.

PO­TINS ET HIS­TOIRES VRAIES

L’au­teure avoue raf­fo­ler des po­tins et ne manque pas une oc­ca­sion de s’in­for­mer des moindres dé­tails des ren­dez-vous ga­lants de ses co­pines. Pour écrire, elle s’est fiée à ses propres ex­pé­riences et s’est ins­pi­rée des his­toires vé­cue qui par­ve­naient à ses oreilles in­dis­crètes.

« Quand j’étais cé­li­ba­taire, j’ai fait quelques ren­contres par In­ter­net et j’ai vou­lu par­tir avec ce fi­lon. J’ai créé des per­son­nages et j’ai es­sayé de les rendre les plus au­then­tiques pos­sible, comme si on les connais­sait », ex­plique-t-elle.

An­nie Quin­tin rend hom­mage à plus d’un hur­lu­ber­lu dans son ro­man, et le plus drôle (ou pa­thé­tique?), c’est qu’ils s’ins­pirent de réelles ren­contres. LeJa­ckPot est un vir­tuose de la niai­se­rie. Mor­duDeToi, un ob­sé­dé éner­vant. Den­nis, un dan­seur de sal­sa, fi­nit par « tra­vailler le len­de­main ».

Mer­ce­des_Pete, un cré­tin de pre­mière qui parle de lui à la troi­sième per­sonne du sin­gu­lier, et un pauvre type sur­nom­mé In­ge­nious se cô­toient dans les soi­rées « pal­pi­tantes » de Cla­ra.

Cla­ra dé­couvre avec stu­pé­fac­tion que T. R., le gars-pas-beau avec qui elle était de­ve­nue amie sur In­ter­net, chat­tait en fait à par­tir de l’or­di de son co­loc. Et que lui­même n’était pas si mal... et sym­pa avec ça. Y au­rait-il de l’amour dans l’air?

An­nie Quin­tin se dé­fend bien de res­sem­bler à son hé­roïne. Elle n’est plus cé­li­ba­taire et n’a pas ren­con­tré son amou­reux sur In­ter­net. Elle n’est pas non plus fan de chi­ck­lit, bien qu’elle ait lu quelques titres, dont Le jour­nal de Brid­get Jones

« Je ne vou­lais pas m’ins­pi­rer de moi­même pour faire le per­son­nage prin­ci­pal parce que je trou­vais que ce n’était pas as­sez créa­tif. Je suis al­lée dans les op­po­sés pour créer un per­son­nage un peu plus tour­men­té. C’est un plus beau dé­fi. »

CONSEILS D’AMIE

L’au­teure écrit dé­jà la suite de Déses­pé­rés s’abs­te­nir et conseille aux filles qui vou­draient trou­ver l’âme soeur sur In­ter­net de « ma­ga­si­ner » et de chan­ger sou­vent leur fiche des­crip­tive. « L’idée, c’est de ne pas trop tar­der avant de ren­con­trer les gars et de les lais­ser faire leurs preuves. Ne pas cher­cher à leur plaire, mais voir s’ils peuvent nous plaire. »

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